‹ Benvenuto Cellini drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 49 sur 73 · SCENE IU- LE ROI, BENVENUTO, 'ASCANIO, D’ESTOUR VILLE, D’OR · texte numérisé non relu

SCENE IU- LE ROI, BENVENUTO, 'ASCANIO, D’ESTOUR VILLE, D’OR

BEC, put a LA DUCHESSE. Daox Pages portant des (lam-

beaux.

LS ROI

Admirable! admirable! Je ne puis que répéter ce mot, Ron- ▼enuto, cl ajouter : Comme je suis en retard et en faute avec tous, mon ami! Comme je tous ai méconnu, tourmenté,

blessé 1

BBNVRNÜTO.

Un pou, oui, sire, je no le nierai pas.

LH ROI

Ni moi, certes. Ah ! voilà votre châ«o, une autre merveille! Moi?, pour me punir, je me veux priver do In Tarder, jusqu’k ce que j’aio su que! don il vous pial! de réclamer do moi. C’wt bien la moindre réparation que je vous doive.

BKNVEMJTO.

Moi, la seule que je demande , siro , c’est do dédommage? royalement, en votre nom, et comme investi de tout votre pnuvuir, ce jeune homme, Ascanio dos Gaddi , mon ami et mon élève, lequel vient d'ôtro injustement emprisonné sur un ordre arrache par surprise k Votre Majesté.

LR ROI.

Accordé do grand cœur. Parlez comme si vous étiez lo roi , Benvcnuto; et je vous prio de mu mesurer k votre taille.

BERVEMITO.

Je tacherai d’ôlre digne de ce grand rôle, sire. — Ascanin des Gaddi, déjà noble d’origine et issu d’nno des plus anciennes familles d« Florence , vu la donation qui vous est faite aujourd’hui par Benvcnuto (.’ollini du domaine du Grand Neslo , nous vous octroyons , avec les lettres de naturalisation française , la titre et les droits de seigneur de Neslo.

ASCANIO

Maître, que dites-vous T

L8 ROI

Mais, jusqu’à présent c’est vous qui fttes généreux, Benvenuto, ce n’est pas moi.

BRNVBNÜTO.

Attende/. Sire. — Déplus , comme hahile et savant artiste, nous vous donnons la charge vacante d’intendant et surveillant de no? bétels et châteaux royaux, aux appointements do six cents écus d'or.

ASCANIO

Maître, ah ! c’est trop 1

lr roi.

À la bonne heure, au moins ! Mais est-ce donc tout?

BENVKNCTO.

Enfin, et comme grâce singulière, nous autorisons le mariage d’Ascanio des Gaddi, seigneur de Neslo, inmmlant des cbâleaux royaux, avec noble demoiselle Colombe d‘Eslour?Ul«, n .le do sire Robert d’Es tour ville, prévôt de Paris.

ASCANIO

LR ROI.

Quant k cela, nous no demanderions pis mieux , Rpnvenuto; mais il faut d'abord que madime d’Etampos nous dégage de la parole que nous lui avons donnée , il y a trois jours , ùd-.int vous.

LA duchessr, rentrant.

Je vous en dégage. Sire !

d’rstoür ville, à part.

Décidément elle a fait la paix.

LB ROI

Mais lo ûancé, monsieur d’Orbec, consent-il aussi t

D ONBRC.

Dieu me préserve de mettre jamais obstacle aux libéralités de Sa Majesté ! (A part.) Ni l'intendance, ni la Grand Nesle I ce bon prévôt peut biou garder sa fille.

ir. roi.

Et que dit le père? t%

D'ESTOt'RVlLLR.

J’obéirai toujours aveuglément aux désirs, c’csià-diro aux ordres de mon roi 1 ( A part.) J’cxalpère ce pauvre d'Orbec ! ma foi, tant pis !

RF.NVKNITO.

Alors, Votre Majesté daignera-t-elle mettre le comble à ses bonnes grâces en signant ello-mômo (*t sur l'heure le contrat de tiiAriage ? J’ai fait avertir Je notaire royal qui doit être là.

LB roi, en ru ni.

Soit. Il n’a rien oublié.

LA Pl'CtIRSRR.

Excepté la fiancée. Colombo d’Estoumllo a disparu depuis deux jours do la maisun do son père, et nul no «ait ce qu’elle est devenue.

•imntxtrro.

Pardonnez-moi, !a voici, madame. (/I t a fi la porte de droite et introduit Colombe en habit d'Ursuîine.)

LA D CCH T: s se, avec un cri.

Ah ! Colombo !

soi; arc iv

Lis Rifiwa, COLOMBE*

COLOMBE

Siro ! — Mon père.

binsrscto, « d’ Etfoitrrillc.

Elle arrive du couveut des Ursulinns, où elle était réfugiée depuis deux jours.

lr roi , à Colombe.

Votre main, madame. (/I la conduis à une table où se tient le notaire. Colombe, Ascanio le roi , tf Estourrille signent.) la M'ciieSsb, nu moment où Colombe signe.

Ce n’est pas son fantôme !

trwTvno.

Vous n’all^z pas signer au contrat, madame la duchesse ? Qu’avez-vous donc? i st-ce que cela vous torture à ce point de voir que Colombe est là, vivante ?

la ouciiissr, fer il fixé sur la châsse.

Non, monsieur; mais do ne pas voir qui est la, morte ! drnvrnüto, avec un cri.

Qui est là, morte ! Ah ! quel soupçon ! [Il se précipite vers la chd*se et foutre. jSoozzono l (Il h prend dans te< bras, ("apporte sur le devant de la scène et tombe â genoux auprès d'elle.) la duchrssr, jetant un cri et tombant à genoux de f autre côté.

Ah ! ma sœur! Ah 1 c’est moi qui l’ai tuce benvenuto.

Scozzono, ma chère bien aimée , oh ! reviens à ma voix , ranime-toi à mon amour,— Non, rienl impuissant! — Allons donc, sculpteur, créateur, toi qui prétend* donner l'éternité à tes œuvres, rends donc seulement lo Souffle d? quelque- années à celte buauié toute faite de Dieu ! Scozzone ! entends-moi, réponds-moi I Viens! nous partons 1 Florence! l’Italie! (Posant doucement la tète glacée et se dressant sur ses genoux, pâle et morne.) Non , je m’en retournerai seul , saignant et sombre. C’est le sert.

LB ROI

Commentl Benvenuto, et tes travaux I tes grandes œuvres î MNVBNOTO.

Sire, je ne sculpterai plus qu'un ouvrage en France : le to&' beau de cette enfant!

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