PARIS
Vers le milieu du xviii* siècle, François Procope, Sicilien de naissance, fonda i\ Paris un café qui devint alors le rendez-vous des joueurs d’échecs, et c’est dans ce café que prit naissance le club des échecs, dont les quatre premiers membres furent Piron, J. J. Rousseau, Diderot et Philidor ; Voltaire y venait quelquefois.
Tout le monde lettré vint se grouper autour d’eux, et ces joueurs paisibles furent obligés d’abandonner ce café pour celui de la Régence, situé alors place du Palais-Royal. Mais le calme de cet endroit ne tarda pas à être troublé : on y vit venir Mirabeau, Danton, Robespierre, Barrôre et autres, et les amateurs abandonnèrent ce café pour celui de la Terrasse des Feuillants, Corazza et le Café militaire, rue Saint- Honoré; ce n’est que sous le Consulat que le Café de la Régence vit revenir à lui les amateurs d’échecs, qui ne l’ont plus quitté depuis.
En 1783, un club d’échecs fut établi à Paris, près du Palais-Royal, sous la protection du comte de Provence, plus lard Louis XVFII, qui était lui-mème membre du club. La souscription annuelle était de 4 louis (100 fr.). Parmi les membres étaient : Bernard, Cartier, Verdoni, Leger, Garnier, le comte de Bissy, les chevaliers de Beaurevoir, de La Pallu et d’Anselet.
En 1787, il existait un Club d'Échecs, interdit pendant quelque temps, parce qu’on craignait qu’il ne
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devint politique. II fut rétabli quand on eut la certitude que ce n’était réellement qu’une académie d’échecs. (Courrier de l’Europe, n® 42.)
Alexander fonda un hôtel dit de l’Echiquier, auquel il dut un moment de bien être, puis sa ruine. Cet hôtel a été vendu en 1836 avec le Café et un Cercle d’échecs, fondés par le môme, pour la somme de 10,000 francs, et revendu l’année suivante pour 100,000 francs. Ce cercle disparut en 1836.
Cercle des échecs, rue Richelieu, n® 89, et rue de Ménars, n® 1 . Réglement intérieur. Paris, imprimerie GondeUer, 1836, in-4 d’une feuille.
Cercle des panoramas. Statuts. Paris, imprimerie Dezauche, 1836, in-4 d’une feuille.
Cercle des échecs, place du Palais-Royal, 243, maison du Café de la Régence. Statuts. Paris (1851), in-16 d'une feuille. Il se composait de 59 membres associés et 12 membres honoraires. Ce cercle est la suite de celui de la rue de Ménars, qui disparut lorsque celuici fut fondé, et il prit fin lui-méme en 1854, lorsque la maison du Café de la Régence, à la place du Palais- Royal, fut démolie.
Aujourd’hui, nous n’avons plus à Paris de cercles d’échecs ; les joueurs se réunissent principalement au Café de la Régence, quelques-uns au café d’Orsay, etc.
Hommage au nouveau club des échecs, par M. Dumoncheau, commandant, imprimé dans le Palaméde, 1836, p. 192-193.
Lettre datée de Chambord (au sujet d’un article intitulé : les Mystères du cercle des échecs, signée Delannoy), imprimée dans le Palaméde, 1843.
Alph. Delannoy, collaborateur du Palaméde, 2® série,
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et de la Régence, t'*, 2‘ et 3* séries. On a de lui les articles : Sur le Café de la Régence, dans le Palaméde, 1842, 1. 1, p. 107 à 117; dans rj/lustra<ton, 1850, et dans la Régence, en 1851; les Mystères du cercle des échecs, dans le Palaméde, 1843. Plusieurs réclamations ont été faites sur ce dernier article.
The Café de la Régence, by G. Walker, publié dans Chess and Chess player’s Chronicle. London, 1850, in-8, p. 148 ; dans the Frazer’s magazine, décembre 1840, et en français, dans le Palaméde, 1843, p. 298-312.
Houssaye (Arsène), donna une étude sur le Café de la Régence, en 1842, Paris, 2 vol. in-8.
La Patrie, journal politique, publia dans ses colonnes, le 2 juillet 1860, un article historique sur le Café de la Régence, par M. Edouard Fournier.
Le Monde illustré, 18 août 1860, publia des Etudes sur les cercles de Paris, par M. Jules Noriac. On y trouve des passages relatifs au Café Procope, à celui de la Régence, et aux clubs et joueurs d’échecs contemporains.
Dans les départements, les cercles d’échecs contemporains sont ceux d’Angers, au café Serin ; — de Boulogne-sur-Mer, fondateur et président M. Renaud, pharmacien; — de Marchiennes (Nord); — à Nantes, le Cercle des Beaux-Arts compte, parmi ses membres, quelques-uns des plus forts joueurs des départements. Cette société engagea, en 1861 et 1862, des défis par correspondance contre les cercles de plusieurs autres villes, Reims, Angers, Lyon, Saint-Étienne, et fut presque toujours victorieuse; — d’Orléans; de Toulouse; Société générale des échecs, 18* année, exercice 1850. Dernières paroles du fotidateur, 2* partie, si-
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gné Alphonse Desplages père, Toulouse, imprimerie Bellegarigue, 1830, in-4 d’une feuille; — de Versailles, le cercle était présidé en 1849, par M. Chamouillet; de Vitry-le-Français — et du 73* de ligne.
Perpignan est une ville qui s’occupe beaucoup d’échecs, s’il faut en juger parles réponses aux problèmes insérées dans V Illustration française et dans le Monde illustré, 1864, 1" semestre. Les noms des joueurs qui ont répondu à ces problèmes sont MM. Numa Lloubes, Blaché et Tourndt Ceux des lieux de réunion sont : le 'Cercle Laborie, celui du Roussillonnais, le Café Serres et le Café Olive.
Joueurs français au XVIII” siècle.
Les joueurs de premier ordre du xviii® siècle étaient : le marquis de Grosminy et son frère, de Lagalle, le chevalier de Feron, le chevalier du Son, auteur d’un traité d’échecs resté inédit et qui passa en la possession du prince de Conti.
Les joueurs de second ordre étaient : le chancelier d’Aguesseau et son fils, le président de Nicolaï, le duc de Mortemart, de duc de Mirepoix, l’abbé Chenard, l’abbé Maillot, Foubert, de Saint-Paul, etc.
Célébrités.
Aguesseau (lechev.d’) jouait avec M. Legalle, qui lui demanda, pour un abbé de ses amis, une place vacante à Vincennes, que le chevalier concéda par suite d’une partie d’échecs.*
Ai-liey (Cam. Théod. Fréd.), juge à Privas, mort en
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1 856, possesseur de la plus riche collection d’ouvrages sur le jeu des échecs. Cette collection, la première faite dans ce genre spécial, passa à sa mort à la bibliothèque de Grenoble avec ses travaux manuscrits.
On a de lui une Bibliographie sur le Jeu des dames, une sur le Jeu de trio-trac, et une manuscrite sur le jeu des échecs, annoncée dans le Palamède, 1838.
11 est traducteur, en français, des ouvrages : d’Actius, Palamède, 1847; de Cancellieri; de Christie (J.), Palamède, 1844; de Clodius;<de Damiano; d’Ercole del Rio; de Heinsc; d’Hirsche; d’Hock; deKanny; de Lambc; de Leibnitz; de Nachtigal; d’CËttinger; de Ponziani; de Salvio (A.); de Sagittarius, Palamède, 1847 ; de Sardenheim; de Twiss; d’Uflacker; de Wahl (Gunther) ; de' Wieland. La plupart de ces traductions sont imprimées dans le Palamède, 2® série, et dans la Bégence, 1'* série. 11 donna aussi dans ce dernier journal des articles intitulés : Bibliographie échiquienne.
On lui doit déplus des traductions françaises : l°du poème latin de Vida, qu’il a fait suivre d’une bibliographie assez complète du texte et des traductions de ce poème, dans toutes les langues ; 2° du poème polonais de Kochanowski ; 3“ du poème anglais de W. Jones ; 4® du poème allemand de Fischer ; 5® du duel des échecs de Tuccius ; 6® des poèmes de Ludovic!, de Raince, de Mommeiano, de Piccigallo, de Ch. Salvio et de Lemaure.
Le Palamède, 1845-1846, donna un travail de cet auteur, intitulé : Musée de l’échiquier. C’est une curieuse description de tableaux, miniatures, gravures et objets d’art sur ce jeu.
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Le môme journal, en 1847, donna du même auteur une Description historique sur les noms du jeu des échecs et de, chacune des pièces qui le composent.
Arnods de Rivière (J.), rédacteur de la Régence, 2* série, 1856; auteur du Nouveau Manuel illustré du jeu des échecs, etc. Paris (1860), in-8.
Aülnoy (comtesse d’). Parmi les qualités remarquables de sa charmante Chatte blanche, elle savait jouer fort bien aux échecs.
Aycard (Marie), est auteur des Nouvelles suivautes :
Jean-Jacques Rousseau et le Prince de Conti, sur une partie d’échecs jouée par cet auteur avec ce seigneur, imprimée dans le Palaméde, 1843.
les Echecs à Pomponne, un ministère perdu pour deux parties d’échecs ; nouvelle historique, imprimée dans le Palaméde, 1842, t. II.
Une Partie d’échecs de MéAmef-AK, imprimée dans le Palaméde, 1844.
le Tigre et les Echecs, imprimée dans le Palaméde, 1847, t. VII, p. 36 à 42 et 83 à 89.
Les Trois Parties d’échecs, nouvelle signée Marie Aycard ; imprimée dans le Palaméde, 1842, t. 1, p. 30 à 37.
Dans le môme journal, p. 97, se trouve la remarque suivante : « Les Anglais n’ont pas eu depuis 17.. à la tête de l’épiscopat de Cantorbéry un jeune homme capable d’enlever ainsi les fillettes. Le plus jeune archevêque de Cantorbéry ne l’a pas été avant l’âge de 67 ans. C’est sans doute encore un âge à faire de belles parties d’échecs, mais à renoncer aussi à beaucoup d’autres choses. »
Barbe YRA c (Jean), mort en 1747. Dans son Traité du
b'KANCË.
je«, Amsterdam, 1709, et Amsterdam, 1737, au mot Échecs, on trouve des recherches sur l’ongine de ce jeu, — s’t/ aiguise l’esprit, — s’il porte par lui-méme à tromper et à aimer trop la guerre, — s’il sert à former ou à nourrir f orgueil, —vray temps d’y jouer, — exemples d’un prodigieux attachement de plusieurs personnes pour ce jeu, — nom de la Cour de l’ Echiquier en Angleterre, — d’où il vient.
Barbier. Lettre à M. Kiéséritzky sur les pièces d’échecs, Clermont, 1851 ; imprimée dans la Régence, même année, p. 132.
Basterot (le comte) est auteur d’un 'Traité élémentaire du jeu des échecs, Paris, in-8, 2* édit., un fort vol. de 608 pages, et du Réglement du jeu des échecs, in-8.
Batle (Pierre), mort en 1706, parle de Boï (de Syracuse), de Giachino Greco et de l’Automate joueur d’échecs, dans son Dictionnaire historiqtie et critique.
