‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 83 sur 157 · JEAN, RATON, MARTHE · texte numérisé non relu

JEAN, RATON, MARTHE

RATON, à Marthe et à Jean qui entrent par la petite porte à gauche.

Eh bien ?

JEAN, tristement.

Cela va mal.,, tout est tranquille !

MARTHE

Les rues sont désertes, les boutiques sont fermées, les ouvriers que nous avons envoyés ont eu beau crier : '«Vive Burkenstafl ! personne n'a répondu !...

RATON

Personne!..- c'est inconcevable!.., des gens qui m'adoraient hier!... qui me portaient en triomphe... et aujourd'hui ils restent chez eux !

JEAN

Et le moyen de sortir } Il y a des soldats dans toutes les rues.

RATON

Vraiment !

JEAN

Les portes de nos ateliers sont gardées par des piquets de cavalerie.

^ MARTHE

Et ceux des ouvriers qui ont voulu se montrer ont été arrêtés à l'instant même.

RATON, effrayé.^

Voilà qui est bien différent. Ecoutez donc, mes enfants, je ne savais pas cela. Je dirai à la reine-mère : - Madame, j'en suis bien fâche ; mais à l'impossible nul n'est tenu, et je crois que ce que nous avons de mieux à faire est de retourner chacun chez nous.

MARTHE

Ce n'est plus possible, notre maison est envahie ; des trabans de la garde y sont casernés ; ils «ent tout au pillage ; et si vous y paraissiez maintenant, il y a ordre de vous saisir et peut-être pire encore.

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