LE CHANT DU COSAQUE
Jamais certes Cosaque n'a chanté de la sorte, et Béranger a rarement mieux écrit. Même s'étonnerait-on de son idée de mettre en scène un pareil personnage. Avoir vu ces Messieurs campant aux Champs-Elysées, suffirait de reste , et de si beaux vers auraient gardé leur prix en sortant de bouches moins repues à nos dépens. Le refrain, il est vrai, ne fait pas de celui à qui on le prête, plutôt un Russe qu'un Américain ou un
Turc ; mais tout simplement un sauvage , ne tenant à rien, sinon à soi et à sa bête, ne pouvant tenir même & ce qu'on lui fait dire, tant il le doit peu comprendre. Ce chant n'est inférieur en effet à aucun autre pour l'énergie, la fierté, l'éclat des images et des idées. Hormis le prompt au pillage du premier couplet, et, dans le second, les mots commençant les quatrième et cinquième vers, dont le sens implique une sorte de contradiction, rien n'y semblerait à reprendre. Il ne plaisait cependant que médiocrement à son auteur, qui lui reprochait trop de pompe et d'apprêt.