L'AMI ROBIN
VAmi Robin, et les autres couplets pareils, datent de l'empire ; Béranger ne se proposait alors que Collé pour modèle. Comme il n'écrivait passes chansons, il en perdit beaucoup de cette époque; et, dans le nombre, il a toujours regretté celles intitulées : le Bœuf gras et le Décrotteur suivant la cour, fort satiriques l'une et l'autre. Les convenances ne lui eussent pas permis sans doute de les publier à la restauration, puisqu'elles attaquaient le gouvernement déchu ; mais elles n'en auraient pas été moins pour lui un complément à l'histoire chantante des règnes sous lesquels il avait vécu.
Lorsque ses amis le décidèrent à publier ses chansons , il en retrouva dans sa mémoire près de quatrevingts, tant bonnes que mauvaises, dont il forma un recueil , avec ce titre : Chansons morales et autres, par M, un tel , membre d'une société de gens de bon goût et de mauvais ton. On peut juger par là de l'importance qu'il attachait à son œuvre. Son premier volume, publié à la fin de 1815, est encore intitulé : Chansons morales et autres,