ACTE PREMIER
MADAME DE LALRIEHE.
Justement. Or, Bertrade n'a pas le sou. El, par malheur, je n'ai plus rien à lui laisser. Ce n'est pas ma faute. Il y a dix ans, je vous ai prêté la moitié de ma petite fortune. J'ai vite compris que je ne la reverrais jamais... Je ne vous reproche rien, d'ailleurs... Alors, étant veuve et sans enfents, j'ai tranquillement mis le reste en viager. Je pensais que Bertrade aurait toujours l'héritage de sa mère. Je ne prévoyais pas que son père saurait l'en alléger.
LE MARQUIS
Vous savez bien que, si elle se marie, je lui en payerai la rente... Je m'y suis engagé... Mais il faut me laisser le temps.
MADAME DE LAURIÈRE
Le bon billet!... Heureusement — et c'est où je voulais en venir et ce qui vous explique ma visite — je crois avoir trouvé pour Bertrade le mari qu'il lui faut.
LE MARQUIS
Qui cela?
28 BEHTIIADK.
MA DAM i: DK LAIRIÈHE.
Hubert de Tarane, un petit-cousin à nous. Vous l'avez connu autrefois... Vingt-huit ans; très gentil garçon ; intelligent; caractère sérieux, comme Bertrade elle-même. Pas bien riche; n'a qu'une assez belle terre à cinq ou six lieues de la Ravinière. Fait de l'agriculture et de l'élevage et aime ça. Des idées... un peu arriérées, mais que y trouve excellentes. Bertrade et lui ne s'étaient pas revus depuis leur petite enfance. Ils ont refait connaissance l'an dernier, au comice agricole de notre chef-lieu ; mon Dieu, oui... Ils se sont plu. Il est venu nous voir plusieurs fois. Son père et sa mère sont deux respectables fossiles. Il a deux sœurs mariées à des propriétaires de Sologne et qui fiassent, comme lui, toute l'année sur leurs terres. Tout ce monde-là, irréprochable. Des traditions. même des vertus. Mais Hubert est beaucoup plus intelligent que les autres... Je ne sais pas s'il connaît l'état de vos afïtiires, mais je ne crois pas cpi'il se fasse grandi* illusion là-dessus. Je suis persuadé qu'il prendrait Bertrade sans dot. Et, probablement, il est le seul.
LE MAIIQUIS.
\'nil,i qui ost p.'nT;iil... Aî-iis cunii. snvt'7-vnu--