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Lise, abjure la tyannie.
Pour le bonheur de tes sujets.
Par excès de coquetterie Femme ressemble aux conquérants, Qui vont bien loin de leur patrie Dompter cent peuples différents.
Ce sont de terribles coquettes, NMmite pas leurs vains projets.
Lise, ne fais plus de conquêtes, Pour le bonheur de tes sujets I
Lise, en vain un roi nous assure, Que, s*il règne, il le doit aux cieux..
Bien qu*en des mains comme les tiennes Le sceptre passe sans procès, De nous il faut que tu le tiennes, Pour le bonheur de tes sujets.
Pour te faire adorer sans cesse^ Mets à profit ces vérités. Lise, deviens bonne princesse, Et respecte nos libertés...
Nous voyons là des conseils, de la défiance, et la revendication de la liber lé; nous n'y saurions trouver le plus petit coup d'encensoir à l'aigle, le plus petit enthousiasme pour sa résurrection. — A Napoléon vainqueur, Déranger décochait le Roi d'YvetoL — A Napoléon vaincu, Déranger accordait Iç silence et lé respect dû au malheur. — Au Napoléon des Cent- Jours, Déranger demande des libertés. Il lui prêche surtout la paix. Remarquons-le bien, sous l'Empire le chansonnier se tait sur nos conquêtes, et soit qu'il écrive le Roid'Yvetot^ ou les Gaulois et les Francs,
OU le Traité de politiqvs à Vusage de Lise, il blâme rambition du conquérant et ses guerres lointaines. Dumoment où César tombe,- et lorsque la France humiliée semble prête à s'abandonner au découragement, le chansonnier change de tactique. Alors, mais seulement alors, soit pendant la première, soit pendant la seconde Restaïu^ation, le poète exalte ime gloire militaire dont il ne craint plus les dangers et le retour, dans laquelle il ne voit qu'un souvenir propre à « consoler son pays malheureux, » et, pour tout dire enfin, un moyen d'bpposition. Il reprend cette thèse aussitôt après Waterloo, mais il y mêle Tamour de la hberté, et s*écrie en s'adressant à Lise * :
Sans me lasser de vos chaînes, J'invoquais la liberté ; Du nom de Rome et d'Athènes, J'effrayais votre gatté.