‹ Béranger et ses chansons: d'après des documents fournis par lui-même et avec sa collaborationChapitre 17 sur 241 · LE VIEUX CÉLIBATAIRE · texte numérisé non relu

LE VIEUX CÉLIBATAIRE

Jacques Grévin disait à sa bonne , sans doute belle en outre :

Ohl que ne puis -je, mon amour, Te donner un bonsoir qui dure De neuf heures au point du jour I

c'est beaucoup ! Et du moins faut-il croire que

celui-là pouvait aller au delà du lait de poule et du bonnet de nuit.

Le temps fit de Déranger un vieux garçon , sans en faire l'original de son assez vilain portrait , peint sans doute encore pour le Caveau. Cet éreinté , caressant sa servante et manquant de souffle, donnerait plutôt envie de le plaindre que d'en rire.

La Fontaine

N'enviait point l'honneur de la paternité;

Et la sienne pourtant ne le gênait guère. Le célibat vaut-il mieux?... Lamennais me demandait un jour des nouvelles de mon fils, dangeureusement malade dans le moment; et, comme je le félicitais de ne pas cortnaître cette angoisse : « Oh! s'écria- t-il, même à la condition de le voir mourant , je donnerais tout pour avoir un fils ! » Ce mot rachète en partie , ce me semble, et expliquerait peut-être bien des pages violentes; il montre tout au moins de quel poids peut devenir l'indépendance du vieux garçon.

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