‹ Bibliographie clérico-galanteChapitre 120 sur 152 · VENETTE — VEUILLOT · texte numérisé non relu

VENETTE — VEUILLOT

VENETTE (Jean Fillions de), carme, né à Com-

piègne, composa, vers l'an 1340, un poème de 40, 000 vers sur les trois Maries. |

* — La VIE des trois Maries : de leur mère, de leurs enfans et de leurs maris, s. 1. 1473, in-4 goth. (Biographie Peignot, t. IV, p. 272). — Composée en rithme françoyse par J. Venette et translat. de rithme en prose par J. Droyen. 1534, in-4 (Barbier, anonymes). — À Paris, par Nicolas Bonfons demourant en la rue Neuve Nostre Dame à lenseigne sainct Nicolas, s. d. (vers 1560), petit in-4 goth. (Yemenitz, 260 fr.). — Troyes, Girardon, 1602, in-12, fig. — Troyes, Garnier, s. d., petit in-8.

C’est la production la plus singulière de ce siècle d'ignorance et de mauvais goût; la religion y est si ridiculemet affublée de tout le bagage païen, que c’est à peine si on peut la découvrir sous tous ces oripeaux indécents.

VEUILLOT (L.), rédacteur de l'Univers. Bien qu'il ne soit ni abbé, ni peut-être marguillier de sa paroisse, j'ai pensé que le pardon catholique d’une action malpropre m'imposait le devoir de lui prouver, en l’admettant dans cet ouvrage, que le bibliographe sait oublier le mal fait au bouquiniste. |

— 1: HONNBRE FEMME. Paris, 1844, 2 vol. in-12. — Paris, 1858, in-12.

Si le chanoine d'Orléans, suspendant le maniement des catalogues, se donnait le loisir de lire cet ouvrage, il verrait qu’une annotation-enseigne a souvent sa raison d'être. L’étiquette, ici trop honnête, trompe sur la marchandise, car, dans plus d’un passage, assez frustre, sur les entraînements de la femme, l'écrivain laisse faire l’homme d’avant le coup de grâce. Il a beau s se tenir, se discipliner. il retourne. à plus d'un péché de jeunesse,

En "à

— Le CHaPeceT de Virginité, précédé d’une introduction de M. Louis Veuillot et suivi d'un glossaire par M. Fréd. Godefroy. Paris, chez René Muffat, 3, quai Malaquais, 1862, in-16, introd. 4 à 14, texte 15 à 57, glossaire 59 à 64 pp. (cat. M. N***, Labitte, 1879, n° 19).

Nous sommes heureux, comme bibliographe, de prendre L. V.en plein travail d'étude bibliographique sur : «ce livrel qui appartient pleinement à un genre de littérature dévote qui était fort cullivée au moyen âge et en deçà », cela prouve qu'il apprécie si bien les saveurs de cette littérature, qu’il voudrait réserver au cléricalisme seul le droit de la faire et de Ja donner en dégustation. Ne pouvant tout citer, un passage donnera le goût du genre :

« Filles de Jherusalem, garnissés moy de fleurettes, environnés moy de pommettes, car je languis d'amourettes... Le dernier trou de la cage est l’attouchement, * lequel sur toutes choses il te convient songneusement garder, en évitant tous

1e VILLARS — VILLIERS.

attouchements charnelz sur toy et sur autry, par espécial ès lieulx honteulx; car de tels attouchements peuvent venir moult de inconvéniens. Et comme nous véons que l’oyseau privé, qui est souvent touché, n’a pas ses plumettes si joinctes ensemble comme le sauvage, qui ne se seuffre toucher; tout ainsi est-il de virginité ” car le plus sauvage est le plus plaisant à Dieu, pour ce qu’il est plus gent et a les plumettes plus jointes et plus belles, c'est adire les pensées. Et combien que le liz par attouchemens ne soit pas tantost rompu, néantmoins il en pert de sa belle blancheur. Et ainsi est il de virginité : car combien que par attouchemens elle ne soit pas rompue, toutefois elle en est moins plaisante à Dieu; et pourroient estre telz les attouchemens, que corruption se ensuivroit.. C’est la première vertu que Dieu donne à homme, ne il n’aporte autre vertu du ventre de sa mère... pour ce qu’il y a plus de larrons qui la quièrent à embler que les aultres, pour sa noblesse et dignité. Hélas! je cuide que pour le présent on ne treuve gaires de telz oyseaux ; donc c'est pitié. Je prie à Nostre Seigneur qu’il veulle enflamber les cueurs de tous loyaux amans à ceste fleurette acquérir. >» P. 24 et 28.

L’échantillon suffit. Il prouvera au chanoïne V. P.et au journaliste L. V., que s'ils donnaient à la lecture des écrits érotico-mystiques et des ouvrages galants produits par des membres du clergé, le temps qu'ils consacrent au maniement des catalogues, à la visite du bonnet turc de Sauvageot et à la confection d’un article diffamatoire contre un bouquiniste, ils seraient peut-être plus indulgents pour les annotations-réclames d’une officine parisienne.

— LE Droit du seigneur au moyen âge, par L. Veuillot. Paris, Vivès, 1854, in-12 (cat. L’'Escalopier, n° 1984).

Cet ouvrage de polémique coutumière, en réponse à quelques allusions de Dupin ainé, sur certains droits du seigneur, offre des pages assez vives pour mériter une note galante à ce joûteur ardent, qui saute souvent au delà de son adversaire.

VILLARS (l'abbé de Montfaucon de) fut tué en 1674, à l’âge de trente-cinq ans, d’un coup de pistolet, par un de ses parents.

—- L'Amour sans faiblesse, Anne de Bretagne et Almanzaris, S. n. Paris, Barbin, 1671, 1672, 1679, 3 vol. in-12.

Roman peu commun : Geomyler a été réimprimé, mais les Amours héroïques d'Anne de Bretagne n'ont jamais paru séparément.

— LE Comte de Gabalis, ou Entretiens sur les sciences secrètes, s. n. Paris, Barbin, 1670, in-12., — Paris, 1742, 2 vol. in-12.

La publication de cet ouvrage sur l’alchimie, la ee etc., valut à l’abbé l’interdiction de la chaire.

— GEOMYLER, s. n. Paris, V° Coustelier, 1729, 2 tom. in-12 (duc de Chaulnes, 3 1. 14 s.; Mise de Pompadour, 4 1. 10 s.; Bull. du Bouq., 1859, 2 fr. 50). — Amsterd., aux dépens de la Comp., 1729, 2 vol. in-12 (Sardou, à Bruxelles, 1879, 4 fr.).

VILLIERS (l'abbé de), né à Cognac en 1648, religieux de l’ordre de Cluny non réformé, prieur de St-Taurin, mourut à Paris en 1728.

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