C0ZZ05B
Ah ! vous savez bien quo vous n'avez pas le droit d’en douter . Je vous aimais, jo vous aime — et voila pourquoi vous tenez dans vos mains ma destinée.
bexvfnüto.
Scozzone, avec la sincérité, il faut ôtre loyal ; avec lo dévouement, il faut ôtre sérieux. De votro amour vous ne m'aviez montré d’abord qao les sourires; je n’en aurais pas accepté les larmes! Jo vous aurais dit : Ne nous faisons pas d’illusion (Nous autres qui nous éprenons du marbre et du bronze, nous sommes bons tout au plus pour l’aminé; pour l'amour, non ! N'ou* naissons veufs, nous vivons seuls. Les pierres et les métaux font nos mains et nos cœurs trop rudes. Nous brisons qui nous louche. Mon amour, Soozzone, peut devenir mortel.
SCOZZOIfB.
Mon Dieu!
BWWKÎVCTO.
Ma vraie maîtresse, — enlemlez-bien oela, Scozzono, — ce sera toujours la sculpture. Et ce qu’elle laisse de libre dans mon ftme est pris encore par lo souvenir d’une morte, de la mère d’Ascanio que j’ai tuée pour n'avoir pas su l’airner, Scozzone, que j’ai perdue sans que j’eusse seulement touché son front de ma lèvre. Vous voyez bien quo mon cœur n’est plus à moi, et que la part qui resto de ma vie n’est pas digne de vous.
scoxzonb.
L’est bien, maître I (A elle-même.) Mais maintenant quo vais* je devenir, moi? où trouverai-je un asile?
PIN VET» CTO,
Un asile?
seozzost.
Eh ! certainement ! si, pour sauver la vio d’Ascanio, je perds Familière M“* d’Etamjies.
BFNVFNCTO.
Ascanio est on péril ?
SCOZZOVB.
Oui, maître I Ascanio est venu cinq ou six fois do votre part chez moi; et M*» d’E lampes l’y a reuronlré trois fois. Ascanio a parle avec enthousiasme do l'Italie, de la sculpture, de vous* et \\— d’ Eta m pas l'a écouté avec ravissement. Ascanio osi j-uri*J jh gant et passionné, à la fois arlisto et gentilhomme, et, depuis huit jours, M“* d’Ktampcs s'alarme déjà do no plus lo voir. Maître, prenez garde pour Ascanio à W“ B d’Etampes.
BtxvRvrro.
Ah! mon Dieu! qu’est-ce quo j’apprends là ! Mais le roi l'aime toujours, cetto capricieuse duchesse! le roi, mon sauveur et mou hôte! Est-ce quo je pourrais souffrir qu'un des miens le menait d’un affront ou d’une douleur?
SCOZZOMB.
F.t puis, maître, on se souvient que deux ou trois gentilshommes qui ont aimé dans ces derniers temps li®* u’c lampes n’ont pas eu de bonheur. Ils ont tous fini misérablement, bon amour aussi est mortel.
BIWVENUTO.
Mon Ascanio? E«t-ce pour cola que, depuis un mois, lu os triste! Ah! mais je suis là, moi, et jh le défendrai! Qui lo frappa me blosso, Scouonül A nous deux nous lo sauverons, n’ost-ee pas?
SCOIZONB.
A nous deux! Eh I que puis je maintenant? M®* d’Eiampn* est impérieuse et hautaine! Celte semaine , jo lui ai refusé de venir savi.ir dos nouvelles d’A-canio. Ce matin, je lui ai refusé d’apporter pour A^'auio uno lettre sans signature qu’elle m’a montrée. Elle n’est pas femme à regarder si c’est pour ellemême que jo suis contre elle avec vous. Bientôt je ne pourrai plus, je no voudrai plus rester dans sa maison.
BEKVSÜUTO»
Mais, Scozzone, no sais-tu pas qu’ici tu seras toujours chez toi!
SCOZZOXB.
Eh! jo n’en voulais pas davantage l Becevez-moi pour votre servante, pour votre modèle, n’importe t Là où Tousserez, le cœur me battra toujours heureux et fier.
inVEXITO.
Alors, Scozzone, si mes paroles do tout à l’heure ne vous ont pas decourag- e ou effrayée, cl si vum§ voulez no mo demander jamais plus que co qun je puis vni* promettre aujourd’hui, — prenez celle main : c’est celle d’un allié, celle d’un ami. seozzotm.
Oh ( oui , je la prends, Bonvenuto! Soyez béni, ie suis sauvée! *