Boncourt. Une de ses parties d’échecs, jouée avec M. de Labourdonnais, donna lieu ù l’article suivant : Une Partie d’échecs de mémoire, imprimée dans la Revue de Paris, 1830, et dans le Palamêde, même année.
Bontemps, auteur d’un article intitulé : Nouvelle Mission du congrès de Londres, publié dans la Régence,
Bordelon, dans ses Diversités curieuses, Paris, 1647, p. 101, cite deux parties d’échecs jouées par le président Nicolaï avec M. R... (Racine fils).
Boüillet, dans son Dictionnaire universel des sciences et arts, parle des échecs.
Caraman (duc de), président du Cercle des échecs de Paris en 1851, auteur d’un article imprimé dans la Régence, 1851 : Soirée du 26 ?nars.
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Chamouillet, président des Cercles des échecs de Paris en 1842, et en 1849 de celui de Versailles : Lettre sur une partie d’échecs faite par lui avec M. Kiéséritzky, imprimée dans le Talamède, 1842, 1. 1, p. 77 à
Chapelle. Lettre du major Jaenish, traduite en français et imprimée dans la Régence, 1860, p. 289.
Charlemagne (Charles 1*', roi de France), né en 742, empereur d’Occident en 800, mort en 814.
C’est sous son règne que l’on place l’inlroduction des échecs en France. Ce jeu devint alors une passion; tout noble devait le connaître, et l’empereur, d’après le dire de ses historiens, en était grand amateur. (Voir les Romans de la table ronde, les Douze Pairs de Charlemagne, le Poème de Garm de Monlglave, etc.)
Selon une tradition de J. Doublet, dans son Histoire de l’abbaye de Saint-Denis, p. 342 et 1213, on conservait dans le trésor de ce monastère un certain nombre de pièces d’un jeu d’échecs donné par Charlemagne. Voici les paroles de Doublet : « L’empereur et roi de France, saint Charlemagne, a donné au trésor de Saint-Denis un jeu d’échecs avec le tablier, le tout d’ivoire ; lesdits échecs, hauts d’une paulme,fort estimés; ledit tablier et une partie des échecs ont été perdus par succession du temps, et est bien vraisemblable qu’ils ont été apportés d’Orient, et sous les gros échecs il y a des caractères arabes. »
Cette tradition est mentionnée également dans l'Etat manuscrit conservé à la Bibliothèque impériale de l’envoi fait à cet établissement, le 19 décembre 1793 (20 nivôse, an II), de seize pièces diverses d’ivoire provenant de Pranciade (Saint-Denis). Elles sont ainsi
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désignées: «... que l’on appelait anciennement les échecs de Charlemagne, parce que l’on supposait qu’elles faisaient partie des présents que le calife Âaron-Raschid envoya à cet empereur. » De ces seize pièces une seule porte sous la hase ces caractères arabes dont parle J. Doublet, et celle-là seule peut passer, sans trop d’invraisemblance, pour avoir fait partie des présents faits à Charlemagne. Cette remarquable pièce est certainement d’origine asiatique; elle a été fabriquée, comme nous l’apprend la forme des caractères, du temps d’Aroun-al-Rascbid, par un ouvrier arabe, car l’inscription a été traduite ainsi : Ouvrage de Joussouf-al-Nakali ou de Joussouf, de la tribu de Bahaïly : toutes les autres pièces du jeu faites par ce Joussouf avaient été perdues, et celle-ci était confondue avec quinze autres pièces d’un ou plusieurs jeux d’échecs déposés en môme temps à la Bibliothèque impériale. Ces quinze pièces sont d’une époque moins reculée et n’ont certainement pas fait partie du môme jeu ; elles accusent plutôt une origine byzantine et paraissent remonter au xi* siècle, tandis que la pièce du jeu dit de Charlemagne doit avoir été exécutée en Asie, à la fin du ii® siècle de l’hégire ou IX® siècle de notre ère. Elle représente un éléphant portant sur son dos une tour crénelée ; sur la plateforme de la tour un roi hindou assis à la mode orientale, il est nu, porte une couronne ornée de pierreries, un collier et des bracelets. Sur un rebord extérieur de la plate-forme sont rangés huit guerriers à pied de garde du roi, l’épée à la main, le bouclier au bras. Sur la tôte de l’éléphant, on distingue des vestiges de la figure du kornac qui, sans doute, le dirigeait de ce
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poste élevé. Un homme, que l’éléphant a lancé en l’air, s’accroche à ses défenses, tandis que l’animal, au moyen de sa trompe, enlève un cheval avec le cavalier. En bas du socle qui porte l’éléphant, sont rangés quatre guerriers à cheval, armés d’épées et de haches ; ils sont tous couronnés ; peut-être sont-ce des vasseaux du grand roi. Sous la base est gravée en creux une inscription arabe, en caractères coufiques, en partie détruite.
M. Frédéric Madden, dans une savante dissertation sur les origines des échecs, fait remarquer qu’il ne' faut pas oublier que les historiens, qui ont minutieusement détaillé les présents du calife Haaron-al-Raschid, ne mentionnent pas de jeux d’échecs. (Voyez Archœologia, t. XXIV, p. 209.)
Charles VllI, roi de France, défendit, par une ordonnance de 1483, aux prisonniers du Châtelet de jouer aux dés; il permet seulement aux personnes de qualité, arrêtées pour des causes légères et purement civiles, de jouer au tric-trac et aux échecs.
Charlot, fils de Charlemagne. Dans le Roman d’Ogier le Danois (publié par Ant. Vérard en 1500), chap. xvi, il est rapporté que ce prince cassa la tête à Baudoin, fils d’Ogier, avec une pièce d’échecs. Cette brutalité fit naître une guerre qui dura plus de sept ans :
« Baudoin cependant se montroit très-attentif à servir Chariot, et ne perdoit pas une occasion de chercher à lui plaire. Ce prince aimoit à jouer aux échecs, et le jeune Baudoin, qui excelloit à ce jeu faisoit souvent sa partie.
« Un jour Chariot étoit vivement piqué d’avoir perdu deux parties de suite, il crut pouvoir, en prenant uqo
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pièce, donner échec et mat à Baudoin ; mais celui-ci l’atlendoit dans le piège qu’il avoit tendu; il eut le tort de faire un léger sourire en faisant Chariot échec et mat pour la troisième fois. Ce dernier se lève furieux, et saisissant le pesant échiquier d’or dont ils se servoient, en porte un coup sur la tête de Baudoin, la lui brise et le fait tomber mort dans la chambre.
« Effrayé de son crime, craignant la vengeance redoutable d’Ogier, Chariot se cache dans l’intérieur du palais..., etc. » — La Fleur des batailles, traduction du comte de Tressan, Paris, 1782, t. II.
Dans le Roman de Galyen, publié également à Paris par Ant. Vérard, en 1500, se trouve un passage où il est dit que Galyen, une fois, après souper, se mit à jouer aux échecs avec un de ses oncles, Thibert, qui, à la suite d’un mat, lui donna un violent coup à la tète et l’appela bâtard, fils de putain. Galyen va trouver sa mère et lui demande :
a Dictes moy comment vous fustes premier depucellée et qui est mon père et de quelle parente ie suis. Beau filzle lui respont sa mèreiene vous quiersia riens celer. Une fois fut que Charlemaigne et les douze pers de France en reuuenant du Saint-Sepulcre de Hierusalem passèrent par cy et mon père les logea et leur fist moult grand honneur. La nuyt quand ils furent couchez se prindet a gabber et un g clerc qui ouyt les gabz le vint rapporter à mon seigneur mon père lequel iura qu’il les feroit mourir silz n’accomplissoient ce qu’ils avoient dit. Lors lun deulx nome le comte Olivier dit que s’il m’auoit à son coucher que quinze lois auroit ma compagnie sans soy reposer. Mon père me
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bailla à lui que ic nosay refuser et acomplit ce qu’il auoit dit et en reste maniéré fustes engedre sachez que rien ne vous ay cele. »
Les Quatre Fils Aymon, duc de Dordonne, à Paris# pour la vefue Jean Bonfons, s. d., in-4, raconte une histoire analogue à celle de Galyen^ les personnages sont Barthelot, neveu de Charlemagne, et Régnault fils d’Aymon,
Chatbe (le marquis de), dans ses Jeux d’esprit et de mémoire (Cologne, 1694, in-12), parle souvent des échecs en homme qui les aimait. Il nous raconte que le grand Condé était un des bons joueurs de son temps. « Son Altesse, dit-il dans son détestable style, d’ordinaire, après son dîner, demandait les eschets. 11 s’avisa de nous dire qu’il avoit trop d’attachement pour ce jeu, pour n’en avoir pas voulu apprendre la véritable origine et sçavoir à quelle nation on doit at-. tribuer l’honneur de l’invcnlion de cet agréable amusement. Je sçay que les cschets ont toujours passé pour un jeu royal ou plutôt pour le roi do tous les jeux, et que Tesseira nous apprend, par tous termes, qu’ils sont venus de Perse. Grégoire le Toulousain, en attribuant l’invention aux Hébreux, assure, dans sa traduction des Croniques de Mircoud, que les peuples de Perse reçurent deux livres de philosophie et un jeu d’eschets de la part de leurs bons amis et confédérés les Indiens, pour leur faire comprendre le peu de stabilité et la vicissitude des choses du monde, dont on ne peut tirer aucun avantage, qu’en usant d’une prudence non commune. Les Persiens crurent qu’il y alloit de l’honneur de leur nation de rendre aux Indiens un présent de même nature, ils envoyèrent un jeu de
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tric-frac qui vouloit signifier, qu’encore que la prudence soit requise pour notre avancement dans les emplois de la vie, il falloit ûtre encore favorisé de la bonne fortune, sans laquelle on ne pouvoit avoir un heureux succès dans nos entreprises. »
Le même marquis de Châtre, dans ses Nouveaux Entretiens des jeux <f esprit et de mémoire (Lyon, 1709, in-12), cite le marquis de Praslin parmi les bons joueurs d’échecs. « Ce seigneur, dit-il, me demanda si je ne sçavois point jouer aux eschets, jeu fort estimé en Espagne et en Portugal : il me fit faire réflexion sur la disposition des pièces de cet admirable et spirituel jeu, qui sont les Roys, les Dames ou Reynes, les Chevaliers, les Fous, les Tours et les Pions. Quelquesuns l’appellent le jeu de la Guerre et des Roys. Y a-t-il rien au monde qui nous fasse mieux comprendre la vicissitude des cours des monarques, la déroute de leurs armées et la mort, que la fin d’une partie d’échecs, où les Roys et les Reynes, les Chevaliers, les Fous et les Pions sont pêle-mêle, les Tours même augmentent le monceau. »
Choisv. Dans la Vie de Monsieur l’abbé de Choisy, Lausanne et Genève, 1 748, p . 3, on lit : « Le père de M. l’abbé de Choisy était fils d’un provincial, qui fut introduit à la Cour d’une manière assez extraordinaire. Voici comment la chose arriva : Il revenait d’une petite terre, nommée Balleroy, qu’il avait en Normandie. Etant arrivé à Meulan, le marquis d’O., alors surintendant des finances, survint en même temps dans l’hôtellerie. Ils font connaissance, soupent ensemble, jouent aux échecs, M. de Choisy, qui n’était pas sot, ise laisse donner mat. Le surintendant le trouva si fort
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à son gré qu’il l’introduisit à la Cour, et l’employa depuis dans les affaires les plus importantes. Le roi Henri lit le fit conseiller d’Etat. M. de Choisy fut fort aimé de ce monarque, de même que de son successeur Henri IV. Ces deux princes l’admettaient à leurs jeux et à leurs divertissements, si nous en croyons M. de Bassompierre. »
Cohen (Henri). TJn Mot sur les deux parties jouées simultanément à Glasgow, par M. Harrwitz. Régence, 1849.
