Œitvrca parlent., IV, p
c< C'est bien fait! » et se tut. Quatre mois après, le fracas des journées de juin pénétra jusqu'à son oreille et il demanda encore quel était ce bruit. On lui répondit qu'on se battait dans Paris et que c'était le canon. Il fit alors de vains efforts pour se lever en disant : « Je veux y aller, » puis il se tut, et cette fois pour toujours, car il mourut le lendemain '. » M. de Tocqueville oublie de mentionner la sublime profession de christianisme que fît avant d'expirer l'illustre écrivain.
Ce fut Berryer qui annonça au comte de Chambord la mort de Chateaubriand. Le prince lui répondit :
« J'avais en lui un ami sincère, un conseiller fidèle de qui j'étais heureux, dans mon exil, de recevoir les avis et de pénétrer les généreuses pensées. Depuis plusieurs mois, je m'affligeais de voir ce beau génie approcher du terme de sa carrière; cette perte si grande m'est plus pénible encore en ce moment où mon cœur a tant à gémir des douleurs de la patrie. »
La majorité de la Constituante était composée d'hommes qui ne séparaient pas dans leurs affections le pays et l'ordre public. Elle le montra pendant l'insurrection dé juin et jusqu'à la fin de sa courte carrière. Dès ses premières séances, quand elle eut organisé le pouvoir exécutif, elle s'était divisée en quinze comités spéciaux. Tandis que les uns s'occupaient de la future Constitution, d'autres avaient choisi les finances, l'instruction publique, le travail, etc. Berryer s'inscrivit au comité des finances. Il savait, par l'histoire de notre pays, que les désordres financiers engendient et entretiennent les révolutions. Possédant d'ailleurs sur ces questions une compétence spéciale, il pouvait rendre et rendit en réalité sous la Constituante, et plus tard sous la Législa-