‹ Bertram: ou, Le pirate; mélodrame en trois actesChapitre 27 sur 47 · LM; GÉ\E · texte numérisé non relu

LM; GÉ\E

Non , non.

ALDiNI.

Tu sais qiîe favori du souverain , sa folle ambition le porta jusqu'à lutter contre sou maître ^ dans cette crise terrible, je devins le défenseur de ma patrie. J'arrachai le serpent du sein de l'éiat j je le livrai d'abord au mépris public , et je l'abandonnai ensuis.e à sa ruine.

IMOGt.NE.

Je sais...

ALDINI

Le rebelle voulut être grand, même dans sa chute. Les hommes désespérés qu'il avait attachés à sa cause , épouvantent toute la contrée sur les côtes de la Sicile. Je les ai vaincus , et Beriram s'est vu forcé de se rembarquer précipitamment. On m'a dit que son navire dirigeait sa course sur nos rivages , car il me hait autant que )e l'abhorre. Peut-être la dernière tempête m'aura épargné d'autres poursuites; mais si Bertram vivant se retrouvait sur la terre...

IMOGENE.

Cl ois-tu qu'il cherche ici un refuge?

AI.DINI.

Oue je délivre enûn la Sicile de ce rebelle ! et ma tdche

sera remplie; je me serai moutrd digne de IVsiime de mon souverain et j'aurai mérité la reconnaissance de mes compatriotes. Dès-lors, clièrelmogène , je n'exister.'ii plus que pour ion bonheur. Près de toi , près de mon fils , je n'aurai pas une idée qui ne t'appartienne, pas un moment qui ne te soit consacre. Tu pourras juger alors à quel point tu m'es clière ; tu verras que ce n'est point le vain appât des grandeurs , mais le sentiment de mes devoirs qui nVa retenu si longtemps loin de toi. Car même au milieu des prestiges de ranihiiion je u'aspirais qu'à me reposer en paix au sein de ma famille, à la voir toujours heureuse ; à couler mes jour» dans une vieillesse honorable , à les finir en serrant la main fidèle , et eu te regardant encore, quoique glacé par les années, avec des yeux pleins d.'ainour.

IMOGENE.

Jamais... jamais tu ne les fixeras sur moi. Le cœur que la douleur inspire , ne peut se tromper. Je me meurs , Aldini ! un mal invisible qvn ne peut trouver de soulagement, mine mon existence. JNe me regarde pas avec cet air de bonté qui augmente ma douleur. Quand je ne serai plus , n'écoute pas de vains discours sur celle qui ne pourra plus se défendre. Et., s'il ne meurt pas sur ma tombe... aime mon enfant , comme tu l'aimais pendant la vie de sa mère.

ALDlNl.

Bannis ces tristes pensées. Encore quelques jours et je ne te quitterai plus. Mais il me reste un devoir à remplir. On. m'a dit qu'un vaisseau avait échoué sur les rochers qui bordent la côte et que toujours bonne, toujours compatissante, tu avais offert un asile à ces malheureux naufragés.

1 MO GENE

Pourrais-tu me blâmer?..

A LDI M.

Non, sans doute. Mais la prudence veut que j'obtienne sur ce vaisseau et sur son équipage tous les renseignemens qui me sont nécessaires 3 j'ai fait mander Hugo dans mon appartement et je vais...

IMOGENE.

Reste près de moi , je t'en conjure.

ALDINI

Je ne le puis 5 bientôt...

IMOGENE.

Aldini , ne me refuse pas !..

Al DINI.

Cesse de me retenir. En donnant un asile à ces infortunés, tu n'as consulte que ton cœur; mais sais-lu sils sont diijiu-s de ta bienfaisance?.. Des pirates , aux ordres de Bertraui , infestent ces mers!., si tu n'avais iiuroduii dans ce cluiieau qu'une horde de brigands et d'assassins ! lu fre'mis !.. laisse-moi le soin de veiller à ta sûreté. Adieu , chère Imogène , puissent des songes rians faire trêve un instant à tes tristes pensées , et puissé-je te voir enfin aussi heureuse que tu mérites de rètie.

( // V embrasse et s'éloigne , des pages entrent et le précèdent dans son appartement ^ à gauche du spectateur).

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