Voyage de M. Harrwitz. Régence. 18b0.
Article bibliographique sur l’ouvrage de M. Poirson- Prugûeaux. Régence, 1850.
CoMNARD (Laurent). Dans son ouvrage : Deux cents nouveaux Problèmes du jeu de dames, Paris, 1823, in-12 de 115 feuillets. Préface, p. 8, l’auteur dit que le jeu de dames, inépuisable dans ses calculs, surpasse en imagination tous les autres jeux, sans excepter celui des échecs. Il entre, à ce sujet, dans diverses considérations et raisonnements qui ne convaincront aucune personne familière avec les deux jeux.
CoNDÉ (Louis H de Bourbon, prince de), mort en 1686, jouait souvent aux échecs; il se faisait porter ce jeu à l’armée, on l’y voyait jouer la veille des fameuses journées de Fribourg, de Rocroi, de Sens, de Nordlingue et de Senef. {Lettre de M*** touchant le jeu des échecs, 1694.)
Les Divertissemens innocens, publiés en .1694, citent cette opinion du prince de Condé que, pour, devenir un bon général, il fallait commencer par apprendre à jouer aux échecs.
CoNTENDORvirxE ct Ic marquis de Paulmy. Dans le Précis d’une histoire générale de la vie privée des Fran-
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çois. Paris, 1779, in-8, p. 384, ces auteurs font l’éloge du jeu des échecs, qu’ils regardent comme étant une invention indienne, et ils comparent ce jeu à la musique :
« Après tout, il n’y a que seize pièces de chaque côté aux échecs, dont huit principales et huit subalternes, et le damier, sur lequel elles se promènent, n’est que de soixante-quatre cases. Il n’y a de même que six à sept tons dans la musique, douze ou treize sons qui s’arrangent sur cinq lignes. En les combinant, on exécute la musique la plus difficile, comme on fait des coups variés presque à l’infini sur un 'échiquier. »
CoNTi (prince de), élève du chevalier de Lorency. Une de ses parties d’échecs, jouée avec J. i. Rousseau, se trouve reproduite dans le Falamède, 1843.
Corneille Le Brun. Dans son Voyage au Levant (La Haye, 1673) se trouve une gravure représentant six Turcs jouant aux échecs.
Delondre (docteur). Pensées physiologiques à l’usage des joueurs d’échecs, imprimées dans le Falamède, 1843, p. 56 à 60. Hygiène à suivre et qualités à acquérir pour devenir fort joueur d’échecs.
Des Chapelles, fort joueur d’échecs. Plusieurs de ses parties se trouvent reproduites dans nos recueils d’échecs.
On a de lui une Lettre sur les échecs, imprimée dans le Falamède, 1836, p. 292, et un article intitulé : Supplément à labataille d’Iérux, p. 23-25, même journal, même année.
En 1808, après la bataille d’Iéna, l’armée française arriva à Berlin. M. Des Chapelles se présenta au Cercle
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d’échecs de cette Aille ; il joua contre les membres de ce Cercle deux parties d’échecs qu’il gagna.
De Thoü. Lettre (sur les échecs) imprimée dans le Paîaméde (1836, p. 109-130), au sujet de la défense de jouer à ce jeu, faite par saint Louis.
Delvau (Alfred), dans son Histoire anecdotique des cafés et cabarets de Paris, 1862, in-12, p. 134 à 141, donne une étude très-curieuse sur le Café de la Régence, le jeu et les joueurs d’échecs. Nous demandons la permission d’en donner ici un passage :
« Je ne suis entré dans ce temple du gambit qu’a\ec le plus grand effroi et le plus grand respect, — présenté à quelques-uns des habitués par mon excellent ami F. Vialay, un joueur expert, à ce qu’il paraît, qui a eu l’honneur de faire sou ventes fois vis-à-vis à Alfred de Musset. Je dis avec respect, parce qu’ils méritent qu’on les respecte, les gens qui continuen t les traditions d’Ulysse et de Palamède, de Tamerlan et d’Alexandre le Grand, de Parménion et de Sésostris, de Confucius et de Mahomet, de Sélim 11 et de Lusignan, de Charlemagne et de Renaud de Montauban, de Lancelot du Lac et d’Orchan, de François 1'^ et de Charles-Quint, de Flamine Barberigo et de Boï le Syracusain, de Lolli et du Calabrois, de Philidor et du chevalier de Barneville, de Macdonnell et du capitaine Evans. Je dis effroi, parce que le jeu, sous toutes ses formes et sous tous ses noms, m’a toujours beaucoup effrayé, comme étant une sorte de folie froide, — pour ne pas employer un mgt plus désagréable. Certes, il vaut mieux passer huit heures d’horloge à pousser le bois, ou l’ivoire, ou le carton, ou l’os, sans proférer une seule parole, sans boire ni manger, — oui, cela vaut cent fois mieux que
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d’employer ce temps à calomnier, de la langue, son prochain et sa prochaine; mais, sauf erreur, je crois que l’homme intelligent a dans la vie d’autres fonctions et d’autres devoirs que le jeu et la médisance. Le calomniateur est un gredin, mais le joueur est un inutile, — et nous avons tous quelque besogne honnête à faire : ceux qui s’y refusent, pour une raison ou pour une autre, sont des déserteurs, et je ne verrais aucun inconvénient à ce qu’on les fusillât comme tels.
« — Mon cher ami, me répondit Vialay le jour où j’eus l’audace de lui dévoiler ainsi ma pensée à l’en droit des joueurs, — mémo des joueurs d’échecs;'mon cher ami, je suis forcé de vous citer à ce propos l’opinion de Méry, que je sais par cœur comme si elle était la mienne... Il serait à désirer que la science de l’échiquier fût cultivée dans les collèges, où nous apprenons tant de choses fastidieuses qui ennuient l’enfant et ne servent pas à l’homme. 11 y a, au fond du jeu d’échecs, une philosophie pratique merveilleuse. Notre vie est un duel perpétuel entre nous et le sort. Le globe est un échiquier sur lequel nous poussons nos pièces, souvent au hasard, contre un destin plus intelligent que nous, qui nous maXe à chaque pas. De là tant de fautes, tant do gauches combinaisons, tant de coups faux! Celui qui, de bonne heure, a façonné son esprit aux calculs matériels de l’échiquier, a contracté à son insu des habitudes de prudence qui dépasseront l’horizon des cases. A force de se tenir en garde contre des pièges innocents tendus par des simulacres de bois, on continue dans le monde cette tactique de bon sens et de perspicacité défensive. La vie devient alors une grande partie d’échecs, où l’on ne voit, à tous les loin-
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tains, que des fous qui méditent des pointes contre votre sécurité. Tout homme qui vous aborde est une pièce ou un pion; alors, on le sonde, on le devine, et on manœuvre en conséquence. Il ne faut point craindre, toutefois, que cette tension continuelle d’esprit dégénère en manie, et préoccupe les facultés au point d’altérer la sérénité de l’âme. Les joueurs d’échecs sont des gens fort aimables et fort gais; M. de Labourdonnais, homme d’esprit charmant, fait sa partie en semant autour de lui les bons mots et les joyeuses saillies, ce qui ne le détourne jamais d’un coup de mat. Ainsi, grâce à l’habitude, l’homme se fait une seconde nature de la combinaison perpétuelle : il ne sent môme pas fonctionner en lui ce mécanisme d’intelligence qui ne s’arrête jamais; les ressorts mis en jeu par une première impulsion le serveht à son insu et dans l’ordre de sa volonté. Combien de joueurs d’échecs se sont tirés dans le monde d’une mauvaise position pai- d’habiles calculs, sans se douter qu’ils dussent leur science de conduite au culte de la combinaison ! »
Devinck, son portrait se trouve dans la Bégence, 1847 ; fort joueur d’échecs, président honoraire du cercle de Paris, en 1851, collaborateur de la Régence, 1849.
On a de lui plusieurs mats et parties d’échecs remarquables. (Kicséritzky, Cinquante parties jouées..., 40 ®et 43' parties.— Alc.\ander, Collection des plus beaux problèmes.,.).
Diderot (Denis) est auteur d’une Lettre à PMlidor, joueur d’échecs, imprimée dans la Réponse à une soirée d’ermites, 1838, in-8, p. 11-12, et dans les Chroniques et Légendes des rues de Paris, p. 266-267.
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Il parle aussi des échecs dans son Neveu de Rameau : «... Paris est l’endroit du monde, et le Café de la Régence l’endroit de Paris où l’on joue le mieux à ce jeu; c’est là que font assaut Légal le profond, Philidor le subtil, le solide Mayot; qu’on voit les coups les plus surprenants, et qu’on entend les plus mauvais propos ; car si l’on peut être homme d’esprit et grand joueur d’échecs comme Légal, on peut être un grand joueur d’échecs et un sot comme Foubert et Mayot. »
Diderot. Deux Parties sans voir l’échiquier, imprimées dans le Palaméde, 1837, p. 5-9.
Doazan. Lettre sur le jeu de combinaison des Romains, imprimée dans le Palaméde, 1838, p. 125, et en 1843, p. 496.
L’auteur s’applique à faire descendre les échecs des latruncules et des pessos.
Collaborateur du Palaméde, 2“ série, et de la Régence, et auteur de :
— Labourdonnais. Morphy àM. G. Allen. Paris, 1859.
— Alliey. A M. G. ^llen, etc. Paris, 1860, in-8.
— I7n Rêve. Paris, 1860, in-8. Pensées mélancoliques écrites en souvenir de la société échiquienne passée.
— Un habile Joueur gagné par une maiette, nouvelle imprimée dans la Régence, 1845, p. 268.
— ÜÆtraits, imprimés dans le Pa/amétie, 1843, d’un manuscrit italien du xvi® siècle ou du commencement du xvn®, renfermant : 56 parties ou débuts de Giulio- Cesare Polerio; 19 de Giov.-Domenico Tarsia; 35 de Giov. Leonardo ; 4 d’Avalos ; 2 de Busnardo ; 2 de Scovara; 1 de don Antonio Porto; 3 fins de parties diverses, et 3 de Damiano. La rédaction de cet ouvrage
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est fort incorrecte, remplie de fautes qui dénaturent le sens et rendent plusieurs passages inintelligibles.
Egmont fHenry). Le Cercle des échecs, le Palamède, le Mat du commandeur, articles imprimés dans le journal le Siècle et dans le Palamêdc, 1830.
Ferrand. Richer, moine de Sénones, dans Yllistoire de son abbaye,^ raconte que Ferrand, comte de Flandres, maltraitait toujours sa femme lorsqu’il jouait avec elle aux échecs et qu’elle le matait. C’est la suite d’une partie ainsi terminée qui donna lieu à la bataille de Bouvines (le 12 juillet 1214), où le comte Ferrand fut fait prisonnier (amené à Paris les fers aux pieds et aux mains) et enfermé à la tour du Louvre. La comtesse Jeanne sa femme, eut alors la liberté de gouverner seule ses États et de faire sa partie d’échecs avec un joueur plus galant.
