‹ Béranger et ses chansons: d'après des documents fournis par lui-même et avec sa collaborationChapitre 146 sur 241 · LE TOURNE-BROCHE · texte numérisé non relu

LE TOURNE-BROCHE

Ce bruit a son charme, en effet, sans valoir pourtant la vue du beau feu près duquel il se fait entendre. Le feu supplée au soleil, ami précieux, ami trop chaud parfois, peu familier en outre, et ne souffrant pas seulement qu'on lève sur lui les yeux. Son suppléant, avec moins d'éclat, veut moins de façons : il se laisse regarder, sinon toucher, rend mille services, prend mille formes, s'agite sans fin, se montre léger, brillant, caressant, parle presque, et son langage, tout pétillant, on peut le dire, égaie, occupe, fait compagnie. Toujours d'ailleurs à nos ordres, il n'attend, pour accourir, que le moindre signe : une allumette suffit, instrument peu coûteux, mais invention admirable, même après l'art de procréer les grands hommes à volonté.

Homère, traversant l'île de Samos, entra tout morfondu dans une maison, où flambaient des fagots de sarments et d'olivier. Charmé de l'accueil et du bon feu, il voulut payer ses hôtes d'une petite improvisation; ce fut en mode ionique, le mode enjoué, conune on sait, et de la façon suivante, à peu près :

Qu'un riche avec orgueil étale Ses coupes et ses trépieds d'or, Et ses armes que rien n'égale, Et sa pourpre ph» belle encor :

Que les, villes se montrent Gères

De leurs remparts aux grands créneaux ,

Les ports de leurs flottes guerrières

Et de leurs vastes arsenaux ;

Tous ces biens valent -ils la flamme

Brillant en un joyeux foyer,

Et rien peut -il égayer Fàme

Autant qu'un toit hospitalier;

Surtout lorsque Tafl'reux Borée

De neige se platt à couvrir

La campagne tout éplorée ,

Sous son soufile prête à mourir !

De la neige à Samos ! à Samos, dont les rivages touchent cette molle lonie, aux vents tièdes et parfumés ! . . • autant donc notre banlieue !

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