‹ Béranger et ses chansonsChapitre 207 sur 269 · LE DAUPHIN · texte numérisé non relu

LE DAUPHIN

Cette pièce montre assez que Béranger , malgré son habitude de concision, ou peut-être aussi grâce à cette habitude même, aurait pu valoir dans le conte autant que dans la chanson. Le tissu si serré de son style ne l'empêche pas de rester clair et simple; première condition du récit. (Comparer le Dauphin par exemple au Meunier de Sans-Souci.)

Toutefois, et il a ce tort rarement, la composition ne semblerait pas irréprochable ici ; car , Richard , pour arriver à son aveu , avait -il besoin d'aller chanter sur la place publique et puis de courir après un confesseur? Son péché le gênant en effet, que ne commençait-il par où il finit? ou plutôt son peccavi n'aurait -il pas dii être dit depuis longtemps et attendait- il la venue de ce dauphin pour savoir la part qu'il y avait prise?

L'indulgence du confesseur paraît grande aussi et son insouciance du qu'en dira -t -on. Quelle hardiesse donc ne fallait-il pas jadis, à la naissance de certains enfants , pour crier :

Vive à jamais notre race royale !

Les gentilshommes , il le faut croire , usaient rarement du droit du seigneur , si même ce droit exista jamais en effet; mais, dans toutes leurs relations, exigeaient- ils, non plus que leurs dames, la preuve

de seize quartiers? Donc il y avait véritablement

dans ces vieux siècles plus de fraternité, ou, si l'on veut, de consanguins et d'utérins; plus di égalité, s'entend d'un sexe à l'autre; plus de liberté enfin, de ce genre de liberté que cherchait Tartufe avec M"^^ Orgon.

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