Fleuri (Claude), dans son Traité du choix et de la méthode des études, Paris, 1 686, dit que la fatigue d’esprit que donnent les combinaisons des échecs est plus forte que le plaisir que l’on y éprouve.
Fontenelle, dans ses œuvres : Eloge du marquis de Dangeau, cet auteur fait quelques remarques sur le fond des jeux et conclut que les jeux les plus savants, même les échecs, ne sont pour la plupart des gens que de purs jeux de hasard.
Fournier (Édouard), dans ses Chroniques et légendes des rues de Paris, 1864, in-12, p. 229 à 274, chap, xiv.
1. Comtesse Jeanne do Flandres, fille de l’empereur de Constantinople et pupille de Philippe Auguste.
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parle du Café de la Régence et raconte beaucoup d’anecdotes relatives aux joueurs d’échecs.
François I*’’, prisonnier en Espagne après la bataille de Pavie, charmait les ennuis de sa captivité en jouant aux échecs.
Grosdehange. On a de lui plusieurs problèmes insérés dans le Monde illustré.
Guiton (N.), dans son Traité complet du jeu de tric~ trac, etc., Paris, 1816, 1822, in-8, chap. xv, compare les échecs à ce jeu.
Güyot (Guill .-Germain), dans ses Nouvelles Récréations physiques et mathématiques, Paris, 1769-1770 et 1786, t. Il, p. 230, à la 60* récréation, donne la manière de faire parcourir par le cavalier les 64 cases de l’échiquier, et diverses fins de parties (tirées d’A. Salvio et de Stamma).
Henri IV, roi de France. « Le cardinal Duperron, jouant aux échecs avec ce monarque, lâcha un pet au moment où il plaçait un cavalier. Il se fit pardonner cette liberté en disant au roi, qui en rit beaucoup : M Au moins, sire, ce cavalier n’est pas parti sans trom- « pette. » Ménage, qui raconte cette anecdote, dit la tenir de Racan.
Herbelot (Barth. d’), parle des échecs dans sa Bibliothèque orientale aux mots : Ba%urge-Mihir, schah et scheh, schahrohk et rohk.
Janin (Jules) faisait souvent sa partie d’échecs au Café Talma. [Histoire anecdotique des cafés et cabarets de Paris, par Delvau, p. 131.)
JoüRNOüD (P.), rédacteur-gérant de la Régence, journal des échecs, 3* série, en 1860, 1861 et 1862; de la Nouvelle Régence, en 1863 et 1864; chargé de la partie
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des échecs dans le Monde illustré, et éditeur du Recueil de problèmes dédiés aux amateurs d’échecs, Paris, 1860.
Kebuy, habile joueur du xviii* siècle et maître d’échecs de Philidor.
La Bourdonnais (L. C. de), mort en décembre 1840, rédacteur du journal le Palaméde, 1" série, 1836-1837- 1838, 3 vol., et auteur du Nouveau Traité du jeu des échecs, 1833-1834 et 1842.
Le jeu de Labourdonnais, à l’opposé de celui de Philidor, consiste à sacrifier toutes les pièces et les pions, à l’effet d’obtenir une attaque décisive.
M. Doazan, dans la brochure publiée en 18S9 sur ce joueur, nous dit que Labourdonnais était un homme de sentiment et d’action.
Le Palaméde, 1842, publia un article intitulé : Jforl de Labourdonnais, signé Saint-Amant.
Labruvère, dans ses Caractères, n’admet pas que la capacité aux échecs soit une preuve de génie.
La Cohbe, dans son Dictionnaire d’anecdotes, parle des échecs.
Lacroix (Paul), bibliophile Jacob, pense que l’onigine des jeux de cartes (voir sa dissertation portant le même litre, publiée à Paris, en 1835, in-8), se rapporte à celle des échecs. Il a depuis complété et développé ce système dans son ouvrage intitulé : Le Moyen âge et la Renaissance.
Médianoches, Paris, 18.3.5, 2 vol.; Lettres de Fanny Linder à une amie d’enfance. Ludovic est si pensif que ses deux cousines se croyaient chacune aimées pour elles-mêmes. Hélas! elles se trompaient fort; car, le pressant d’avouer son amour, il leur répondit que ce qui le rendait si pensif, c’était la préoccupation de ses
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parties d’écliccs avec un vieux baron allemand et non leurs beaux yeux : « Qu’esl-cc que l’amour et ses plus (loin es jouissances, leur dit-il, auprès du jeu des échecs et de ses admirables combinaisons? »
I.ALouiiÈBE (Sim. de), membre de l’Académie française, mort en 1720. Envoyé extraordinaire près le roi de Siam en tCS7-S8 ; dans ses relations sur ce royaume, il parle des échecs chinois et donne un aperçu de leurs régies.
Lakocue, fort joueur d’échecs. On lui doit l’annotation des 6% 10% 20", 37*, 42' et 49' parties du Eecueii... de Kiéséritzky.
Plusieurs de ses mats ont été insérés dans la Collection..., d'Wcxandcr, et dans le Palnmêde, 2' série.
Las Cases (comte de). Mémorial de Saint Hélène, Paris, 1842; l’on y voit une gravure représentant Napoléon et Bertrand jouant aux échecs.
Lavali.ée (Joseph). On a de lui : De VVtilité des échecs, chronique arabe du vui' siècle de l’hégire (xiv siècle), imprimée dans le Palamède, 18.42, t. H, p. 262.
La Partie d'échecs interrompue, anecdote chinoise, imprimée dans le Palamède, 1842, p. 278.
La Partie d’échecs du diable, nouvelle avec problème, imprimée dans le Palamède, 1843, p. 418. On y trouve une note intéressante sur le jeu des latruncules.
Dans les Chroniques de Flandres, en 1131, on trouve uue nouvelle fantastique, réimprimée dans le Palamède, 1830, sous le titre de la Partie d’échecs du diable.
La Mothe Le Vayer (François de), dans ses Œuvres publiées à Paris, en 1669, t. 1, p. 212 à 216, article pour V Instruction du Dauphin, parle des cartes, des detz, du tric-trac et des eschetz.
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Laverpiluère (de). Moralité des échecs. Causerie, signée de F.av..., imprimée dans le Palaméde, 1842, t. 1, P 38-39.
LécRivAiN, auteur d’une Lettre (au sujet de l’article intitulé Les Mystères du Cercle des échecs, par Dclannoy) ; imprimée dans le Palaméde, 1843.
Et d’un article nécrologique sur Lavagnini ; imprimé dans le même journal en 1844, p. 41.
Légal, habile joueur du xvin' siècle, auteur de la Partie des pions. (Alexander, Collection des plus beaux problèmes...)
« Philidor et Légal étaient les joueurs d’échecs les plus célèbres, et n’ont point trouvé de rivaux. » (Note du Poème des échecs, de l’abbé Roman, p. 176.)
Lenglet-Düfresnoy (Nicolas), mort en 1753, dans le glossaire qu’il a joint à son édition du Roman de la Rose (Paris, 1735, 3 vol. in-12), parle du jeu des échecs qu’on jouait sous Charlemagne, etc.
Leqcesxë, habile joueur d’échecs, collaborateur du journal la Régence, 1860, 61, 62, et auteur d’un travail sur le problème du cavalier aux échecs.
Le Monde illustré publia de ses problèmes d’échecs.
Le Sage, dans la Valise trouvée, 1699, in-8, p. 46, parle des joueurs d’échecs au Café de la Régence.
LÉvÊQt E de PociLLi (Louis), dans sa Théorie des sentiments agréables, dit : « Lorsque nous voyons un joueur d’échecs si absorbé dans ses combinaisons qu’il est insensible à ce qui l’entoure, ne croyons pas que sa fortune ou le bien de l’Etat soit en jeu ; cette profonde émotion est causée par l’exercice de son esprit pour bien mener à fin sa partie.
* Levée (Jér Balth.), donna une traduction en prose,
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assez estimée, du poëme latin des échecs, de Vida.
Cette traduction, qui parut* avec le texte latin, à Paris, en 1 809, dans Les Vers à soie, suivi du Poème des échecs, in-8, p. 82 à 140, a été réimprimée dans le Palatnède, 1838, p. 13.
Lorencv (le chevalier de), bon joueur et maître d’échecs du prince de Gonti, avait pour coutume d’écrire les parties qu’il faisait ou celles dont il était le témoin. Il existe de lui plusieurs manuscrits de celte sorte. La partie de J. J. Rousseau et du prince de Conti, décrite par Marie Aycard, est une de celles conservées de cette façon.
Louis VI. De Serres raconte dans l'Inventaire généra de l histoire de France, Vie de Philippe J", qu’à la suite d’une insulte faite par Louis de France, plus tard Louis VI, dit le Gros, à Henri, fils de Guillaume le Bâtard, celui-ci prit un échiquier et en frappa le prince, qui aurait été tué s’il n’avait pu parer le coup. Cette brutalité fut la cause de la longue guerre entre les Français et les Anglais (en 1116).
« Bobert et Henri, fils de Guillaume le Conquéran t, étant un jour en Normandie, se délibérèrent aller saluer le Roi de France, Philippe P’’, qui était à Conllans, où ils séjournèrent quelques jours. Et comme ledit Henri jouait aux échecs après dîner avec Loys, fils de Philippe, icclui Loys, voyant qu'il perdait, en colère appela ledit Henri fils de bâtard, et lui jeta l’échiquier au visage. Henri leva l’échiquier et en frappa ledit Loys de si grande force, qu’il le fit saigner, et l’eût occis si son frère qui survint ne l’en eût empêché. Et ce fait, Robert et Henri se sauvèrent, d’où il advint une grande et longue guerre, etc. »
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{Histoire et chronique de Normandie, Kouen^ 1589,
.M. Gaillard, dans une dissertation lue, en 1778, à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, révoque ce fait en doute.
En 1119, les Français, battus à la journée de Brenneville, fuyaient devant le duc de Normandie. Un An- •
glais saisit la bride du cheval de Louis le Gros, en criant : «Le roi est pris. » Le roi répondit en riant :
« Ne sais-tu pas que, même au jeu des échecs, on ne prend jamais le roi? » En parlant ainsi, il portait à ce soldat un coup de sa masse d’armes, et l’abattait mort à ses- pieds.
Louis IX. Joinville dit, dans son histoire de ce roi, que « le soudam de Babiloine venoit tous les jours jouer aus eschez après le relevé sur les nates qui estoient au piez de son lit. »
Louis XV, dans sa jeunesse, montra du goût pour le jeu des échecs; ce fut pour flatter ce penchant que le savant Fréret lut dans une séance de Y Académie des bel les- lettres sa curieuse dissertation sur ce jeu, en présence de ce prince. (Note du Poème des échecs, de l’abbé Roman, p. 180.)
