SCENE IY
CHBISTINE, seule, marchant avec agitation.
Je dirai la vérité, je dirai qu'il n'est pas coupable : je publierai tout haut qu'il s'est accusé lui-même pour ne pas me compromettre, pour sauver ma réputation. Et moi (S' arrêtant.) Oh !
moi perdue, déshonorée à jamais Eh bien ! eh bien !
quand je penserai à tout cela ... .à quoi bon?; . . .11 le faut, je ne peux pas le laisser périr. C'est par amour qu'il me donnait sa
vie et moi, par amour je lui donnerai plus encore. (Se
mettant à la table.) Oui, oui, écrivons ; mais à qui me confier? à
mon père? oh! non; à Struensée? encore moins; il a dit
devant moi qu'il ne pardonnerait jamais ; mais à la reine ! à Mathilde ! elle est femme, elle me comprendra ; et puis, je ne voulais pas le croire, mais si, comme on l'assure, elle est aimée,
si elle aime ! O mon Dieu ! fais que ce soit vrai : elle aura
pitié de moi, et ne me condamnera pas. (Écrivant rapidement.) Hâtons-nous; cette déclaration solennelle ne laissera pas de
doute sur son innocence Signé, Christine de Falkenskield
(Laissant tomber la plume.) Ah! c'est ma [honte, mon déshonneur que je signe. . . . (Pliant vivement la lettre.) N'y pensons pas,
ne pensons à rien Les moments sont précieux. . .et comment,
à une heure pareille? ah ! par madame de Linsberg, la
première femme de chambre de la reine en lui envoyant
Joseph, qui m'est dévoué . . . Oui, c'est le seul moyen de faire parvenir à l'instant cette lettre