D’ESTOC H VILLE
Après I Mais, madame ..
d'orbec, rtnterrompaNf.
Laisse-moi dire. — Madame U duchesse, le jour où ce pauvre prévôt s'est tait si malheureusement battre par ce damné ciseleur, j‘oi eu l'honneur de vous dire que l'adresse pouvait toujours réparer les bévues du courage. Mon plan était fait : j'épousais la flllo de d’Estourville.
LA DbCIIESSE.
Votre fille Colombo, je crois, prévôt?
d’orbec.
Oui, madame. A l'occasion de ce mariage, et avec l'appui de madame la duchesse, j'obtenais de &a Majesté l’intendance des châteaux royaux, vacante depuis un mois.
d'bstodeville.
Laquelle lui donnait !o droit de choisir un logement à son gré dans les hôtels du roi; >1 choisissait naturellement le Grand Nesde voisi n de l'habiiation de sou beau-père.
d'orbec.
El nous avions, cette fois, tout pouvoir pour faire déguerpir le Uonvetiuio, car nous étions, à notre tour, soutenus par l'autorité royale.
LA DUCHESSE
D'autant plusefûcaccmenl, que vous présentiez sans doute votre femme au Loujre, comte t Le prévôt m’a amené uuo fois sa tille; elle est belle à ravir, votre fiancee. Et si j étais prudente, j’y regarderais à doux fois avant de faire ma protégée de celle qui pourrait bien devenir ma rivale.
d'orbec.
Oh! madame, soyez assurée que la comtesse d’Orbec ne sera jamais, quoi qu’il ad viun ne, que votre alliéo et votre servante.
LA duchesse, le regardant.
Mon alliée! Oh! mais, c'est très-fort, ce que vous dites lb, L'omto, et savez-vous qu'avec un tel esprit de conduite, vous pouvez aller loin sous François l* r , notre roi — très-païen. d’estol rville, à part.
Qu'est-ce qu'ils finassent donc là? (Haut.) En attendant, depuis deux semaines, madame la duchesse ne nous dit toujours pas...
. d’orbec, t'interrompant.
Si, malgré une royale influence qu’il est aisé do deviner, elle daigne sc prêter encore b notre petit projet.
d'estoc rvillb.
Et ce Benvenulo est là, dans l'antichambre!
LA DCCUESSK.
Où il doit bien maugréer, n'est ce pas! Il y fait pénitence, messieurs. Dame t on se venge b coups d'épingle comme b coups d’épéol Et si cet orgueil qui résistait b des papes et b des rois s'humilie devant mon caprice, et subit jusqu'au bout cette lurc épreuve, voyons .pourrai-je tenir rigueur b tant de soumission? Mais qu’est cela? Ces éclats de voix, ce fracas!..
D'iSTOUl VILLE.
C'est peut-être le damné qui jure un pou dans son enfer t
d'orbec.
Alors, il serait sans doute temps do lo faire passer en purgatoire.
LA DUCHESSE
Vous avez, je crois, raison, d’Orbcc. ( A Berlhe qui rentre.) Bien! bien! jo comprends. C’est Benvenulo qui s'ennuie. Nous nous niellons b sa place : il doit horriblement souffrir! il n'est pas habitué b de pareilles factions , lui pour qui le Louvre est toujours ouvert, elle roi toujours visible. Allons, messieurs, venez achever cet entretien dans mon oratoire. (A Berlhe.) Faites entrer Ikmvenuto, et dites lui que je suis b lui, — tout b l'heure. (Elle tort, suivi* de d’Orbee et de d'ÉetourviUe.)