‹ BerryerChapitre 154 sur 211 · Œuvres parlera., V, p. lyu · texte numérisé non relu

Œuvres parlera., V, p. lyu

— S47 — mairie, Berryer prit l'écharpe de M. de Kerdrel, s'approcha de la fenêtre, la fit ouvrir, et s'adressant au peuple il lui annonça, au milieu des acclamations, « que l'Assemblée, régulièrement réunie en nombre plus que suffisant pour la validité de ses décrets, avait prononcé la déchéance du président de la république, que le commandement supérieur de l'armée et de la garde nationale était confié au général Oudinot et que son chef d'état-major était M. Tamisier i. »

Cependant des troupes arrivent rue de Grenelle-Saint- Germain, refoulent le peuple et se massent autour delà mairie. Presque aussitôt un capitaine monte l'escalier et se présente à la porte de la salle avec douze chasseurs. Devant l'attitude digne et énergique de M. Vitet, il se retire. On demande des ordres au ministre de la guerre. Saint-Arnaud répond de faire évacuer la mairie et d'arrêter les députés qui n'obéiraient pas sur-le-champ. Le général Forey, qui dirige l'opération, n'hésite plus. Sur son ordre, commissaires, chasseurs et agents de police s'élancent, et sans écouter les protestations mettent la main sur les députés et les entraînent. Dans la rue ils ne sont pas libres. On les range entre deux haies de soldats. Le général Forey prend la tête du cortège et se dirige vers la caserne du quai d'Orsay. Sur le passage des députés une partie de la foule crie : Vive l'Assemblée ! Vive la constitution ! l'autre reste indifférente ou moqueuse. Beaucoup se figurent qu'on ramène en triomphe les députés au Palais-Bourbon.

« On nous avait lâchés dans la cour de la caserne comme on lâche un troupeau dans un pré, dit M. de Falloux, et nouF mîmes cette sorte de liberté à profit pour procéder à un appel nominal auquel nous attachions tous le même prix; puis

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