‹ Béranger, ses amis, ses ennemis et ses critiques (volume 3)Chapitre 4 sur 68 · PRÉFACE. VU · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VU

réaction dont sa mémoire était victime, une regrettable injustice et une coupable ingratitude.

Moi, j'étais frappé surtout de Taudace de certaines accusatioDS, et de la timidité ou de la complicité des amis du chansonnier. C'est pour cela que j'hésitais à me jeter dans la mêlée.

L'excessive prudence d'une foule d'hommes que leur position indépendante ou leur réputation aurait dû mettre à l'abri de la crainte, — et qui pourtant se renfermaient dans un mutisme obstiné, en présence de la pensée et du rôle de Béranger indignement travestis, — paraissait indiquer qu'il y avait quelque péril à prendre une autre attitude.

Je sentais d'ailleurs ce péril d'autant plus réel pour moi, que j'étais incapable, si je sortais de mon abstention, de cacher mes sentiments sous les réticences à la mode, et de composer avec la vérité. A moins de me taire, je ne pouvais que démasquer résolument la calomnie et l'erreur.

Aussi plusieurs me conseillaient-ils le silence.

Vous pensiez, vous, piu contraire, que la vérité a des droits imprescriptibles, et qu'à notre époque, il est toujours permis à un homme sincère, s'il reste modéré, de traiter en toute liberté une question d'histofare, même contemporaine, même actuelle, même politique.

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