‹ Bible de l'humanitéChapitre 2 sur 24 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'humanité dépose incessamment son âme en une Bible commune. Chaque grand peuple y écrit son verset.

Ces versets sont fort clairs, mais de forme diverse, d'une écriture très-libre, — ici en grands poèmes, — ici en récils historiques, — là en pyramides, en statues. Un Dieu parfois, une Cité, en dit beaucoup plus que les livres, et, sans phrase, exprime Pâme même. Hercule est un verset. Athènes est un verset, aidant et plus que l'Iliade, et le haut génie de la Grèce est tout dans Pallas Athènè.

11 se trouve souvent que c'est le plus profond

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qu'on oublia d'écrire, la vie dont on vivait, agissait, respirait. Qui s'avise de dire : « Mon cœur a battu aujourd'hui. » Ils agirent ces héros. A nous de les écrire, de retrouver leur âme, leur magnanime cœur dont tous les temps se nourriront.

Age heureux que le nôtre 1 Par le fil électrique, il accorde l'âme de la Terre, unie dans son présent. Par le fil historique et la concordance des temps, il lui donne le sens d'un passé fraternel et da joie de savoir qu'elle a vécu d'un même esprit!

Cela est très-récent et de ce siècle même. Jusqu'ici les moyens manquaient. Ces moyens ajournés (sciences, langues, voyages, découvertes en tout genre) nous sont arrivés à la fois. Tout à coup l'impossible est devenu facile. Nous avons pu percer l'abîme de l'espace et du temps, les cieux derrière les cieux, les étoiles derrière les étoiles. D'autre part, d'âge en âge, en reculant toujours, l'énorme antiquité de l'Egypte en ses dynasties, de l'Inde en ses dieux et ses langues successives et superposées.

Et dans cet agrandissement où l'on pouvait s'attendre à trouver plus de discordance, au contraire

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l'harmonie s'est révélée de plus en plus. Les aslres dont le speclre solaire vient de nous faire connaître la composition métallique, semblent peu différer du nôtre. Les âges historiques auxquels la linguistique nous a permis de remonter, diffèrent très-peu des temps modernes dans les grandes choses morales. Pour le foyer surtout et les affections du cœur, pour les idées élémentaires de travail, de droit, de justice, la haute antiquité, c'est nous. L'Inde primitive des Védas, l'Iran de l'Avesta, qu'on peut nommer l'aurore du monde, dans les types si forts, si simples et si touchants qu'ils ont laissés de la famille, du travail créateur, sont bien plus près de nous que la stérilité, l'ascétisme du Moyen âge.

Rien de négatif en ce livre. Il n'est qu'un fil vivant, la trame universelle qu'ont ourdie nos aïeux de leur pensée et de leur cœur. Nous la continuons, sans nous en rendre compte, et notre âme y sera demain.

Ce n'est pas, comme on pourrait croire, une histoire des religions. Cette histoire ne peut plus s'isoler et se faire à part. Nous sortons tout à fait des classifications. Le fil général de la vie que nous suivons se tisse de vingt fils réunis, qu'on n'isole

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qu'en les arrachant. Au fil religieux s'emmêlent incessamment ceux d'amour, de famille, de droit, d'art, d'industrie. L'activité morale comprend la religion et n'y est pas comprise. La religion est came, mais beaucoup plus effet. Elle est souvent un cadre où la vraie vie se joue. Souvent un véhicule, un instrument des énergies natives.

Quand la foi fait le cœur, c'est que déjà luimême le cœur a fait la foi.

Mon livre naît en plein soleil, chez nos parents, les fils de la lumière, les Aryas, Indiens, Perses et Grecs, dont les Romains, Celtes, Germains, ont été des branches inférieures *.

Leur haut génie, c'est d'avoir tout d'abord créé les types des choses essentielles et vitales pour l'humanité.

1 Ce livre est infiniment simple. Un premier essai en ce genre ne devait donner que le plus clair, écarter : 1° Les essais de la vie sauvage; 2° le monde excentrique (Chinois, etc.); 5° le monde qui a laissé peu, et dont l'âge est encore discuté (Celles, etc.); 4° il a dû écarter surtout, même des sociétés lumineuses, la haute abstraction qui ne fut jamais populaire. On parle trop des philosophes. Leurs livres, même en Grèce, étaient peu lus. Très-justement Aristote se moque de ce sot d'Alexandre qui se plaint de ce que la Métaphysique est publiée! Elle resta comme inédite, et fut très-longtemps oubliée.

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