ACTE II. SCÈNE X
Falkenskield et monsieur de Rantzau chez moi ! (A jRan/zaUy d'un air protecteur et avec emphase,) Qu'y a-t- 11, monsieur le comte ? Que puis-je pour votre service ? que demandez-vous ?..•
RANTZAU, froidement.
Quinze aunes de velours pour un manteau.
BURKENSTAFF, déconcerté.
Ah !... c'est cela, pardon... mais pour ce qui est du commerce, je ne puis pas ; si c'était toute autre chose... {Appelant.) Ma femme !... vous sentez qu'au moment d'un triomphe... ma femme... montez dans les magasins, servez monsieur le comte.
RANTZAU, donnant un papier à Marthe, Voici ma note.
BURKENSTAFF, criant à sa femme qui est déjà sur V escalier.
Et puis, tu songeras au souper, un souper digne de notre nouvelle position ; du bon vin, entends-tu {Montfant la porte qui est sous V escalier.) Le vin du petit caveau.
MARTHE, remontant V escalier.
Est-ce que j'ai le temps de tout faire ?
BURKENSTAFF.
Eh bien! ne te fâche pas... {A Rantzau) J'irai moi-même... {Marthe remonte V escalier et disparaît.) Mille pardons encore, monsieur le comte ; mais, voyezvous, j'ai tant d'occupations, tant d'autres soins... {A Christine, d^un ton protecteur.) Mademoiselle de Falkenskield, j'ai appris par Jean, mon garçon de... [se reprenant) mon commis... le manque de respect qu'on avait eu pour votre voiture et pour vous ; croyez bien que j'ignorais... je ne peux pas être partout. {Uun ton d'importance.) Sans cela, j'aurais interposé mon autorité ; je vous promets d'en témoigner tout mon mécontentement, et je veux avant tout...
RANTZAU
Faire reconduire mademoiselle à l'hôtel de son père.
BURKENSTAFF.
C'est ce que j'allais dire, vous m'y faites penser...
Jean, que Ton rende à mademoiselle son carrosse... Vous direz que je l'ordonne, moi. Raton de Burkenstaff ...et pour escorter mademoiselle...
ÉRIC, vivement.
Je me charge de ce soin, mon père.
BURKENSTAFF.
A la bonne heure !... {A Eric) S'il vous arrivait quelque chose, si on vous arrêtait... Tu dirais : Je suis Eric de Burkenstaff, fils de messire.r.**
JEAN
Raton de Burkenstaff... c'est connu.
RANTZAU, saluant Christine.
Adieu, mademoiselle... adieu, mon jeune ami. {Eric a offert sa main à Christine et sort avec elle^ suivi de /ean,)