HOTEL MARESCHAL
(Rue Rivotte, 17)
Guillaume Mareschal, originaire de Vuillafans, était notaire à Besançon et possédait, près de la porte Rivotte, une maison qui fut incendiée le 4 juin 15 16. Dans l'intérêt de la défense militaire de la ville, le gouvernement aurait voulu que cette maison ne se reconstruisît pas. Guillaume Mareschal fit intervenir en sa faveur la dicte des cantons suisses. La municipalité céda, et elle n'eut pas à s'en repentir, car le notaire avait des goûts d'ar-
tiste, et la maison qu'il reconstruisit devint un ornement pour la ville. Ce fut encore de la construction gothique, mais avec la flore ornementale de la Renaissance : la petite fenêtre centrale est un vrai joyau ; le lion qui trône au sommet de l'édifice, entre deux bâtiments en miniature, a le cachet des meilleurs animaux fantastiques de l'époque.
En 1520, l'archidiacre Ferry Carondelet, ami de Raphaël et d'Érasme, avait amené à Besançon des tailleurs d'images pour décorer l'une des chapelles de la basilique dédiée à saint Etienne. La maison de Rivotte est contemporaine de ce travail, et je la considérerais volontiers comme ayant été ornementée à cette même occasion.
La famille
Hôtel Mareschal (rue Rivotfe, 17) Mareschal
s'est divisée en plusieurs branches, qui se distinguent entre elles par les titres seigneuriaux de Vezet, de Sauvagney, de Longeville, de Charentenay : le goût des arts y est demeuré traditionnel.
HOTEL CHASSIGNRT
(Rue Pasteur, 12)
A l'angle de la rue Pasteur et de la rue Saint-Antoine est une gracieuse tourelle en encorbellement , qui se relie à une maison construite dans les premières années du xvne siècle.
La famille Chassignet, propriétaire de ce logis, a laissé des souvenirs honorables à Besançon. Claude Chassignet le vieux et son fils
Hôtel Chassignet rue Pasteur. 12)
puîné, du même prénom que lui, parleurs testaments des années 1615 et 1634, léguèrent des rentes qui formaient un fonds de secours pour les nécessiteux.
L'hôtel Chassignet était advenu par héritage à la famille de Sauvagney.
HOTEL E)E LA VICOMTE (Place de l'Ëtat-Major)
Trois cours de justice existaient dans le Besançon du moyen âge, et relevaient du pouvoir temporel des archevêques. Deux de ces tribunaux, celui de la vicomte et celui de la mairie, avaient été inféodés par les archevêques, dès la fin du xme siècle, à la puissante maison de Chalon. L'auditoire de la vicomte était originairement adossé à la maison où se tenait le conseil de la commune (rue Pasteur, 8); la mairie féodale siégeait à l'angle de la rue des Granges et de la rue de Glères.
Ce dernier local, qui avait fini par abriter les deux juridictions, s'effondra en 1734. Le terrain qu'il occupait fut cédé à la ville, mais à la condition qu'elle procurerait un emplacement pour réinstaller la double juridiction de vicomte et de mairie. Il lui restait un morceau de terrain récemment acquis par elle pour former la place Dauphine : elle en fît cession, avec l'agrément de l'archevêque, au prince d'Isenghien, successeur de la maison de Chalon. Là fut bâti, en 1736, l'hôtel aliéné
en 1874 par le prince d'Aremberg, héritier des titulaires de la vicomte.
En continuation de cet hôtel, sur la rue des Martelots, était le trésor des chartes de la maison de Chalon. Ces précieuses archives sont actuellement en partie dans le dépôt départemental du Doubs, en partie au château d'Arlay (Jura), propriété du prince d'Aremberg.