L* EMPEREUR
On me dit qu’il n'y a que les fond* urs d'Italie.
BENVENUTO CELLINf.
BirRVtRtrro.
Fh bien! savez voit*, Sire. quelle proposition hardie je venais vo 1 s f.iir . Jiî voulais prendre l'initiative et donner la leçon avec IVx«?inple Mo statue -te Jnpin-r, qui est toute prüio p-ur j i toute, jrioulai»,! mes risque» « t po-il-, 1» couler moi mémo en bronze, f«» m*-r les ouvrier* par l’urnsru etcieer On France celle ccule du funJ-uis qui lui manque.
k'tlKKUJR.
Ah! quo ne venez-vous réaliser cette idée à Madrid l ls not.
Tïé, mon frère, encorn une fois, il ne s’ agit pas de Madrid, mat» de Paris, — n'est-ce p«, IJ-nvenutoT
BBXVBJtOTI).
Sire, l'entreprise que je tonie avpc dos auxiliaires si incertains, >'$tb ori audacieuse. Ma reujsite surait une gh-ire pour la Franco ; mais un échec serait ma honte. Je n’aurais plus qu’à mmluir, à me cacher.
la mentssa, bot au Roi.
Sire, n'allez pas lui pardonner!
le rioi, bot à la Duchesse.
Madame, il faut pointant aux grondes nations et aux grands roi», de g ands statuaire* I {Haut.) Voyons, que demandez-vous, Beuvtnuioî
BRRVEROTO.
Sim, faisons un pacle. Je livr- rai cette bataille, et. dans trois joins, j'aurai fondu en bronze le lupiter. Mais alors, pour ma récompense voire Majesté me r-udra sa fiveur et m'accordera, n.-noli'iani toute inllmmcn rontraire, la gr.b e que je lui demanderai, quflI.quVIiç suit, — une grâce d-ml la rt-ule al lente va li i-
Ut un s forces, sire! —une grâce dont dépend peut-être le bon-
eur de ma vie.
LA DCCUKSBE, d pari, réfléchissant.
Dans trois jours!
le not.
Fh bien, soit 1 j'ai toute «on lia n ce en von», Tlenvenntn; vous fait**» l'impossible, mais vous nu le demanderiez pa*. Dan* trois jours, vous nm iii«»n»r*rez la sta'U" de Jupiter, tondue sous vos ordres par des ouvriers français. ot dans trois jours, vulie souhait, quel qu'il Boit, sera accompli par mm.
L'uruiirs.
Et l’empereur est témoin, signe el approuve.
BEXVnrTO.
Je remercie au fond du r«ur vos deux Majestés.
LL MCIIESSR, bat au Roi.
Ah! sire, que vous d es fait»!- !
le roi, souriant.
Faible pour la gloire et faible pour voit*, madame; vous savez qu- « ’• si ion o nia force.— En aiieml.uil mon fier**, vous m’avez pii* Milan, mais vous n'.ivot pu* pu in- prendre Buivcnuto. l'empkhki r, à part.
Le voüà de bonne humour, l'insiant est favorable. le nui continuant acre enjouement.
Ft. puisque jo tiens l'avantage, jo le veui garder. Vous mo reodnv, s’il vous plaît, Milan, mon cher frère, avant de sortir de Paris.
L'P-tfPHRKrR.
Non, mon frère, vous remplirez voir© engagement, vous mo ]Ai«" irz paitirdês demain pour aller châtier celte révolte. Et moi, à mon retour, ÛJcio aussi h ma promesse, je vous livrerai 1« Milanais.
LA bicnessR, bot au Roi.
Ah ! cette fois du moins, tenez bon, sire.
lr noi.
Je vais vous répondre, mon frère, et séricusemont.
Bovsmito.
Pardon, je mo retire, Majestc* 1
LR ROI.
Non, ne vous éloignez pas, Benvenuto, fl faut qne vous me doni'i z di s iletads sur relie fonte. D'ailleurs, jo n’ai rien do soi rot 1* dire à l'empereur. (Benrevuto ra se promener nu fond de la *allr.) Mon frère, j'ai trop souvent eié jusqu’ici dupe de mn chevalmiM t »h nm lumais h armes coiirlois> s < outre des lam-.es non emousrc*.*» Aujourd'hui, vous le savez, ce no smn pas seulement me- ministres qui m'i-ngngi-ni à vous retenir, c'est madame, c'est mon (ou, c'est tout le monde,
L'rirEiiEcn.
St vous attendez qu’on vous conseilla jamais la grandeur !
LE ROI
Vons-mfain ne me gonfliez-vous pas cette résolution, ©o la redoutant? Interrogea 1** pr mur payant, il n'y a ib-d'^us qu'un avis en France. T' ne», B nventi'o qui promène lh, jugage que c'est to sien! N’est-il pas * mi, Dùn«euuto?
BEAVEMTIO, OU fiHld.
Oh t Votre Majesté so moque de moi l Est-ce que cela fît do mon ressort?
LE RO
Si ! je désire que vous parliez! Pourquoi dnhe, |<> beau gérait-il si éloigné du juste? Soyez arbitre, h votie tour, B* nvenuto.
BERVEKUTO.
Moi, Sire, je me récuse.
l'empereur.
