SOUVENIRS D'ENFANCE
A la paresse, hélas! toujours enclin.
Il le fut en effet dans son enfance, au delà de toute mesure , et physiquement et intellectuellement ; car à huit ans il se faisait encore porter sur les bras ; et , d'autre part, comme le plus souvent les maux de tête l'empêchaient de suivre aucune étude, il feignait de les ressentir , même quand il était bien , afin de se
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préserver autant que possible de l'a, 6, c. D'ailleurs sa mémoire, quoique excellente, se refusant à retenir le moindre mot de latin, on le jugea incapable do devenir enfant de chœur. Ce début promettait peu.
I^ ^Joire, inconstante fumée
Qui tire aussi les larmes de nos yeux.
Rapprochement un peu forcé, il en convenait. La fumée de la gloire, aussi douce d'abord que Tautre est acre, devient assez vite bien autrement douloureuse et nous tire des larmes plus cuisantes. Loi générale et absolue, et qui n'est pas une des moins admirables de l'ordre moral : plus un avantage exceptionnel, quel qu'il soit, nous élève au-dessus d'autrui, plus il faut en souffrir tôt ou tard; gloire, esprit, fortune, beauté, pouvoir, il n'importe! Le pourquoi serait facile à montrer, mais ailleurs que dans une note.
La Berceuse, c'est la jeunesse, c'est-à-dire l'espérance : continuer à espérer, c'est avoir conservé le meilleur du bel âge. Combien de rêves de quinze ans déjà dissipés à trente! Dîners, bals, maîtresses et le reste ne sauraient fournir une carrière bien longue; le bout s'en trouve vite. Or, la pauvre vieille femme, se traînant vers le soir des jours gras, dans quelque église écartée, et qui fait sourire peutêtre le jeune homme courant aux fêtes , si elle croit fermement, espère i)lus et mieux que toutes les fêtes.
ET SKS CHANSONS. 375
c(ue toutes les joies de ce monde, et' la jeunesse, valant en effet par Tespérance, quelle jeunesse vaudrait son vieil âge? Quelle jeunesse vaudrait la foi?
LE VIEUX y\gàBOSD,
Sorte de protestation contre l'indifférence de la société pour ses membres, et revenant à ceci : On brûle ou on enterre les morts, par piété, si Ton veut; et encore, parce qu'ils empoisonneraient Tair. Mais les vivants, si on ne s'en occupe aussi d'une certaine façon, sont-ils moins à craindre? D'où viennent la peste, le choléra et les autres fléaux semblables?... Si c'était de la misérable vie de certaines populations ! D'où viennent les révolutions, et, ce qui est un pire mal peutêtre, la lutte incessante des gouvernés et des gouvernants, ou des gouvernés entr'eux?... Si c'était des idées fausses, partout répandues, et dont, par une inexplicable sottise, ne s'inquiètent en aucune façon les gens les plus intéressés à les redresser et à qui la chose serait facile !
Combien de plaintes et de moqueries contre ces pauvres paysans, laissant croupir à leurs portes les eaux de pluie et d'étables! Mais que l'Europe laisse croupir à sa porte aussi ces déplorables populations de l'Egypte et de l'Asie, où couvent des fléaux dont elle se voit décimée tous les vingt ans, et qu'elle laisse
croupir ses innombrables artisans dans TignoraDce des vérités morales les plus simples ; qui s*en plaint , ou s'en effraie ou y prend garde même ! Seulement, on commence à trouver que les révolutions deviennent bien fréquentes, et à s'étonner d'entendre professer et proclamer hautement «ei-taines propositions, devant lesquelles auraient reculé naguère les habitués des' bagnes eux-mêmes.