‹ Béranger et ses chansonsChapitre 194 sur 269 · A M. GO HIER, ETC · texte numérisé non relu

A M. GO HIER, ETC

M. Gohier, qu'on appelait le dernier roi de France. était, quand je l'ai connu, un vieillard aimable et gai 5 et pourvu du strict nécessaire pour tournei' de jolis couplets, métier lui allant mieux que celui de régner.

A tout prendre, le martinet nous fut-il plus rude que la férule y férule de la gloire, si l'on veut? Un peu avant, c'était celle de la liberté, tenue par mille mains, non légères. Mon Dieu! n'y aurait-il point assez de la nôtre propre, de celle dont nous nous fustigeons si bien, grâce à nos excès et sottises de toutes

sortes! Mais nous les imputons à la fortune; car

c'est elle évidemment qui nous couche et endort sur le bord des puits. Du moins sait-elle aussi parfois dire de jolies choses, et sensées, aux enfants qu'elle éveille, et elle les dit pour nous tous :

Mon mignon , je vous sauve la vie

Soyez une autre fois plus sage, je vous prie. Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi.

Car il n'advient rien dans le monde.

Qu'il ne faille que j'en réponde '.

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