‹ Béranger et ses chansons: d'après des documents fournis par lui-même et avec sa collaborationChapitre 56 sur 241 · JEANNETTE · texte numérisé non relu

JEANNETTE

Crébillon, dans sa préface d'Atrée et Thyeste^ se défend d'être homme à faire boire aux gens le sang de leurs fils. Personne ne le croit désormais ; mais, de

son temps, il n'était pas sans causer quelque peu de frayeur, a On eut la bonté, dit-il, de me laisser tout rhonneur de l'invention : on me chargea de toutes les iniquités d'Atrée, et l'on me regarde encore dans quelques endroits conmie un honmie noir, avec qui il ne fait pas sûr de vivre, comme si tout ce que l'esprit imagine devoit avoir sa source dans le cœur. Belle leçon pour les auteurs, qui ne peut trop leur apprendre avec quelles circonspections il faut comparoître devant le public. » Et ce devrait donc aussi être une leçon pour le public, qui n'en continuera pas moins cependant à porter des jugements inconsidérés. Crébillon au reste ne s'était pas fait du moins complice des lecteurs ; il n'avait pas dit comme Béranger de ses chansons : mes tragédies, c'est moi.

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