LE VIN ET LA COQUETTE
Fénelon a laissé un couplet qui ferait douter de sa supériorité dans ce genre de composition, sur l'auteur de Rosette et du Grenier.
Iris, vous connaîtrez un jour
Le tort que vous vous faites ; Le mépris suit de près Tamour
Qu'inspirent les coquettes , etc.
Mais il eut le bon goût de s'en tenir là, ou à peu près. Pour qui connut Béranger et sa vie, il y aurait deux mots à changer dans les vers suivants :
Poursuivons de nos épigrammes Ce sexe que j'ai trop aimé.
Il faudrait qui m'a, d'ailleurs sans qu'on en pût conclure le moins du monde qu'il ait été favorisé au delà de ses mérites. Mais enfin, de son propre aveu, il n'avait jamais rien ressenti de ce bel amour, tant décrit et chanté dans les romans... Cependant il aimait beaucoup les femmes, et dans l'acception décente du mot, et professa toujours pour celles qui le méritaient une estime mêlée de tendresse. Il ne pouvait du reste s'expliquer le sentiment si vif qu'il leur avait inspiré lui
Laid , chétif et souffrant ,
assez mal vêtu en outre. A la vérité l'esprit ni la gaieté ne lui manquaient, et se jugeant à la mine, il n'osait leur faire d'avances; bon moyen d'en recevoir ! Sa passion véritable était pour la Muse, seule maîtresse qui l'ait trouvé fidèle et lui aurait fait oublier toutes les autres.
L'amour, dont il s'agit dans cette chanson, est bien celui qui, suivant Panard,
Mourut un jour au sortir de la table, Dans un charmant caveau du pays bourguignon.
et pour renaître évidemment après le vin cuvé,