INSTITUTION SAINT-FRANÇOIS-XAVIER
En conséquence de la loi qui accordait la liberté de l'enseignement secondaire, le cardinal Mathieu, arche-
vêque de Besançon, provoqua une souscription dans son diocèse pour la fondation d'un collège qui serait régi par des ecclésiastiques. Cet appel ayant été entendu, le nouvel établissement s'ouvrit, le 5 novembre 1850, dans l'ancien couvent des Cordeliers (v. p. 90), sous la direction de l'abbé Louis Besson, orateur et écrivain distingué, devenu, vingt-quatre ans plus tard, évêque de Nimes.
En 1874, le cardinal Mathieu, sentant sa fin prochaine, voulut assurer à son collège un recrutement incessant de professeurs expérimentés : il céda l'établissement à la congrégation des Eudistes.
Sur l'emplacement de l'ancienne église des Cordeliers, le collège a fait bâtir une chapelle dans le style du xme siècle : cet édifice, qui demeure inachevé, se compose d'une nef à quatre travées, d'un transept et d'un choeur; la mai- collège catholique.
Peinture murale d'Edouard Baille
tresse fenêtre est remarquable par l'élégance de ses arcatures et la richessse de ses vitraux. L'architecte Ducat, suivant l'expression de l'un de ses maîtres, a ainsi « créé, dans de modestes dimensions, un véritable monument. » Dans le chœur, un buste de Mgr Besson, œuvre de M. Thomas, de l'Institut, a été érigé sur l'initiative de la Société des anciens élèves.
Un embellissement de premier ordre recommande encore cette chapelle : il consiste en quatre grandes peintures murales, de huit mètres de hauteur chacune, exécutées gratuitement par M. Edouard Baille. Ces peintures, qui joignent à la noblesse du style le charme du sentiment religieux, reproduisent quatre traits miraculeux des annales du diocèse de Besançon : la translation des corps des saints Ferréol et Ferjeux; l'évêque saint Lin appelant la foudre sur les faux dieux de Vesontio ; le bras de saint Etienne retrouvé dans les eaux du Doubs ; les hosties de Faverney conservées au milieu des flammes.