MON AME
Et elle ajoutait tout bas :
— Je l'ai cherché et je l'ai trouvé.
Elle s'attachait à Lucius dans un délire d'amour. Et lui, goûtait cette femme violente
ET MAGNIFIQUE. Le CORPS SOUPLE POSÉ SUR SA POITRINE VALUT TOUTES LES CHOSES DES DIEUX ET DES HOMMES. Il NE REGRETTAIT PAS d'ÊTRE VENU AU MONDE, NI d'en PARTIR. Il SENTAIT AVOIR PLUS VÉCU DANS CES ÉTREINTES QUE PLUSIEURS EXIS- TENCES d'hommes.
Et il s'épuisa de baisers, de passion, de tendresse.
L'aube revint ainsi que le jour d'avant. Mais Flavius et Bérénice n'étaient point endormis, comme si l'excès des lassitudes les avait rendus plus forts.
Lucius PARLA :
— Maintenant, reine Bérénice, voici que l'heure est venue. Tu ne peux plus appeler tes
esclaves je ne puis plus comparaitre devant
Titus. Ce serait une dérision. Il est dangereux AUSSI DE FUIR. La MORT SEULE SEMBLERA NATU- RELLE. Détourne la tête, si tu ne désires pas voir mon agonie.
Elle se jeta sur lui encore, puis, elle recula jusqu'à la muraille et se cacha les yeux.
Lucius prit un style d'acier bleu, qu'il tenait caché dans sa prétexte. Il frappa sans hésitation, CAR IL S'ÉTAIT EXERCÉ, ET SE LAISSA DOUCE- MENT EXPIRER SUR LES TOISONS ET LES POURPRES.
Bérénice craignit d'abord de se retourner.
Elle avait entendu une chute sourde, un
GRAND SOUPIR. PuiS, LE SILENCE. Et ELLE s'AP-
puyait à la muraille, tremblante.
Enfin, d'un effort, elle se détacha. Elle vit lucius étendu sur le sol. son visage était déjà immobile ; la beauté de la mort commençait de s'y RÉPANDRE.
Alors, toute crainte s'évanouit dans le cœur de la reine. elle s' agenouilla près du corps BIEN-AIMÉ. Elle unit longuement ses lèvres aux lèvres encore tièdes du consulaire.
Jamais aucune tendresse, aucune joie, ni aucune douleur n'avaient à ce point rempli son