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CHAPITRE X

A BERCY PENDANT LA RÉVOLUTION. — FORMATION DUNE MILICE. — LA CONTRIBUTION PATRIOTIQUE. — LA PROCLAMATION DE LA CONSTITUTION DE 1 79 1 . — DON PATRIOTIQUE EN 1792 A L’OCCASION DE LA GUERRE. — LA PATRIE EST EN DANGER. — LES ENRÔLEMENTS VOLONTAIRES. — LES DÉSERTEURS. — LA CHERTÉ DES SUBSISTANCES. — DÉPÔT DES CHEVAUX DE CAVA- LERIE. — LA MAISON DE SANTÉ DE PICQUENOT. — LA FÊTE DE LEPELLETIER DE SAINT-FARGEAU ET DE MARAT.

Comme suite naturelle au chapitre qui vient d’être consacré à la formation de la Municipalité de Bercy, point essentiel de ce volume, nous voudrions relater les quelques faits politiques et administratifs de l’époque révolutionnaire se rapportant à la nouvelle commune, et rencontrés au cours de nos recherches.

I/un des premiers actes des habitants fut de se constituer en milice ou corps de volontaires, tant pour la protection de leurs propriétés et de leurs personnes, que pour le maintien de l’ordre et l’exercice de la police. Les bonnes volontés, sans doute, ne manquaient pas à cette époque de délirant patriotisme, mais les armes, les munitions, les équi-

BARRIÈRE DE BERCY, de l’enceinte des Fermiers Généraux. D’après l’aquarelle de Palaiseau, exécutée vers 1819.

pements faisaient quelque peu défaut à cette population peu fortunée. Après avoir procédé à la formation d'un bataillon et à la nomination de tous les officiers, suivant la prescription des lois et décrets, la Municipalité s’adressa au Généra de La Fayette pour lui demander son affiliation aux autres bataillons placés sous ses ordres, ainsi que la fourniture des armes et des équipements militaires. Il fut convenu, à la suite d’une demande du 3i janvier 1791 , adressée au Maire de Paris, que les volontaires de Bercy précédemment enrôlés dans le bataillon des Enfants-Trouvés du faubourg Saint- Antoine, garderaient leurs fusils pour passer au bataillon de Bercy, et que la capitale en fournirait d’autres, destinés aux nouveaux volontaires qui en seraient dépourvus. La demande des pétitionnaires était d’autant plus fondée, disaient-ils :

Que la municipalité de Bercy, voisine de Paris et des barrières, ayant dans son enceinte plusieurs guinguettes très fréquentées, lesquelles sont la Grande Pinte, la Grange aux Merciers, et celle de Bercy, il peut arriver très fréquemment que pour maintenir l’ordre et la justice, la garde soit appelée, et qu’il est indispensable qu’elle soit armée pour être respectée L

Trois mois après, la pénurie des munitions se faisant de plus en plus sentir au bataillon de Bercy, la Municipalité se voyait contrainte de s’adresser à son district qui lui donnait enfin satisfaction :

Municipalité du Petit-Bercy. A Messieurs les Administrateurs et Procureur Syndic du District du Bourg-la-Reine.

Les Officiers Municipaux et commandant de la Garde Nationale du Petit Bercy et dépendances telles que La Râpée, La Vallée de Fécamp et partie de la Grande Pinte ou la chaussée de Charenton, ont l’honneur de représenter que, n’ayant aucune munition pour le service de la garde et la sûreté des propriétés, et le secours de la Patrie en cas de besoin, demandent qu’il lui soit accordé mille cartouches de munition dont ils offrent de rendre un compte exact au Directoire du district lorsqu’il le requerrera.

HERCT.

Signé : Renat, maire ; Thiboust, Procureur de la Commune ; Blot, Commandant du bataillon ; Coulon, major.

Le Directoire du District de Bourg-la-Reine est d'avis qu’il soit délivré cinq cents cartouches pour le service de la Garde Nationale à la charge par les officiers municipaux et officiers de la dite garde d’en surveiller I’employ,d’en rendre compte au Directoire sur sa réquisition. Fait au Bourg-la-Reine, en Directoire, le 19 avril ’79! *•

Dans un autre ordre d’idées, nous signalerons le léger incident survenu entre la Municipalité de Bercy et le District de Bourg-la-Reine, à propos du recouvrement de la Contribution patriotique.

On sait que le décret du 6 octobre 1789, dans son article 9, prescrivait à chaque municipalité de tenir un registre destiné à l’inscription des contributions. Les citoyens dont le revenu ne dépassait pas 400 livres n’étaient assujettis à aucune proportion et restaient libres de fixer eux-mêmes, selon leur volonté, le montant de leur contribution. Les ouvriers et journaliers sans propriété n’étaient pas non plus obligés d’y participer, mais l’Etat ne pouvait refuser l’offrande libre et volontaire de ces citoyens. Or, la Municipalité de Bercy avait été taxée de négligence par son district, au sujet de la communication tardive de l’état des particuliers ayant fait leur déclaration de cotisation, si bien qu’un rappel énergique fut adressé au citoyen Thiboust, Procureur-Syndic, qui y répondit, peut-être un peu nerveusement, mais en donnant quelques renseignements utiles à enregistrer:

J’ai reçu votre lettre du 1 1 du présent mois, renfermant des ordres que je res. pecte infiniment, et me ferez toujours un devoir d’exécuter de mon mieux, mais les soupçons, pour ne pas dire les inculpations de négligence de notre part, pour le recouvrement de la contribution patriotique, m’ont été sensibles ; je prends la respectueuse liberté de vous rappeler ce que j’ai déjà fait sur d’autres objets tendant au même but, et vous assure qu’il n’y a nullement de notre faute...

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