DES OISEAUX
Vers Memphis vole à grande aile
L'hirondelle, Le loriot vers Ispahan; L'amour conduit la colombe,
La palombe, Aux îles de l'Océan.
Mais moi, je n'ai pour asiles.
Ni des îles, Des tours ni des minarets; Les bosquets de Cachemire,
Ni Palmire, Lahor, Delhi, Bénarès.
Dès que l'automne se lève.
Dieu m'enlève Dans un céleste jardin.
Monde en fleurs, globe mystique.
Fantastique, Près des purs sentiers d'Eden.
Là, comme aux lis des corbeilles
Les abeilles.
Se posent les essaims bleus De tant d'âmes envolées.
Des vallées Du monde, aux jours nébuleux.
Enfants, vierges éphémères.
Jeunes mères.
Poètes, cœurs aux abois.
Foule au départ plus craintive.
Plus plaintive Que les exilés des bois.
L'oiseau part; mais, de l'Aurore,
Nul n'ignore Qu'ils reviendront aux beaux jours; Avril, dans leur vert domaine.
Les ramène...
L'àme, hélas ! fuit pour toujours.