ACTE II. SCÈNE XL
vont venir me prendre pour me mener en triomphe Pardon, je vais m'occuper de ma toilette ; car, si je les faisais attendre, ils seraient inquiets ; ils croiraient que la cour m'a fait disparaître.
RANTZAU, souriant.
C'est vrai, et cela recommencerait.
Comme vous dites... ils m'aiment tant !... Aussi ce soir, ce souper que je donne aux notables sera, je crois, d un bon effet, parce que dans un repas on boit...
RANTZAU
On s'anime.
RATON
On porte des toasts à Burkenstaff, au chef du peuple, comme ils m'appellent... Vous comprenez... Adieu monsieur le comte.
RANTZAU, souriant et le rappelant.
Un instant, un instant... pour boire à votre santé il faut du vm, et ce que vous disiez tout à l'heure à votre femme...
RATON, se frappant le front, C est juste... Je l'oubliais... {Il passe derrière Rantzau et derrière le^ comptoir, et montre la porte qui est sous Vescaai la le caveau secret, le bon endroit où je tiens cachés mes vins du Rhin et mes vins de France... Il n y a que moi, et ma femme qui en ayons la clef. RANTZAU, à Raton qui ouvre la porte.
C'est prudent. J'ai cru d'abord que c'était là votre caisse.
RATON
Non vraiment, quoiqu'elle y fût en sûreté. {Frappant sur la porte,) Six pouces d'épaisseur, doublée en fer ; et il y a une seconde porte exactement pareille. (Prêt a entrer.) Vous permettez, monsieur le comte
RANTZAU
Je VOUS en prie... je monte au magasin. {Raton est descendu dans le caveau; Rantzau s'avance vers la porte, la ferme et revient tranquillement au bord du théâtre, en disant:) C'est un trésor qu'un homme pareil, et' les
ixé^oxs... {montrant la clef qu* il tient) il faut les mettre sous clef. (// monte par T escalier qui conduit aux magasins et disparaît,)