‹ Béranger et Lamennais, correspondance, entretiens et souvenirsChapitre 48 sur 119 · MILTON ET LUTHER · texte numérisé non relu

MILTON ET LUTHER

core. Je l'ai commencée^ mais Tachever me paraît difficile. S'est-il trop astreint à son auteur, et en résultet-il des formes ditliciles et rudes à l'oreille, ou a-t-il donné à l'original une originalité qu'il n'a pas? Voilà ce que vous pouvez juger, mais dont je ne m'aviserai pas de décider. Dans ma réponse, effronté menteur que je suis, je lui dis qu'il m'a réconcilié avec le Paradis perdu. Il est vrai que j'en avais l'espoir, mais je crains de rester toujours à l'opinion que m'avaient donné de ce poënie, Dupré de Saint-Maur et l'abbé Delille. Je ne demande pas mieux que d'avoir la plus haute opinion de Milton, mais je me récuse quand il s'agit de juger cet ouvrage qui, vraisemblablement, a besoin d'être lu en anglais. Au reste, savez-vous que déjà on accuse Chateaubriand d'avoir fait faire cette traduction par ses scribes? Par quel hasard êtes-vous en relation avec Mauguin ! Je reçois le Commerce ;?àx\?>\ je vous lirai, si vous y paraissez. Traitez bien l'auteur de René, quoiqu'il semble divaguer à propos de Luther, J'aime votre Luther, mais je suis tenté toutefois de plus admirer son caractère que son génie. Il me semble avoir eu plus de force que de portée, plus de passion que de prévoyance logique. Il me fait l'effet de ces artilleurs qui renversent les murailles, mais qui n'entrent jamais dans la ville par la brèche. Et puis, ce fou qui voyait le diable. Ce n'en était pas moins un excellent homme et un cœur courageux qui a rendu de grands services. Micheleta fait un livre bien intéressant sur Luther, mais terriblement gâché, et qu'avec du temps et du bon sens on eût pu rendre complet et bien instructif. (10 juillet 184C.) »

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