CHAPITRE XYI
Philibert de l'Orme et Palissy. — Mot de Ronsard. — L'aqueduc de ' Meudon. — Henri de Mesmes. — Micolas Rasse des Nœux. — Bertrand de la Mothe-Fénelon. — Amis et protecteurs de Palissy. — Nouvelle gêne. — Fabrication hâtive des émaux, -r- Barthélémy Prieur. — François Briot.— Surmoulages. — Troisième période.
Habitant les Tuileries ou y ayant simplement des ateliers, par cela môme qu'il travaillait pour le palais, Bernard Palissy se trouvait sous la haute direction de Philibert de l'Orme. Il n'eut pas à s'en louer, semble-t-il. Le grand architecte était hautain, plein de son propre mérite et fier de l'estime de la reine mère. Né à Lyon, mort à Paris en 1577, deTOrnie avait été élevé en Italie depuis l'âge de quatorze ans. En 1536, il construit la façade de l'église de Saint-Nizier, à Lyon. L'année suivante, le cardinal de Bellay l'attire à Paris, le fait connaître à la cour de Henri II, et lui confie les travaux du château abbatial de Saint-Maur. Il bâtît pour le roi FoUembrai et la Meute, dont on a fait par corruption la Muette. Il devint conseiller et aumônier de Charles IX, abbé de Livry, de Saint-Éloyles-Noyon, de Saint-Serge, près d'Angers, de Gèneston, aux confins de Bretagne et de Poitou, puis intendant des bâtiments royaux. Il avait construit Anet pour Diane de Poitiers ; pour le cardinal Charles de
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Lorraine, en 1556, Meudon qui a élé retouché par Mansart et Le Nôtre ; pour' Catherine de Médicis, il commença les Tuileries, dont il fut gouverneur. Sa position Tavait gâté. Ronsard, que son orgueil avait aussi choqué, lui décoche une satire sanglante dont le titre seul, la Truelle cassée^ en faisant allusion à ses fonctions de maçon et à sa dignité d'abbé, est une vive épigramme.
Claude Binet, dans sa Vie de Pierre Bonsard^ raconte que, pour se venger de ces traits mordants, Philibert de l'Orme fit un jour fermer aux Tuileries la porte à Ronsard qui suivait Catherine de Médicis. Le poète, à qui le sieur de Sarlan la fit aussitôt ouvrir, écrivit en lettres capitales :