Louvet de Couviiay (Jean-Bapt.), mort en 1797, dans ses Amours du chevalier Je Faublas, dépeint très-bien le joueur d’échecs voulant faire retomber ses fautes et la perte de sa partie sur les soupirs du pauvre amoureux murmurant le nom de sa maîtresse : « Maudits soient les amoureux! — Comment, Monsieur? Je ne comprends pas. — Vous ne comprenez pas I Eh bien I regardez : un échec à la découverte I — Qu’a de commun cet échec... — Comment, ce qu’il a de communl
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Il y a une heure que vous tournez autour de moi : Eh ma chère Sophie par-ci, et ma jolie cousine par là ! Moi, j’entends vos fadaises et fais des fautes d’écolier. Monsieur, quand on est amoureux, on ne vient pas au Café de la Régence. »
Mably (l’abbé), dans son ouvrage publié en 1783, De la manière d’écrire l’histoire, dit que « Voltaire, dont l’exactitude va jusqu’au scrupule, nous avertit que nous estropions le nom de Confucius, et qu’il s’appeloit Cong fut-see; il voudroit que nous appellassions les eschecs, le jeu de stack, etc. »
Mau.et (Pierre), dans son traité du Jeu de dames, etc. Paris, au Palais, en la grande salle, 1668, de 64 et 452 pages, compare le jeu de dames à celui des échecs ; aux pages 203 à 209, 215 à 216, 221 à 230, 270 à 278 et 303 à 314, l’auteur s’occupe des échecs en détail, il reconnaît en eux un jeu d’esprit, de science, de philosophie et de mathématiques, ne tirant rien du hasard ; il enseigne la manière de placer l’échiquier, sa composition, et donne des versions sur l’invention et l’inventeur du jeu d’échecs, ajoute que les Turcs, les indiens, les Tartares, les Grecs, les Arabes et tous les Orientaux y jouent aussi bien que les Allemands, les Espagnols et les Italiens; parle de l’ouvrage de Selenus, du village des échecs (Volspergan) dans le duché de Brunswick; de la manière d’y jouer de ses habitants; compare le jeu de dames aux échecs, mais il donne la prééminence aux dames, ne croit pas aux Espagnols et aux Portugais jouant à cheval en voyageant, ni aux singes joueurs d’échecs cités par divers ; rapporte l’opinion de Montaigne sur ce jeu, et reconnaît que les plus grands hommes et les plus célèbres capi-
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laines se sont adonnés et divertis, à toutes époques, au\ échecs.
Mknage parle des échecs dans son Dictionnaire étymologique de la langue françoixe, 17Ü0, 2 vol. in -fol.
Ménestrieb (C. Fr.), jésuite, mort en 170.'}, compare, dans sa Bibliothèque curieuse et instructive, t. 11, p. 174 et 186, les échecs avec les cartes et donne l’avantage à ces dernières.
MEnccRE GAi.ANT. On y trouve une Lettre, insérée dans les numéros de juin 1683, d’août 1688 et de décembre 1693, parlant de Boi et de Gioachino Greco. Cette lettre annonce aussi une publication projetée de leçons d’échecs de Boi et de Gioachino Greco. Le manuscrit, dit elle, a été longtemps entre les mains d’un des premiers joueurs d’échecs de France, qui a 1 honneur d’y jouer avec Son Altesse M*' le duc de Chartres,
Cet article est reproduit en partie dans le Dictionnaire historique de Bayle, articles Boi et Gioachino Greco.
Méby, rédacteur du Palaméde, 1” série, en collaboration avec M. de Lahourdonnais.
Le Palaméde, 1842, p. 127 à 130, donna de cet auteur : J. J. Rousseau au Café Procope, anecdote sur une partie d’échecs, publiée alors pour la première fois.
Le Palaméde, 1843 : Plus d’ennui avec un lit et un échiquier, conte indien.
La Régence et le Journal du Plaisir, IS.'il , donnèrent, du môme auteur : les Joueurs d’échecs, le Chevalier de Barneville, et une Lettre sur Philidor.
Le Joueur d'échecs, imprimé dans Les Français peints par eux-mémes, Paris, 184., in-8.
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Montfauc;on (Bernard de), morl en 1741 ; il donne quelques détails curieux sur le jeu des latruncules, dans son Antiquité expliquée, t. III. 2* partie, chap. x, p. 33fi, IV-V.
MoHTEMART-BorssE (Ic baron de), dans sa Vie élégante à Paris, 2* édition, 1858, p. 178, dit du jeu des échecs :
« Les échecs sont du nombre des jeux qui sont adoptés par les personnes réfléchies et posées. Les deux Rousseau, Voltaire, les maréchaux de Saxe et de Richelieu, l’empereur Joseph II, Franklin, Marmontel, Diderot, Champfort, Bernardin de Saint-Pierre , le marquis de Bièvre, le général Bonaparte, l’amiral Dumont-d’Urville, avaient le goût dont les célèbres Philidor, Des Chapelles et de La Bourdonnaye avaient l’habile talent. »
Mouhy (le chevalier' de). Dans La Mouche ou les Aventures de M. Bigand, on trouAC l’histoire d’un fameux joueur d’échecs espagnol, nommé don Carlos.
Môuret (François-Jacques), mort en 1837, conduisit pendant plusieurs années l’aTitomate joueur d’échecs. Il a perfectionné l’un des débuts de Philidor, connu par les amateurs sous lè nom de la Partie du pion du roi un pas. Le Palaméde, 1837, a reproduit environ cinquante de ses parties.
On St de lui un ÏVaifé élémentaire et complet du jeud'échecs. Paris, 1838.
Murat (Joachim), roi de Naples; mort eh 181.5, avait une véritable passion pour lès échecs ; il a sou\ant forcé le duc de Bassano à veiller sur l’échiquier une bonne partie de la nuit.
Musset (Alfred de) venait souvent au Café de la Régence jouer aux échecs ; son jèti était assez habile, et
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dans ses jours lucides, il passait pour un joueur de force recommandable. Il faisait sa parlie avec Ravergie, le peintre, Provost, de la Comédie-Française, Eugène de Mirecourt, Blesse, le libraire, F. Vialay, Delegorgue, le tueur d’éléphants.
M. Alfred Delvau, dans son Histoire anecdotique des cafés et cabarets de Paris, Paris, 1862, in-12, p. 1862, raconte que, dans l’après-midi du 24 février, il commençait une partie avec Delegorgue, lorsque des coups de fusil vinrent l’interrompre forcément; le roi Louis- Philippe était fait échec et mat par le peuple parisien. Alfred de Musset était trop véritablement joueur pour s’émouvnir de si peu, et il eût volontiers- continué sa partie, qu’il considérait déjà comme gagnée, si Delegorgue, en qui les ardeurs belliqueuses venaient de se réveiller aussitôt, ne lui eût brûlé la politesse pour aller brûler quelques amorces sur la place du Palais^ Royal, avec les gardes nationaux, en train d’enlev» le poste du Château-d’eau.
En 1849, la Régence publia de cet écrivain, un mat en 5 coups.
Napoléon !•', avant d’étre empereur, jouait souvent au Café de la Régence. Ses débuts étaient mauvais; si son adversaire calculait trop longtemps, il se pinçait les lèvres, frappait du pied et battait du tambour avec impatience sur le bord de l’échiquier, ce qui ne laissait pas que de faire danser les pièces et de troubler le jeu. S’il perdait, c’était bien pis encore; il donnait quelquefois de grands coups de poing sur la table et faisait tout sauter. Cependant, lorsque l’action était une fois bien engagée, quand la mêlée devenait vive, U avait souvent des coups très-brillants.
Il jouait souvent aux échecs chez Joséphine. M.Thiers a rappelé, dans l’Histoire du Consulat et de VEmpire, t. IV, p. 603-604, d’après les Mémoires inédits de madame de Rémusat, la partie qu’il fit à la Malmaison pendant qu’on jugeait le duc d’Enghien à Vincennes,
En Egypte, Napoléon jouait aux échecs avec M. Poussielgue, ordonnateur de l’armée d’Orient, ou avec M. Amédée Jaubert. M. Poussielgue était d’une force supérieure, et battait quelquefois le vainqueur des Pyramides. Pendant la campagne de Pologne, l’ambassadeur persan fut introduit devant l’Empereur; une partie d’échecs était engagée avec Berthier. Napoléon ne se dérangea point et donna audience tout en poussant ses pièces.
Pendant la campagne de Moscou, l’Empereur jouait aux échecs avec Murat, Bourrienne, Berthier et le duc de Bassano. L’Empereur, selon le duc de Bassano, débutait assez mal, mais au milieu de la partie l’homme supérieur se révélait et voyait au delà de 3 ou 4 coups.
Napoléon charmait avec les échecs les ennuis de sa longue traversée à bord du Northumberland. A Sainte- Hélène, il faisait chaque jour sa partie.
L’Empereur était un joueur à la tour. {Palamède, 1836, p. 12-16.)
Napoléon 111 jouait aux échecs en Angleterre et passait pour être très-habile à ce jeu. {Annuaire des échecs, Londres, 1856, p. 31.)
Nicholaï (le président) passait pour le meilleur joueur d’échecs qu’il y eût en France ; cette réputation lui suscita un jour un envieux, qui vint exprès de soixante lieues pour la lui disputer. On apporta des échecs, le président perdit la partie, et l’inconnu le
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quitta sans qu’il pût le décider à jouer une seconde partie, ni savoir qui il était. (Diversitez curieuses. Arast., 1699, t. I, p. 101.
Noei. et Charpentieb, dans leur Nouveau Dictionnaire des Origines, Paris, 1833-34, parlent des échecs, de l’échiquier de Louis Xlll et de la salle d’échecs de don Juan d’Autriche. (Voir Automate, échecs etjeujc.)
OzANAM, dans la préface de ses Récréations mathématiques, après avoir avancé que l’on pouvait soumettre tous les jeux à des règles mathématiques, pense néanmoins qu’il n’est pas vraisemblable qu’on en trouve jamais de certaines pour gagner même aux échecs.
Pasouiër (Estienne), mort en 1 61 5, dans ses Recherches de France, 1560-lo6o, in-fol., liv. IV, chap. xxxi, fait observer, à propos du jeu des échecs, « qu’il n’y a rien qu’un roi doive tant craindre en son Estât que la révolte de sa noblesse. D’autant que celle du menu peu- . pie se peut aisément étouffer, mais en l’autre, il y va du changement de l’Estat. » Quant aux tours, dit-il, ce sont les villes fortes qui servent au besoin de dernière retraite pour la conservation du royaume ; il énumère ainsi toutes les pièces de l’échiquier, en faisant remarquer qu’il n’y a rien qui ait tant d'autorité sur les rois que les dames, non pas celles qui leur sont légitimes, mais bien leurs maîtresses.
Paul 1'% empereur de Russie, dans son voyage à Paris, vint au Café de la Régence, sous le nom de comte du Nord. C’était à l’heure des grandes batailles de l’échiquier, c’est-à-dire vers quatre heures; Paul s’approcha d’une partie bien engagée, et paria sur un coup difficile. Son enjeu était d’un louis, il gagna, prit l’argent et partit. Rien jusque-là ne l’avaât fait
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reconnaître, mais il n’était pas dehors que les exclamations du garçon le trahissaient. En passant, il lui avait donné pour boire tout ce qu’il avait gagné. (Cité par Prudhomme dans son Miroir historique de Paris, 1807, in-12, t. Il, p. 225.)
Pblletak. Phrénologie sw le buste ^ Labour donnais, moulé après sa mort par M. Deville. Imprimé dans le Paiatnède, 1. 1, 1842.
