‹ Berryer, sa vie et ses œuvres 1790-1868Chapitre 20 sur 230 · V. Souvenirs, I, p · texte numérisé non relu

V. Souvenirs, I, p

2. • Allu-niens, peuple d'enfanls . Ces détails inédits sur. le procès du marithal Ney ont été racontés par Berryer lui-même à M. C. de Lacombe. V. Conc!>p., 25 mars 18SG, p. 1058.

les paroles qu'il doit prononcer et l'engage à les apprendre. Le maréchal est si troublé qu'il lit SiUis comprendre. Sur ces entrefaites arrive M. Dupin. On le met au courant; il approuve le texte proposé par Berryer et y ajoute quelques mots. L'audience va commencer : Ney est introduit. « Quatre gendarmes de la garde royale marchaient à ses côtés, dit Lamartine. Un murmure d'émotion, de curiosité, de pitié, parcourut la salle et les tribunes à son aspect. Son visage, pâli par quatre mois de séjour à Tombre des prisons, était calme, attendri et triste. Son front roulait des remords et des pressentiments. Ses yeux regardaient la destinée en face.... Il parcourut d'un regard les bancs où siégeaient ses juges, cherchant parmi ces visages connus quelque trace d'amitié, de douleur ou d'espérance. Tous les regards se baissaient pour ne pas rencontrer le sien i. »

La séance est ouverte. Berryer père se lève pour prononcer la défense : « Puisqu'on n'a pas fi-appé Napoléon, dit-il, le détestable auteur du crime des Cent-Jours, on doit épargner le maréchal Ney, qui n'a eu d'autre but que d'éviter la guerre civile. » Le jeune Berryer se tient derrière, appuyé sur le fauteuil du maréchal, tout prêt à l'avertir lorsqu'il devra prendre la parole. Au moment où l'avocat, ne connaissant point la décision de la cour, commence à parler de la capitulation de Paris, le président l'interrompt et lui défend de continuer. Berryer alors : « C'est le moment! » dit-il au maréchal. L'accusé semble interdit et répète avec inquiétude : <f Est-ce bien maintenant? » Berryer a beau insister, Ney demeure cloué à son banc. A son tour, M. Dupin prend la parole, il déclare que le prévenu n'est plus sujet français : Sarrelouis, sa ville natale, vient d'être abandonnée à l'ennemi,

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