‹ Béranger et ses chansons: d'après des documents fournis par lui-même et avec sa collaborationChapitre 186 sur 241 · LA MORT DU DIABLE · texte numérisé non relu

LA MORT DU DIABLE

Le dernier on du troisième couplet retranché, rien ne ralentirait plus le mouvement de la chanson entière, qui rappellerait celle des Reliques^ autre tour de force du même genre.

Malheureusement ( et non pour la chanson ) , cette plaisanterie si vive se fonde sur une vérité trop peu contestable :

L'Amour sert bien moins que la Crainte.

Sainte Thérèse n'aurait voulu ni l'un ni l'autre, et demandait, dit-on, à éteindre l'enfer et à brûler le paradis , afin de ne plus laisser aimer Dieu que pour luimême. Zèle excessif et peu éclairé ! car aimer Dieu pour ce qu'il nous accorde en cette vie , ou pour ce qu'il nous promet dans l'autre, n'est ce pas même chose? et, quoique nous fassions, nous sera-t-il jamais possible de ne tenir aucun compte de nous-mêmes, à moins de n'être plus de notre espèce? Atalante faisait à peine fléchir l'herbe en courant ; c'était se montrer légère déjà; mais, pour ne pas toucher la terre, il lui aurait fallu des ailes, et nous n'en saurions avoir.

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