LES CRITIQUES BIENVEILLANTS
■IM. de IiaBiarttae, — ■••■to BlaBe) — l^iareat Plehat, ' — &«•!>(• ••■'• — A. Blalae) — Tszlle Bel*r<l, — Hippoljte littcas, — Joies JabIb, — Bersot, — EiOWÊÈm de IjaiiiéBle, — Edouard Veurnler, — Clément de WLÎm^ — Alexandre Aamaii, — Julien Travera, — Engène Nen, — Anmesnll, — Mlcliele^ ~ CHoMlie.
Nous venons de voir le portrait de Déranger peint par ses ennemis et ses adversaires. Suivant Tun, — M. Sainte-Beuve , — le chansonnier était un malin et un égoïste, plein de ruse dans son talent et dans sa vie , un habile toujours à Taffilt de la popularité et lui sacrifiant même son devoir; suivant Vautre , — M. de Pontmartin, — il représentait Tesprit de parti dans ce qu'il y a de plus bas, de plus méchant et de plus bête. Un troisième, — M. Veuillot, — après avoir converti et confessé le poète, passait brusquement de la calomnie à Tinsulte, traitait d'illustre bméruche
et de canaille Tabsous de la veille , et s'égayait aux dépens de ce mort voué à la réprobation dans ce monde et aux flammes de Tenfer dans Tautre. Aussitôt survenait un philosophe mélancolique , qui découvrait un théologien sous Tauteur du Bon Dieu, et rappelait faux ivrogne et faux libertin , homme d'opinions plates et philistin. Nous avons ensuite consulté, sans sortir de la sphère religieuse, la pléiade des écrivains protestants. En désaccord sur tous les points avec les autres adversaires du chansonnier, ils lui ont seulement reproché son immoralité, regrettant sans doute qu'il n'ait pas consacré son immense talent à faire des psaumes, ce qui aurait répandu en France le goût des saines traditions et des beautés de la Bible. Tout à coup un bruit sourd, môle à la voix des grelots , a détourné notre attention; c'était le Figaro qui battait la grosse caisse avec un goupillon , et annonçait à son public habituel qu'il avait surpris Déranger dans la voie des aveux cyniques; que ce prétendu poète était un affreux bourgeois^ un athée , un ennemi de la société, s'arcboutant cm vainqueur pov/r ruer* contre le vaincu.
Au sortir de la foire , nous avons eu le plaisir de rencontrer M. Proudhon, admirant le poète, oubliant l'homme, blâmant le révolutionnaire dans Béranger, mais sans douter un instant de la sincérité de ses convictions ; puis M. Louis Ulbach, qui applaudit M. de Pontmartin, qui applaudit M. Pelletan, et reproche au chansonnier d'avoir été trop peu emprisonné et pas du tout exilé. Enfin , M. Pelletan s'est dressé devant nous, la main levée : il a