Cet article est un résumé de l'examen' critique que fit de ce buste le docteur Elliot, dans son rapport présenté à la Société phrénologique de Londres.
Petis de la Gamx, traducteur d’un manuscrit persan sur les échecs. Le texte et la traduction fi-ançaise, manuscrit in-12 de 13 feuil., papier de Chine, a été vendu, en 1 851 , à la vente Toussaint-Grille, n® 1 526.
Philidor (Fr. André Danican), mort en 1795, célèbre joueur d’échecs, élève de'Kermy. A dix-huit ans, il joua, le dos tourné à l’échiquier, une partie d’échecs avec l’abbé Chenard. En 1747, il défia Stamma et lui' gagna huit parties sur dix, et les deux autres furent remises;
Dans son Analyse du jeu des échecs, < composé en Hollande en 1748, l’auteur se distingue parla marche savante de ses pions; il est le premier qui établit en principe qu’on ne pouvait parvenir à être' bon joueur sans savoir bien jouer les pions, qu’il appelle l’éme des échecs, et que de leur bon ou mauvais arrangement dépend toujours le gain ou'la perte de la partie.
Cet ouvrage, dit la Régence, 1850, est loin d’étre complet. La édition est de Londres, 1749, in-8 de 170 pages; (Vente Potier, en 1860, 10 fr.)
A cette époque, l’auteur avéit vingt-trois tuas, et était
KKANCh;.
regardé comme le plus grand joueur de son temps.
Cette édition ne contient que neuf parties, et la démonstration du mat de la tour, sur lequel les auteurs précédents, entre autres Salvio et Carrera, n’étaient pas d’accord.
Les autres éditions sont de Londres, 1752; Amst. et Leipzig, 1752, 1754; Paris, 1757, 1762; Londres, 1767, 1777, gr. in-8 de 310 pages et portrait de l’auteur par Bartolozzi, une liste de 280 souscripteurs, où l’on remarque les personnages les plus distingués d'alors, entre autres le frère du roi d’Angleterre, l'électeur de Saxe, le prince de Hesse, d’Aguesseau, le maréchal de Saxe, de Belgioso, de Beauveau, de Choiseul, de Duras, Diderot, de Luynes, de Koenig, Mac-Donald, de Marmontcl, de Manchester, de Marlborough, de Voltaire, etc. Cette édition est la plus complète et la meilleure. (Vente du citoyen ***, 23 brumaire an vi (1797), 12 liv. 15 s.; — Vente Legendre, 13 fr.); — 1790, 2 vol. in-8; — Paris et Strasbourg, an xi (1803), in-12, portrait de l’auteur; 1812, tiré à 500 exemplaires, 1820; Philadelphie, Johnston, 1821, in-8 de 76 feuillets et 42 pL, édition estimée des amateurs d’échecs; Paris, 1830, in-18 de xviii-236 pages et portrait de l’auteur; — (1844), Ch. Warée, in-18 de 7 feuilles 2/3 ; — (1844), Delarue, in-12 de 7 feuilles 2/3 ; — 1848, Delarue, in-12, fig.
M. Georges Walker a recueilli 62 parties de Philidor, qui ont été imprimées dans le Palamède, 2* série, t. VII et Vin.
G. Allen a donné une notice biographique sur Philidor.
Pbiliooh (Léon Danican), petit-dls du célèbre joueup
158 FRANCE
d’échecs, collaborateur du journal la Régence, en
Pluchonneac aîné, de l’Isle-Bourbon. Du jeu des échecs dans l’Inde, petites anecdotes, parues dans le Palamède, 1842, p. 202-203.
Lettre datée de Paris, 15 décembre 1843, à M. Saint- Amant, au sujet de l’article sur la passion du jeu, imprimé dans le Palamède, 1843, et une autre lettre sur Palamède, môme journal, môme année, p. 559.
Préti, bon joueur d’échecs contemporain, éditeur et auteur des ouvrages suivants :
Recueil d’études progressives sur les fins de parties. Paris, 1856, in-8.
Traité complet... sur les fins départies... Paris 1858, in-8. Ouvrage illustré de 300 diagrammes.
Choix de parties jouées..., par M. Paul Morphy, recueillies et annotées. Paris, 1859, in-8.
Quercetano (Don Diego Cavalero del). Son Egide de Pal las, Paris, 1727, in-8, comprend un discours préliminaire en 6 pages, où il regarde Palamède comme l’inventeur du jeu de dames, qu’il croit plus ancien que celui des échecs.
Quercetano parle du jeu d’échecs aux p. 1 et 32; il donne la description de l’échiquier, auquel il fait prendre le nom de damier dès qu’il sert au jeu de dames, étant composé du môme nombre de cases, mais dont seulement 32, la moitié, servent aux dames. 11 ajoute qu’aux dames comme aux échecs, c’est la pure habileté qui décide du gain, et que l’on n’y perd jamais que par sa faute ou par son ignorance.
Robespierre. M. Ed. Fournier, dans ses Chroniques et Légendes des rues de Paris. 1 864, p. 260 à 262, raconte
FRANCE
sur ce personnage une anecdote relative aux échecs, mais dont l’authenticité paraît fçrt douteuse :
« U U soir que Robespierre était au Café de la Régence, un petit jeune homme élégant entra dans la salle et vint sans façon s’installer à sa table, il poussa une pièce sur l’échiquier placé devant Robespierre, celui-ci en fit autant, la partie fut engagée et perdue par ce dernier; on en recommença une seconde qu’il perdit également. Voyant cela, Robespierre, piqi é d’honneur, demanda quel était l’enjeu de la partie, le jeune homme répondit : « La tète d’un homme, je l’ai « gagnée, donne-la-moi... » Robespierre tira de sa poche une feuille de papier et donna l’ordre de mettre en liberté le jeune comte de R..., enfermé à-la Conciergerie. Ce petit jeune homme n’était autre que la fiancée du comte. »
Rochefort (César de). Dictionnaire général et curieux, etc. Lyon, 1685, in-fol. (Voir Echecs et Jeu.)
Rousseau (J. J.), mort en 1778, parle dans ses Concessions de son début aux échecs.
« Il y avait un Genevois, nommé Bagneret, lequel avait été employé sous Pierre-le-Grand à la cour de Russie, un des plus vilains hommes et des plus grands fous que j’aie jamais vus; toujours plein de projets aussi fous que lui, qui faisait tomber les millions comme la pluie, et à qui les zéros ne coûtaient rien. Cet homme étant venu à Chambéry pour quelque procès au Sénat, s’empara de maman (M™' de Warens) comme de raison, et pour ses trésors de zéro qu’il lui prodiguait généreusement, lui tirait ses pauvres écuspiôceà pièce. Je ne l’aimais point, il le voyait, avec moi, cela n’est pas difficile : il n’y avait sorte de
160 l'HANCE.
bassesse qu’il n’employat pour me cajoler. Il s’avisa de me proposer d’apprendre les échecs, qu’il jouait un peu. J’essayai, presque malgré moi et après avoir tant bien que mal appris la marche; mon progrès. fut si rapide, qu’avant la fin de la première séance, je lui donnais la tour qu’il m’avait donnée en commençant. 11' ne m’en fallut pas davantage : me voilà forcené des échecs: j’achète un échiquier, j’achète un Calabrois; je m’enferme dans ma chambre j’y passe les jours et les nuits à vouloir apprendre par cœur toutes les parties, à les fourrer dans ma tête bon gré mal gré, à jouer seul sans relâche et sans fin. Après deux ou trois mois de ce beau traveiil et d’efforts inimaginables, je vais au café, maigre, jaune et hébété. Je m’essaye, je i<ejoue avec M. Bagneret : il me bat une fois, deux fois, vingt fois; tant de combinaisons s’étaient brouillées dans ma tète; et mon imagination s’ était si bien amortie, que je ne voyais plus qu’un nuage devant moi. Toutes les fois qu’avec le livre de Philidor ou celui de Stamma, j’ai voulu m’exercer à étudier des parties, la même chose m’est arrivée, et après m’ôtre épuisé de fetigue. je me suis trouvé plus faible qu’auparavant; du reste, que j’aie abandonné les échecs, ou qu’eti jouant je me sois remis en haleine, je n'ai jamais avancé d’un cran depuis cette première séance, et je me suis toujours retrouvé au même point où j'étais en la finissant. Je m’exercerais des milliers de siècles, que je finirais par pouvoir donner la tour à Bagneret et rien de plus. »
La partie d’échecs jouée par lui, à Motiers-Travers, avec l’abbé Roman est parfaitement décrite dans le (^hant IV du poème des échecs, de ce dernier.
FRANCE
Kil
J. J. Rousseau au Café Procope, par Méry. Imprimé dans le Palaméde, 1842.
La H® planche de la Nouvelle Héloïse est une gravure représentant une partie d’échecs. (Alliey, Musée de l’échiqum, Régence, 184o, p. 328.)
Roiiven.\t (Charles). Une Partie d'échecs au temps des guerres de religion, nouv elle (imprimée dans le Palaméde, 1843, p. 173 à 183) roulant sur une partie d’échecs entre Philippe 11 d’Espagne et le duc de Féria, faite en 1308.
Saint-Amant (P. Ch. F. de), fort joueur d’échecs contemporain, rédacteur du Palaméde. 2® série.
11 donna, en 1831, un article biographique sur A. Alexander, imprimé dans la Régence, p. 3 à 13, et en 1839 dans la préface du Choix des parties les plus remarquables jouées par M. Moi'phy, un article biographique sur ce joueur d’échecs.
Sunt-Elm-Le-Dcc. , collaborateur du Palaméde, 2® série.
Souvenirs du Café de la Régence, imprimés dans le journal le Palaméde, 1843, p. 19 <\ 33.
La Régence, 1831, p. 113 à' U 6, publia un article bibliographique de cet auteur sur les Chess Siudies or Endings of game, de Kling et Horwitz.
Saint François DE Sales, évéque de Genève, était amateur du jeu des échecs.
Tinghy (le prince de), lieutenant général et chevalier du Saint-Esprit, est mort, en 1787, comme il jouait aux échecs.
Sasias, collaborateur de la Régence, 1849 ; il entre dans l’ouvrage Cinquante Parties jouées... pour les 4®, H® et 30® parties!
FRANCE
Skvv AL, Antiquités de Paris, 1724 et 1733, nous dit au sujet du jeu des échecs à la cour : « Nos rois l’ont aimé de tout temps ; et présentement on les voit, à portes ouvertes, passer le temps aux échecs, au trictrac et aux dez. »
Saxe (Maréchal Maurice, comte de), mort en 1750, nous a laissé deux problèmes d’échecs, imprimés dans le Palaméde, 1837, p. 140.
Schwartz (M.), donna, en 1842, une Défense de la dame. M. Kiéséritzky en a fait le sujet d’un article inséré dans le Palaméde, même année, f. II, p. 19.
SÉGUIN (G, A.), habile joueur d’échecs contemporaioj donna dans le journal la Régence, 1831, un article intitulé : Grand Festival au Cercle des échecs.
SÉvTGNÉ (Marie de Rabutin, dame de Chantal, marquise de), morte en 1696, parle du jeu des échecs dans une lettre écrite à la comtesse de Grignan. Cette lettre a été reproduite dans le Palaméde, 1842, t. II, p. 232.