Mai* non, parlez, fient euutu, parlez! (A pan.) Que va-t-il dire?
BERVERUTO.
Que moi j'émette une opinion sur les choses de l'Etat?
LEROI
Eh ! oui, jo lo veuz I
bevvfm to , s'avançant en riant.
Ce serait donc... comme sculpteur?
LE ROI
• Soit I commo sculpteur.
BRRVFKUTO.
Mai*. Votre Ma|ea*é n'*-t-ell<* |*«a autour d’elle toutes sortes de cous» illers, d'hu mes d’Eial et de ministres? Chacun son méti t. Si u. 1U voit* exhortent tuus à garder l’pmper* ur prison* nier. Ils doivent avoir leurs rai»on*. dus rois-ns admira t-l- s. Moi, je n** b s comprends p^s, eu n'est pas leur taule, — ni la nueune, peut-être.
LE ROI
Comment Ivous n'êtcs pas d- l**ur opinion, Benvenuto?
■»'»VKVDTO.
Fxcu*ez-moi, S re, ntt- roque j'at une opinion? eM-cequemon Opinion rompu* **n pol*iiqu-f hs'-ce qu'il fiut n-’éro 1er, seu- 1* nirm ? Voir*- Uaj-sip m’a mi-rr-gé comme anis é. Vous mo demanderiez. Sir**, comment il faut prendre votre figure, et si cVst de face, de profit ou do Indiqua rt*. jo n'nurais aucune raison do divimular la vont-*. Faut »i répondre *ur >e qui ferait bien ru-* me »culpiur**? Mois,— eu vo i» irg irdant, — si j’avais b coutpusi-r vntiesiatue, — j • n< s-us pu*, mais U mu semble que vous fuiiez mieux lu chevalier qu’en g* oiier.
LF. ROI.
Ab 1 oui, ceci, en effet, n'est pas sérieux.
LA OOCIIK&SX.
C’est fou! La question d’Etnl n’e*t pas une question d’art.
IIBVRWTO.
Eh ! madame, b qui lednes-v-u*? Fst-re quel'intérét des Etals doit s** comparer une seo*ndn k c*-s frivolités? Il est eut nlu, n'OM-C* pas que c es» un tailleur de pierre qui parc, h h bien ! comm- homme du métier, je dis s* -ulcme-1 que 1* gêueroRi'esied au roi François l* r , que l'honneur v* btf.ii h son air, que son g»«te prêt»* à la grandeur, et qu il serait dommage qu’on deraugelt sa ûguro. A ffatro d'harmonie, vmlâ tout.
le roi. pensif.
Songez qu'il s’agit d’un- province h reconquérir, Benvenuto.
BurmcoTO.
Un! sire, c’est évident! N'ins-stez pas 1k -dessus, do grâce. Mais, voyez-vous, nous autres erti-ies non* n’avons p.isk nous occuper de IVIemenlqui passe, d- l'accident et d- l'éphémère. Ce qui nsta el »e qui dure, l’ensemble et l idéal, vostt tou» noire souci. N'oubli'-z pas, Sire, que, pour I att»t«i«le *-i la je r*p**ciive, nous devons toujours coulempler nos sujets du loin — et de haut.
LE ROI
Eh 1 mpis, c’est le point do vu« de lé postérité, cela !
BESVEMTIO.
Je ne di* pa« non ! Mais quant au statuaire, assurément, Sire, i! vous concevra plus grand et plu* b--.ni, la main ouvert comme* la Loyauté, que le* sources fronces comme l'Artuce II y a dos gens qui admirent fort le renard, mais moi, soit d-t sans vouloir fl -lier vos d*-ux M 'j su», j'ai un faible pour le H-*t»l— Après c< la, un roi, j'i —agine, ne travaille pas uniquum-nt pour le marbre *.e son tou. beau.
LE ROI
Mai*, ri fait, B •iivcnulot mais ce quo vous dcûuisseï là, c'est la gloire!
BBNVENUTO CELLTNI.
la ducrfjse, ba * au Roi .
Sire, prenez garde!
tg hoi, fie retournant rers elle.
V(,yon«, mndanic, supposons q«.o je manque â gagner le Mi- La nui < aujourd'hui, mais mon sm:ce*-**ur poarf. il au*si le perdre deinoitf. N'impitritM il pas (lu- h la France de compter » jamais Uti roi généreux dans ses annal**), que d’ajmiter. pour quelques années, une province à ses provinces? [A l Empereur.) i) mon frôr**, mon frère, l'ait parle-t-il déjà de nuire vivant, comme après notre mori, l’histoire?
l'empereur.
Mon frère, j'ai laissé dire B>-nmmlo et votre conscience. lb noi.
Allons I gardons donc chacun noire attitude et restons ce que nous sommes: vous, lo premier nu-diplomate ; moi, lo dernier roi- chevalier. Vous èi« a libre, Charles, et uiou huspitaliié n aura pas pour vous de péage comme un pont.
l'empereur, après avoir serré la main du Roi.
Prenez ma main, Dciivenuu».
BKNV EKUTO*
Eh quoi, Sire I
l'empereur.
Allez, elle est digne de toucher la vôtre; c’est celle qui a eu l'honneur de ramasser le pinceau du Tiuvo.