acte ïix éi
parole, parcequ'il a plu à messieurs Herman et Chrisitan de faire
une confidence à monsieur Koller confidence, du reste, fort
bien placée Mais enfin, et monsieur le baron, qui connaît les
lois, vous dira comme moi, que là (avec intention.) où il n'y a point commencement d'exécution, il n'y a pas de coupable.
Goelhee. — C ' est 3 uste !
Falkenskield se levé vivement, Rantzau en fait autant* — Eh
bien ! laissons-leur exécuter leur complot .... Que rien ne
transpire, colonel, de l'aveu que vous venez de nous faire ; que rien ne soit changé à ce repas, qu'il ait toujours lieu ; que des soldats soient cachés dans l'hôtel, dont les portes resteront ouvertes
Rantzau, à part.—Et allons donc ! on a bien de la peine à
lui faire arriver une idée.
Falkenskield.— Et dès qu'un des conjurés se présentera, qu'on le laisse entrer, et qu'un instant après l'on s'en empare. Sa présence chez moi à une pareille heure, les armes dont il sera muni, seront, j'espère, des preuves irrécusables.
Rantzau — A la bonne heure !
Goelher, avec finesse. — Je comprends votre idée mais
maintenant que nous les tenons, si par malheur ils ne venaient pas?
Rantzau. — C'est qu'on aura trompé le colonel ; c'est qu'il n'y avait ni conjuration, ni conjurés.
Falkenskield, haussant les épaules. — Laissez donc !
(Il va à la table à gauche et écrit pendant que Koller remonte le théâtre et se tient au milieu un peu au fond.**)
Rantzau, à part.— Et il n'y en aura pas; faisons prévenir la reine-mère qu'ils aient à rester chez eux. Encore une conspiration tombée dans l'eau! (Regardant Koller.) C'est lui qui les trahit, et c'est moi qui les sauve ! (Haut.) Adieu, messieurs, je retourne près de Struensée.
*Ils restent placés dans le même ordre: Koller, Gœlher, Falkenskield, Rantzau.
** Gœlher debout près de la table, Falkenskield écrivant, Koller au milieu, Rantzau à droite.
éâ BERTRAND ET RATON.
Falkenskield, qui pendant ce temps s'est assis à la table et écrit un ordre. — (A Gœlher.) Cet ordre au gouverneur. ..(A Rantzau.) Vous nous revenez. . . .je l'espère?
Eantzau. — Je le crois bien ; je ne peux plus maintenant dîner ailleurs que chez vous, j'y suis engagé d'honneur; je vais seule* ment rendre compte à son excellence de la belle conduite du colonel Koller; car enfin, si ces braves gens-là ne sont pas arrêtés, ce n'est pas sa faute il aura fait tout ce qu'il fallait
pour cela, et on lui doit une récompense.
Falkenskield. — Qu'il aura.
Ranizati, avec intention. — S'il y a une justice sur terre je
m'en chargerais plutôt.
Koller, s" inclinant.— Monsieur le comte, quels remerciments !
Rantzau, avec mépris.— Oui, vous m'en devriez peut-être, mais je vous en dispense.
(Il sort.*)
Koller, à part, redescendant le théâtre. — Maudit homme ! on ne sait jamais s'il est pour ou contre vous. (Saluant.) Messieurs
Goelhek. — Je vous suis, colonel. (A Falkenskield.) Cet ordre au gouverneur, et je cours raconter à la reine ce que nous avons décidé et ce que nous avons fait.
(H sort avec Koller par la porte du fond.)