ACTE IV
Rantzau. — Je ne le pouvais pas hier : vous étiez en danger, vous étiez menacés ; aujourd'hui vous êtes tout-puissants, rien ne vous résiste ; je peux me retirer sans lâcheté ; et cette démis, sion, que M. Gcelher attend avec tant d'impatience, je la donne.
Falkenskield. — Je la transmettrai à la reine, qui l'acceptera.
Goelhee. — Nous l'accepterons.
Falkenskield. — Messieurs, vous m'avez entendu vous
pouvez vous retirer.
Le Président, à Rantzau. — Nous n'attendions pas moins de vous, monsieur le comte, et le pays vous en remercie.
(Il sort, ainsi que les conseillers.)
Falkenskield. — Je vais rendre compte à la reine et à Struensée d'une conduite à laquelle j'étais loin de m'attendre.
Rantzatj. — Mais qui vous enchante.
Falkenskield, sortant. — Vous me suivez, Gœlher?
Goelhee. — Dans l'instant. (S' approchant de Rantzau d'un air railleur.*) Je voulais auparavant. . . .
Rantzau. — Me remercier? Il n'y a pas de quoi vous
voilà ministre.
Goelhee. — Je l'aurais été sans cela. (Lui montrant les papiers qu'il tient encore à la main.) J'avais pris mes précautions. Je vous avais bien dit que je vous renverserais !
Rantzau, souriant. — C'est vrai ! Alors, que je ne vous retienne pas ; hâtez- vous, ministre d'un jour !
Goelhee, souriant. — Ministre d'un jour !
Rantzau. — Qui sait?. ... peut-être moins encore. Aussi je serais désolé de vous faire perdre quelques instants de pouvoir ; ils sont trop précieux !
Goelhee. — Comme vous dites. (Il salue la reine respectueusement et sort. )
*Rantzau, Gœlher, la Reine.