‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 29 sur 119 · BÉNÉDICTINES · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTINES

(Direction du génie)

Sur la place dite actuellement de l'État-Major, la direction du génie militaire occupe un hôtel qui fut successivement le logis du maréchal héréditaire de l'archevêché et le couvent des Bénédictines. L'étage en bois adossé à la façade est supporté par six élégantes colonnes en pierre ; il remonte à la seconde moitié du xvie siècle, époque à laquelle la maréchalerie de l'archevêché était tenue en fief par la famille Perrenot de Granvelle. Les autres constructions résultent en grande partie de l'établissement des Bénédictines.

Deux religieuses de cet ordre, les sœurs Bernarde Yaltrin et Gabrielle-Josèphe Joly, vinrent de Marville, dans le duché de Luxembourg, en 1644, et ouvrirent à Besançon une classe pour les petites filles. La municipalité leur refusa longtemps l'autorisation de former une communauté; au bout de dix années de stage, elles eu-

rent seulement la faculté de s'établir au delà du pont, et il fallut, en 1658, qu'elles fissent un versement de mille écus pour obtenir de l'hôtel de ville des conditions moins restrictives. Après un premier établissement au bas de la rue Ronchaux et un second dans l'hôtel de la Tour-Saint-Quentin, elles finirent, en 1672, par rencontrer un immeuble à leur convenance : c'était l'hôtel de Pierre Mareschal de Bouclans, sur l'emplacement duquel a été récemment construit le quartier Saint- Amour. Mais la municipalité jugea que ce morceau de terrain n'était pas fait pour un couvent, et les religieuses durent songer à conclure un échange : le comte de Saint-Amour, titulaire de la maréchalerie archiépiscopale, leur céda, du consentement de l'archevêque, le logis affecté à son office et reçut en retour l'hôtel de la rue des Granges.

L'église des Bénédictines n'existe plus; leurs bâtiments conventuels datent de la fin du xvne siècle : les plans en avaient été fournis par le bénédictin D. Vincent Duchesne, bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Vincent, qui fut plus tard le maître d'écriture dé Louis XV enfant.

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