ACTE PREMIER
le répète, je lai lies bien soigné. Je ne me suis pas servi contre lui de l'amour qu'il avait \)out moi. Et je l'ai même enrichi.
Li: MARQUIS.
Ça, c'est original.
LA BARONNE
Il m'avait emmenée là-bas, dans le cliàleau de ses pères... J'ai su y vivre en vraie dame, je m'en flatte... grâce à tes anciennes leçons, mon cher... La famille du baron finit par m'accepter, car j'étais douce et décente... Mon mari était riche déjà. Mais il avait d'énormes mines de cuivre qui ne lui ra])portaient presque rien, étant mal exploitées, et par des procédés tout à Mi élémentaires... Je les visitai, je me fis rendre compte... J'avais connu à Paris un petit ingénieur qu'on disait très fort et qui était un peu mon obligé. Je le fis venir. Quelques années après, la production était décuplée. En reconnaissance , le baron, avant de mourir, m'assura la propriété de la moitié des mines, et sa famille ne contesta point la donation. Mon mari mort^ ses parents voulaient même me retenir là-bas. J'ai préféré rentrer en France. Un hasard m'a fait acheter une tei're dans le vuisinai:e
00 B E U T K A l) Il .
de la comtesse de Lainière,.. Uli I jai été discrète, lu peux m'en croire... Des visites de convenance, rien de plus... Après tout, n'est-ce pas, je suis veuve, et après un mariage très régulier... J'ai dix ans de vertu dans mon passé, mon Dieu oui. Trouve-moi beaucoup de femmes qui en puissent dire autant... Et je suis riclie... très riche, tu sais?... Mais je t'avoue que j'ai surtout soif de considération. C'est la i)assion convenable à mon âge. Je n'ignore pas la vanité des biens de ce monde. Mais je les aime tout de même: ce sont les seuls dont on soit sur... La vie me paraîtrait tro]) eimuyeuse si je cessais d'agir, de m'accroilre... je n'ose pas dire: do m'élever...
\.\: M \ !;qi is.
Disons: de monter.
LA iiauo-Nm:.
Si tu veux. Tu connais maintenant mon histoire. Lt toi, qu'cs-tu devenu.*
Li: MARQUIS.
Mais... je n'avais pas à « devenir », ma chère. Je suis resté ce que j'étais.