Elle disait que le jeu des échecs était le plus beau et le plus raisonnable de tous les jeux. Elle le trouvait d’ailleurs très-difficile, comme elle l’avoue dans ces vers de Corneille qu’elle adressait à Corbinelli, son professeur d’échecs :
Seigneur, tant de prudence entraine trop de soin.
Je ne saurois prévoir un échec d’aussi loin.
Sperun (de), est auteur d’un traité ; Le Jeu des eschets. A Lausanne, s. d., in-12 de 120 pages.
* Tbouret, à l’imitation du comte de Gungelin, ce
joueur d’échecs apprit à jouer à ce jeu aux habitants du village de Bouvignie (départ, du Nord). Une partie jouée par cet écrivain et les ti ois plus forts joueurs
FRANCE. 163
de celle commune a 616 reproduile dans le Palaméde, 183S, p. 127.
Thigault (le Père), jésuile, parle dans ses 6crils d’un magistrat chinois qui perdit, pour trois ans, toutes scs dignit6s pour s’6tre trop adonn6 au jo'u des 6checs. {Diversitez curieuses de B*** [Bordelon].)
Voltaire (Arouet de), mort en 1778, était assez fort aux échecs. Lorsqu’il se livrait à ce jeu, comme à n’importe quel travail, rien ne pouvait le distraire. (Note du poëme de l'abbé Roman, p. 181.)
Voltaire jouait souvent à ce jeu à Ferney a^ec le P. Adam. (Twiss, Chess, 1787, p. 6.)
Wace, dans son Botmin de Bou et des ducs de Normandie, écrit au xii* siècle, nous dit que le jeu des échecs était fort pratiqué à la cour de Robert et par Guillaume le Conquérant; il attribue une grande habileté aux échecs à Richard l'% fils de Guillaume de Longue-Épée (942-946).
GRECS ET LATINS
Anecdotes historiques.
Le jeu des Romains des calcuK, des latruncules, est le même que celui des pesaos chez les Grecs^ et devait exiger chez les joueurs habiles des facultés aussi rares que notre jeu des échecs.
Celui-ci, qui, dès son origine, réclamait une sérieuse attention, a dû nécessairement être perfectionné plus lard; nous voyons, par un passage de Sénèque (ép. H7), que certaines positions demandaient de profondes combinaisons. « L’homme, dit-il, qui court pour sauver sa maison embrasée, ne s’arrête pas à regarder sur l’échiquier comment il sauvera une pièce enfermée. »
Ce noble jeu des calcul! ou latrunculi excitait à un si haut point l’attention et l’amour-propre, que cette excitation pouvait l’emporter sur l’amour même
GRECS ET LATINS. 16 S
de la vie. Nous en voyons un exemple frappant dans Sénèque. (De Tranq. anirrd, lib. XIV.)
Le Panégyrique de Calpurnim Pii^on comprend un passage très-curieux, commençant ainsi : « Te si fortè juvat studiorum pondéré fessum non languere tamen lususque movere per artcm, » où il démontre que les latruncules avaient plusieurs marches, et si l’on suppose qu’ils étaient tous de même forme et de même nature, il faut croire alors qu’ils devaient ces marches variées à certaines positions qu’U était, dès lors, trèsimportant d’occuper ou d’éviter. La division de l’échiquier en dix zones séparées par une ligne sacrée, l’importance que l’on mettait à franchir cette ligne, importance attestée par le proverbe : Movere calculum a Sacra, tout cela peut faire penser que les pièces changeaient de puissance selon la zone qu’elles occupaient, et l’on conçoit que ces mutations continuelles devaient donner lieu ù des combinaisons très-profondes.
Jacques Sirmond, jésuite, mort en 1651 parle de l’origine des échecs et fait venir ce jeu des latruncules.
« Le mot eschets, nous dit-il, vient du mot larrons ou latruncules. Ce dernier étant passé des Latins aux peuples de l’Orient, ceux-ci en ont exprime la signification en leur langue par scach, qui chez eux signifie larcin. On trouverait un sermen!, dans les capitulaires de Charles Chauve, où le mot lanon est joint à celui de scachator. Les Italiens ont fait de ce mot scach, scachi, et nous eschets, en mettant selon notre coutume une e devant les mots qui commencent par une s, comme dans esprit, eshuk, espée, Espagne, etc. »
GRECS ET LATINS
Lenclavius croit aussi que le nom échecs \ient du mot larro7is, et dans scs Pandectes de l'histoire turqucsque, il nous dit : « Le nom des Turcomans n’estoit pas alors moins infâme que l’est aujourd’huy celuy de ces voleurs que nous appelons Uscoques, d’où le mot de nos escliels est venu. »
Du Gange, dans son Glossaire, fait dériver le nom échecs de celui de latrunculorum.
Dans un passage de Boions Prassées, où il parle du jeu des échecs, on lit : « Ce que vous concevez être huit pièces et huit stations, n’en sont pourtant que cinq, de manière que le jeu des échecs, considéré dans scs éléments, ne parait ni plus ni moins que le Pettia. » {Bibliothèque britannique, t. XVIII, Lt«., p. 193- 194.)
« La présence d’esprit que les échecs exigent, en captivant l’attention des Grecs, leur fit oublier les peines d’un siège de dix années. Ces peuples, dont l’esprit était naturellement élevé, trouvèrent ce jeu si noble qu’ils s’y appliquèrent tous. Les dés disparurent, ou du moins il n’y eut plus que la vile populace de l’armée qui y jouât; les personnes de distinction qui, par leur caractère, approchaient le plus près de la divinité, introduisirent les échecs dans les temples, e comme la religion entrait jusque dans leurs plaisirs, ils sacrilièrent aux dieux les méditations sérieuses qu’ils faisaient sur ce jeu. » (Œuvres de Chevrier. Londres, 1774, t. III.)
Louis Diibois, dans ses Recherches, regarde les latruncules comme l’ancien jeu de dames, et fait remarquer ce passage : « Obligat ipse duos. » Ce n’est, dit-il, qu’au jeu de dames qu’un pion peut en prendre
ÜRECS ET LATINS.
plusieurs d’un seul coup. Les Romains jouaient ce jeu avec viiigt-quatre scrupules, nombre qui ne convient qu’aux dames et non aux échecs.
« ... Les Romains aimaient, sur tous les jeux, celui qui leur représentait la guerre; pour ce sujet, ils avaient donné à leurs pièces le nom des soldats, car non-seulement en notre proverbe, mais encore dans le langage de leur république, qui dit soldat dit larron... » (Opinion sur le nom du jeu des eschels, par Sarrazin.) »
CoLCMNA, mort en 1292, dans son Histoire du siège de Troie, fait mention du jeu des échecs.
Poésies.
Desuillons (François-Joseph-Terrasse), jésuite, mort en 1 789 ; il est auteur d’une fable sur le jeu des échecs : Latrunculorum ludus, fabula. Strasbourg et Liège, 1779, 2 tomes in-12, fable xxxu, 13' livre :
« Au jeu des échecs, roi, reine, soldats à pied et à cheval exercent leurs fonctions variées, chacun à son poste et à son tour; mais la partie finie, tous rentrent pêie-méle dans le même cofl'ret.
(I Les destinées humaines sont diverses pendant la vie, la mort les met de niveau. »
In.nocext lit, pape, mort en 1216. On lui attribue une pièce de vers intitulée : Moralitas de scaccario.
Mommei-vn (B.), auteur d’un poème latin : « Ludi latrunculorum brevis descriptio. » Parisiis, 1560, in-4 de 4 feuillets.
M. Frédéric Alliey en a donné une traduction française, imprimée dans le Palaméde, octobre 1847.
GRECS ET LATINS
Il n’eiiste pas d’édition de lo.'JO.
PoLiGNAc (Melchior de), cardinal, archevêque d’Auch, membre de l’Académie française, mort en 1741, auteur de : Anti Lucretius, scu de Deo et Naturà, 1747, in-8 et in-t2. Dans cet ouvrage, plusieurs fois réimprimé et traduit en français, il compare les différentes combinaisons des atomes à celles des pièces du jeu des échecs, dont il fait, en quinze vers, une description très-élégante. (Lib. III, v, 392.)
Raince est auteur d’un poème latin traduit en français par Frédéric Alliey.
Sylwardüs Simon, poète anglais, écrivit en 1453 un poème latin : De Ludo Schaccorum, cité par Th. Hyde, lib. II, p. 183.
Tuccius (Julius Ascanius), est auteur d’une ode latine sur le jeu des échecs : Duellum ludo schaccorum, etc., imprimée dans les Delitiæ poetarum italicorum, collectore Ranutio Ghero (Jano Grutero), 1008, p. 1187 à 1189. Elle se trouve aussi dans l’Amphitheairum Sapientim Socraticœ, 1619, 1. 1, p. 632. Cette pièce de poésie comprend 20 strophes; elle a été traduite en vers italiens par Burchelati (Trévise, 1389, in-4), et de l’italien en français par Alliey.
La traduction française se trouve dans le Palamède, 1847, numéro d’avril.
Vida (Marc-Jérôme), évêque d’Albe, né à Crémone en 1470, mort en 1356, est le premier auteur qui ait décrit une partie d’échecs en vers latins : De Ludo schaccomm, composé vers l’an 1 300. Rarement imprimé seul, on trouve ce poème dans les nombreuses éditions latines des œuvres de cet auteur, publiées en 1327, 1329, 13.34, 1336, i::41, 1347, 1348, 1330, 1354,
GRECS ET LATINS
Ioo9, 1567, 1578, 1581, 1592, 1604, 1605,1606, etc. Des traductions en ont été faites dans toutes les langues européennes. Frédéric Alliey en a donné une bibliographie spéciale dans la Régence, 1850, et dans les Poèmes sur le jeu des échecs, traduits, etc. Paris, 1851, in-8.
On assigne à ce poëme le second rang parmi ceux latins. Le critique Dussault disait dans ses Annales littéraires qu’il aimait autant lire Philidor; mais ce jugement n’est pas reçu des amateurs de poésie, ni même des joueurs d’échecs. Auguste Couvret, dans ses Becherches sur le jeu des échecs, imprimées^en tête du Poème des échecs de l’abbé Roman, le Palaméde, 1836, p. 27 (alors rédigé par Labourdonnais), Warton et autres critiques anglais font un grand éloge de la clarté et de l’élégance qui y régnent.
Vida est le seul qui ait fait un bon poëme latin sur les échecs ; la langue latine, avec ses formes pittoresques et son énergique concision, se prêtait bien à un pareil sujet. Vida n’a point seulement décrit une partie d’échecs, mais il a chanté une bataille; il a expliqué admirablement la marche et la force des pièces. La fiction en est très-belle : l’Océan jouait à ce jeu de tout temps sous l’onde avec les nymphes marines ; il l’apprend aux dieux qui assistèrent à ses noces avec la Terre; dans la suite, Jupiter ayant séduit Scacchide, nymphe d’Italie, lui donna pour prix de ses faveurs un échiquier précieux et des échecs,'dont il lui montra l’usage, et c’est de celte divinité inférieure que les hommes le tiendraient, elle aurait eu la gloire d’y attacher son nom (Scacchi). Le fout est parfaitement narré en 658 vers latins.
