‹ Béranger et ses chansonsChapitre 205 sur 269 · LA MORT DU DIABLE · texte numérisé non relu

LA MORT DU DIABLE

Le dernier on du troisième couplet retranché, rien ne ralentirait plus le mouvement de la chanson entière, qui rappellerait celle des Reliques, autre tour de force du même genre.

Malheureusement (et non pour la chanson) , cette plaisanterie si vive se fonde sur une vérité trop peu contestable :

L'Amour sert bien moins que la Crainte.

Sainte Thérèse n'aurait voulu ni l'un ni l'autre, et demandait, dit-on, à éteindre l'enfer et à brûler le paradis , afin de ne plus laisser aimer Dieu que pour luimême. Zèle excessif et peu éclairé ! car aimer Dieu pour ce qu'il nous accorde en cette vie, ou pour ce qu'il nous promet dans l'autre, n'est ce pas même chose? et, quoique nous fassions, nous sera-t-il jamais possible de ne tenir aucun compte de nous-mêmes, à moins de n'être plus de notre espèce? Atalante faisait à peine fléchir l'herbe en courant ; c'était se montrer légère déjà; mais, pour ne pas toucher la terre, il lui aurait fallu des ailes, et nous n'en saurions avoir.

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