ACTE II. SCÈNE XII
JEAN, à la porte de la houtique et criant. Dans Tinstant... on a été le chercher, on va vous le montrer. {^Parcourant le théâtre,) Ca me fait mal... ça, me fait bouillir le sang...
PLUSIEURS GARÇONS, rentrant par la droite. Nous ne l'avons pas trouvé.
^ d'autres garçons, redescendant du magasin. Ni nous non plus... il n'est pas dans la maison.
LE PEUPLE, en dehors, avec des murmures, Burkenstaff !... Burkenstaff !...
JEAN
Voilà qu'on s'impatiente, qu'on murmure ; et après avoir crié pour lui, on va crier après lui... Où peut-il être ^ V
MARTHE
Est-ce qu'on l'aurait arrêté de nouveau ?
JEAN
Laissez donc ! après les promesses qu'on nous a faites? {Se frappant le front,) Ah ! mais... ces soldats que j'ai vus rôder autour de la maison.., {Courant au fond,) Et la musique du triomphe qui va toujours!.,. Taisez-vous donc... Il me vient une idée... c'est une horreur... une infamie !...
MARTHE
Qu'est-ce qu'il lui prend donc ?
JEAN, s' adressant à une douzaine de gens du peuple. Oui, mes amis, oui, on s'est emparé de notre maître ... on s'est assuré de sa personne : et pendant qu'on vous trompait par de belles paroles... il était arrêté... emprisonné de nouveau... A nous, les amis !
LE PEUPLE, se précipitant dans la houtique en Irisant les vitrages du fond.
Nous voici!... Vive Burkenstaff!... notre chef . notre ami...
MARTHE
Votre ami... et vous brisez sa boutique!
JEAN
Il n'y a pas de mal ! c'est de l'enthousiasme ! et des carreaux cassés. Courons au palais 1
TOUS
Au palais ! au palais !
RANTZAU, paraissant au haut de V escalier et regardant ce qui se passe,
A la bonne heure, au moins... cela recommence.
TOUS, agitant leurs hatinières et leurs bonnets. A bas Struensée ! Vive BurkenstafF! qu'on nous le rende ! Burkenstaff pour toujours !
(^Tout le peuple sort en désordre avec Jean, Marthe tombe désespérée dans le fauteuil qui est près du comptoir, et Rantzau descend kfitement Vescalier en se frottant les mains de satisfaction. La toile tomhei)