Les traducteurs français de ce poëme de Vida sont :
GRECS ET LATINS
I “ Louis des Masures ; 2" Vasquin Philieul ; 3“ M. D. C. ; 4» Masturio (?) ; 3® Levée (J. B.), et 6® Frédéric Alliey.
Liber fratris Jacobi de Cesolis, ordinis Frædicatorum, de moribus hommum et officiis nobilium, super ludo Scocchorum. A la fin de ce manuscrit, in-12 vélin, qui se trouve dans un Recueil de la bibliothèque de Montpellier, sous le numéro tO et H, on lit ces mots : Et ego Arnoldus de Misinte, scripsi die sabbati, 24 martii 4380. Complevi in nocte.
Ce volume est aux armes de Bonnier de la Mosson. Le premier traité (celui des échecs, de Cessoles) est précédé de l’éloge du jeu d’éqhecs en 33 vers latins.
« Incipiunt carmina de ludo Scacchorum. »
Ludum Scacchorum, si quis vult scire décorum.
Hoc carmea discal, si docte ludere gliscat.
{Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements, t. I, p. 262.)
Poema de Shahiludio, tempore Saxorum Anglia, carmina politiœ elaboratum, imprimé dans Th. Il j de; dans Clodius, p. 131 ; dans le Palamêde, 1837, p. 439-440.
Bibliographies spéciales.
Hyde (D' Thomas), d’Oxford, mort en 1703, secrétaire-interprète' pour les langues orientales sous les règnes de Charles II, Jacques II et Guillaume III. Il publia en latin un ouvrage sur les échecs paru sous les divers titres suivants :
Historia nerdiludii, hoc est dicere latrunculorum, cim quibusdam aliis Arabum, Persarvm, etc. Oxonii, c théâtre Sheldoniano, IC94, deux parties in-8, fig.
De Ludis oriental ibus libri dm, quorum prior historiam
GRECS ET LATINS. 171
shahüudii, etc. Même ville, même année, deux parties in-8.
Mandrayorias, seu historia shahiludii, i. e. ^usdeni origo, antiquitas, accédant de eodem Rabbi Abraham Abbeni-Esra, etc. Même ville, même date.
Ouvrage curieux ; l’auteur y parle des échecs chinois, indiens, arabes et persans. Le premier livre tout entier est consacré au jeu des échecs, à l’origine de ce jeu et à ses diverses modifications; il comprend aussi le texte et la traduction du poème de Abraham Ben-Esra et les deux petits traités de Jahia. Le deuxième livre parle des autres jeux de l’Orient et cite plusieurs écrits orientaux sur les échecs.
ilemoriœ bistorico-criticæ, librorum rariorum, auctorc Aug. Beyer. Dresdæ et Lipsiæ, 1734, in-8, et 1743, in-8.
On trouve dans ce volume une bibliographie latine sur les ouvrages écrits sur les jeux, où sont mentionnés surtout ceux qui traitent des échecs.
Bibliotheca manuscriptorum, autore Bern. de Montfaucon. Dans cet ouvrage, l’auteur cite plusieurs manuscrits écrits sur le jeu d’échecs.
Bibliotheca lusoria, sive noticia scriptorum ludis, auctore H. J. Clodio. Lipsiæ, 1761, in-8 de 166 pages, titre gravé.
# “ Célébrités.
Cands (Julius), accusé injustement d’avoir conspiré contre Caligula, était condamné à périr (vers l’an 37 avant J. G.). L’heure du supplice arriva, il jouait alors aux ca'culi (échecs). Le centurion vient le chercher.
GRECS ET LATINS
Forcé de le suivre, Canus quille le jeu ; mais, à ce moment suprême, il ne songe pas à cette mort qui l’attend et qui devait être quelque chose de plus que la mort, car elle était ordonné par ce Caligula qui disait à ses bourreaux : « Frappez-les do manière qu’ils se sentent mourir. » Toute la sollicitude de Canus est pour cette partie qu’il ne peut achever. Il compte les pièces; il fait remarquer à son adversaire que lui, Canus, en a une de plus, qu’il a la position, que la partie pst gagnée. Il invoque le témoignage du centurion : « ...Ne va pas profl ter de ma mort pour nier ta défaite, » ditil à son joueur. Son avantage bien reconnu et bien constaté, il marche tranquillement au supplice. (Sénèque, De Tranq. animi, lib. XIV. — Doazan, art. sur les jeux, imprimé dans le Dahmède, 1843, p. 494.)
Claude. On lit dans Suétone, Claud., cap. xxm, que cet empereur romain aimait tellement le jeu, qu’il écrivit un traité sur l’art de jouer.
CoMNÈNE (la princesse Anne). Dans la vie de son père Alexis Comnène, empereur de Constantinople, elle atteste que le jeu des échecs, qu’elle nomme zatricioTi, a passé des Persans aux Grecs.
Eubipide, mort en 487 avant J.-C, dans sa tragédie à’Iphigénie en Aulide, rapporte qu’Ajax et Protésilaüs jouaient aux échecs en présence de Mérion, d'ülisse et d’autres Grecs célèbres.
Lucii.ius, poète et chevalier romain, grand-oncle de Pompée, mort à Naples vers l’an 103 avant J.-C., trouve dans le jeu des échecs l’image d’un combat naval ; il prend l’échiquier pour un canal, et ses pièces pour des navires. (Sarazin, Dissertation sur le jeu des eschets.)
GRECS ET LATINS
Nicépuore I«', empereur de Constantinople, l’an 802, serait le premier qui aurait mentionné le jeu des échecs modernes en Occident, dans une lettre adressée au calife Haaroun Al-Raschid, commençant ainsi : «... L’impératrice, à laquelle j’ai succédé, t’a considéré comme un roc et s’est regardée comme un pion : elle s’est soumise en conséquence à te payer un tribut, tandis qu’elle aurait dû en exiger un de toi deux fois plus considérable. » Cette lettre se trouve dans les Annales musulmanes.
Ovide (De arte amat., lib. II, v, 204, et lib, III, v. 363), conseille, comme moyen de plaire à la femme que l’on aime, de lui laisser l’avantage au jeu.
« ...Aux échecs, arrangez-vous pour que vos guerriers de verre succombent sous les siens. »
Après avoir indiqué aux femmes mille moyens de séduction, Ovide leur recommande la connaissance de plusieurs jeux, entre autres celui des échecs. « Je veux, dit-il, qu’une jeune femme ne soit pas tout à fait ignorante aux échecs; qu’elle prévoie qu’une pièce ne peut résister à l’attaque de deux ennemis, que celle qui n’est pas soutenue est exposée à être prise et doit souvent revenir sur scs pas. »
Philippe de Macédoine. Athénée, lib. IV, cap. xvii, et lib. X, cap. x, parle de ce roi jouant aux échecs.
ScÆvoLA, savant jurisconsulte et vénérable pontife, mort l’an 4;i avant J. C.
Quintilien, lib. XI, cap. ii, raconte que Scævola perd une partie d’échecs. Il part ensuite pour la campagne, et, chemin faisant, il repasse dans sa tête la suite des coups de la partie entière; il reconnaît à quel moment il a fait la faute qui a causé sa perte. Il
GRECS ET LATINS
revieot sur ses pas, va trouver son adversaire, et celui-ci convient de la parfaite exactitude des souvenirs de Scævola et de la justesse de ses observations.
Cicéron, De Orat., lib. I, cap. l, dit de Scævola : « Un homme excelle dans un art; il vient par la suite à en apprendre un autre; si l’on voulait en conclure que le dernier fait partie de celui qu’il savait déjà, autant vaudrait dire que les échecs font partie du droit civil, parce que Scævola était habile à ce jeu. »
VopiscDs (Flavius), vivant au iv' siècle de notre ère. Dans son article sur Procule, parle d’Onésime (auteur dont les ouvrages ne nous sont pas parvenus). Cet historien, dit-il, rapporte que ce fut d’abord en plaisantant que Procule fut proclamé Auguste : « Comme, à la suite d'un festin, Proculus s'était mis à jouer aux échecs (latruncules), il en sortit dix fois emitereur. (C’était probablement par le nom d’empereur que les Romains désignaient les vainqueurs aux échecs.) Alors un des plus nobles convives lui dit en badinant : Je te salue, Auguste. Puis, ayant fait apporter un manteau de pourpre, il lui en couvrit les épaules et fléchit le genou devant lui. » (A. Thierry, dans son Histoire des Gaules, rapporte le môme fait.)
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HÉBREUX
Anecdotes historiques.
Le Talmud (tract. Kethouboth 5) parle des échecs^ ainsi que son commentateur Raschi. (Note des Délices royales, Paris, 1864, p. SO.)
Alexander donne à penser que le jeu des échecs ou un jeu analogue devait se jouer dans la Judée, par le passage suivant, extrait du premier Livre des rois, chap. n, verset 14. Abner dit à Joab : « Que les jeunes hommes se lèvent et jouent devant 7ious... » Plus loin « ils s'assirent les uns de ce coté-ci de la mare (la mare est le ruisseau que l’on voit encore aujourd’hui au milieu de l’échiquier chinois et de divers jeux de guerre), les autres de ce côté-là... » Ce fut à Joab de jouer le premier; le jeu joué de même force de chaque côté, il y a de part et d’autre douze pièces de perdues. Le verset dit ; (( ils tombèrent, et non : ils moururent. » Cela
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voudrait diie que les pièces furent enlevées et non détruites.
... Abner fut battu (Abnor succombait).
M Je ne pense pas, dit l’auteur, qu’on m’accusera de légèreté à l’égard des paroles de l’Ecriture sainte, tous les' traducteurs rendent ils jouaient par qu'ils jouent; ils ont seulement omis le soin de nous dire de quel jeu il est question. »
Poésies.
Ezza, Ezra ou Esrat (Rabbi-Abraham-Aben), mort en 1174, écrivit sur le jeu des échecs un poème hébreu intitulé : Les Délices des rois. Le texte, avec une traduction espagnole, a été publié dans la Bibliotheca espanola, deJos. Rodr. de Castro. Madrid, 1781, in-fol., t. 1.
Une traduction latine eCharusim al sechokshach Math. Carmina rhytmica de ludo Shah-mat. Hebraïcè et lat. (75 vers), dans Tb. Hyde, Mandragorias. Oxonii, 1694. In-8, lib. I, part, ii, p. 2-9.
Les Deliciae Regis, seu de Shahiludio, hist. pros. arionymi, hebr, et lat., dans le Mandragorias, 1694, 1” partie, p. 18-71. Le Palaméde, 1836, a reproduit la trad. lat. de Th. Hyde.
Une traduction allemande, publiée sous le litre Neuerœffnete Kunststvcke des Schachspiels, etc. Franckfurth und Leipzig, 1743, pet in-8 de 104 pages; 2* édition en 1743. (Clodius, Biblioth. lus.)
Une traduction française vient d’ètre donnée par M. Leon Holloenderski. Paris, impr. Jouaust, 1864, in-12 de 104 pages.
HÉBREUX
Jahia ou Jachia (Rabbin-Ben), auteur de deux petits traités hébreux sur los échecs. Une traduction latine a été faite par Th. Hyde, et imprimée dans le t"' livre, 2* partie, p. 10-17, de Mandragorias, sous le titre : Melizah zachàch al zechoh haschak. Oratifi elegans de ludo scaque quam composuit gloria oratum Bonsenior Abben-Jachia, Hebraicè et latinè.