ACTE 1>REM1EK
LA BARONNE
Oui, c'a été gentil... Je me rappelle. J'avais dix-sept ans... J'avais été une petite fille pauvre, battue, pas gaie... Je chantais à Bobine, un petit théâtre de rien du tout, où la mode était de venir faire du tapage... Un soir, tu es entré avec une bande joyeuse... Je chantais faux... Un monsieur a crié : « Un parapluie ! Il va pleuvoir ! » Je me suis mise à pleurer... Tu as traité le monsieur d'imbécile et, le surlendemain, tu lui as servi un joli coup d'épée... Tu m'as attendue à la sortie du boui-boui... Jetais éperdue de reconnaissance... .Nous sommes restés six mois ensemble, — les meilleurs de ma vie, je le dis comme je le pense. — En sortant de tes mains, j'étais une autre femme... C'est toi qui m'as formée, mon cher.
LE MARQUIS
Vous aviez l 'étoffe .
LA BARONNE
C'est probable. Mais j'ai appris de vous mille choses qui m'ont joliment servi plus tard... A quoi pensez vous?
Li: MAr.QLIS.
Laissez-moi fermer les yeux... Je me sens rajeunir en vous écoulant... Je le revois dans ton; ses détails, ce temps où il faisait si bon vivre.
Le second Empire.
Li: MARQUIS.
Les dix-lniil années de corruption.
LA BARONNE
On était jeune,
LE MARQUIS
Gai.
LA BARONNE
Insouciant.
LE MARQUIS
Kl p;)urlant scnlimental.