ACTE PREMIER
Comme le temps passe ! . . . .Mais quel heureux hasard?... Et Bertrade?
MADAME DE LAURIÈRE
Je lai laissée à la Ravinière. J'avais quelques courses à faire à Paris... Et surtout j'avais à vous parler de votre fille.
LE MARQUIS
Comment va-t-elle?
MADAME DE LAURIÈRE
Bien. Elle mène d'ailleurs une vie très saine dans la charmante solitude qil'est la Ravinière. La messe de tous les matins... des visites aux malades... ou à nos sécularisées... de calmes travaux d'aiguille... un peu de cheval... Vous voyez ça d'ici... C'est un ange, t'n ange un peu triste, quelquefois un peu têtu; mais un ange... Elle a l'air d'une enfant qui expie.
LE MARQUIS
Qui expie quoi ?
MADAME DE LALKIERE.
Si VOUS n'en savez rien, ce n'est pas moi qui vous le dirai. Enfin, il est certain que sa vie n'a jamais été folâtre. Elle avait six ans quand sa mère est morte. Puis, dix ans pensionnaire au Sacré-Cœur. Après quoi elle a eu la douceur de ne plus quitter sa bonne femme de tante... Je suis à peu près sa seule compagnie pendant dix mois de l'année... Jugez du plaisir !
LE MARQUIS, prolestant.
Mais...
MADAME DE LAURIÈRE
Merci. Savez- vous combien de fois votre fille vous a vu depuis la mort de sa mère, c'est-à-dire depuis dix-huit ans?... Quinze fois, mon ami. Elle a compté.
LE MARQUIS
Je suis très occupé... Et puis, vraiment... Et que pense-t-elle de moi ?
MADAME DE LAURIÈRE
Je vous ai dit que c'est un ange... D'ailleurs, je