ACTE III. SCÈNE XI
KOLLER, has à Eric,
C'est bien !
(// éloigne vivement, Eric le regarde avec èionnemeni et se rapproche de Eantzau,)
RANTZAU, fait à Eric un geste de tête approlatifet dit à part.
Ce n'est pas un lâche, celui-là.
FALKENSKiELD, à Gœlher.
Vous avez écrit ? {Se retournant vers Eric) Point de complices ?..• c'est impossible ; les troubles dont votre père a été aujourd'hui la cause ou le prétexte, les armes que vous portiez, prouvent un projet dont nous avions déjà la connaissance ; vous vouliez attenter à la liberté des ministres, à leurs jours peut-être ; et ce projet, vous ne pouviez Texécuter seul.
^ Je n'ai rien à répondre et vous ne saurez rien de moi, sinon que je conspirais contre vous ; oui, je voulais briser le joug honteux sous lequel gémissent le roi et le Danemark ; oui, il est parmi vous des gens indignes du pouvoir, des lâches que j'ai défiés en vain.
GŒLHER, toujours à la talle.
Je donnerai là-dessus des explications au conseil.
FALKENSKIELD.
Silence, Gœlher ! et puisque monsieur Éric convient qu'il était d'une conspiration...
ÉRIC, avec force.
Oui!
CHRISTINE, à Fallcenslcield.
Il vous trompe, il vous abuse.
ÉRIC
Non, mademoiselle ; ce que je dis, je dois le dire ; je suis trop heureux de l'avouer tout haut {avec intention et la regardant)^ et de donner au parti que je sers ce dernier gage de dévouement.
KOLLER, has à Rantzau.
C'est un homme perdu et son parti aussi.
RANTZAU, à part et seul à la droite du spectateur» Pas encore ! c'est le moment, je crois, de délivrer Burkenstaff; maintenant qu'il s'agit de son fils, il faudra bien qu'il se montre de nouveau, et cette fois enfin... (Il se retourne vers FalhensJdeld et Gœlher qui se sont approchés de lui.)
FALKENSKIELD, donnant à Rantzau le papier que lui a remis Gœlher et s" adressant à Eric.
Telle est décidément votre déclaration ?
ÉRIC
Oui, j'ai conspiré; oui, je suis prêt à le signer de
mon sang ; vous ne saurez rien de plus.
{Gœlher, Falkenskield et Bantzau semblent à ce mot délibérer tous trois ensemble à droite. Pendant ce temps Ghristimy qui est à gauche près d'Eric, lui dit à voix basse.)
CHRISTINE
Vous vous perdez, il y va de vos jours.
ÉRIC, de même.
Qu'importe ? vous ne serez pas compromise, et je vous l'avais juré.
FALKENSKIELD, cessant de causer avec ses collègues et s^adressa?ît à Koller et aux soldats qui sont derrière lui, leur dit en montrant Eric. Assurez-vous de lui.
ÉRIC
Marchons !
RANTZAU, à part.
Pauvre jeune homme 1 {Prenant v.ne prise de tabac.) Tout va bien. {Des soldats emmènent Eric par la porte du fond; la toile tombe.