GAZET
moine dans l’abbaye de Saint-Médard, en devint le prieur en 1233 et y mourut en 1237.
— Les MiracLes de la sainte Vierge, traduits et mis en vers par Gautier de Coincy, publ. par l'abbé Poquet, avec introduction, notes explicatives et un glossaire. Paris, Parmantier, 1857, in-4, 860 pp., 14 miniatures, tiré à 167 exempl. numérotés (cat. L'Escalopier, n° 142 ; Aubry, Bull. du Bouq., 1875, 45 fr.).
La foi naïve, la dévotion ice du bon prieur pour sa dame Vierge Marie, dévotion poussée jusqu à l’idolâtrie, jusqu’à la profanation, peuvent expliquer et au besoin excuser les rêveries indécentes mêlées à son pieux amour. Mais je ne puis comprendre qu’un abbé Poquet, en 1857, ait reproduit des contes aussi lascifs : La Vierge se déguise en nonne et prend, pendant plusieurs années, la place de la sacristine qui s'était enfuie avéc un séducteur ; une autre fois, elle se fait sage-femme, accouche une abbesse qui était enceinte, et fait porter par des anges le nouveau-né dans la cellule d’un ermite ; ailleurs, elle s'oppose à la consommation du mariage d’un jeune homme qui, en jouant, avait mis une bague au doigt d’une statue qui la représentait. etc.
Ce quin explique pas les commentaires du moderne abbé-éditeur de ces inconvenances, c'est qu’il n’a pas du i ignorer que l’auteur les écrivait pour les religieuses de Notre-Dame de Soissons. Voir aussi: Lenfant qui mist lannel ou doit lymage ; dune Nonnain qui vaut pechier que Nostredame delivra ; de la Chastée as nonnains; dou Prestre qui avait II femmes.
GAZET (R. P. Angelin), né à Arras en 1568, fut recteur des collèges jésuites d'Arras, de Valenciennes et de Cambrai, mort en 1633.
— Pra hilaria.. Pont-à-Mousson, 1625, in A2, — Anvers, 1629, in-12. — Lille, 1638, in-8.
Traduction française :
— Les Prguses récréations du P. Angelin Gazée, œuvre remplie de sainctes joyeusetés et divertissemens pour les âmes dévotes, mis en françois par le sieur Remy. Paris, 1628, in-12 (Bull. bibl., 1843, 18 fr.).
L’excellent jésuite, scandalisé du plaisir que l’on avait à lire des contes licencieux et des facéties peu chrétiennes, à réuni une centaine de contes assez bouffons, où les saints sont toujours vainqueurs, et les diables, de vrais niais de comédie, constamment vaincus et joués. Un jeune diable, sans expérience le pauvre diable, parie cent coups de bâton, avec un vieux diable plus madré, de donner des distractions à saint Dominique. Il se déguise en singe, se glisse dans sa cellule, tourne, gambade, grimace, fait si bien, que le saint importuné lui ordonne de tenir sa chandelle. Le voilà donc chandelier, mais la chandelle brüle, coule, arrive aux doigts, roussit la peau; le diable serre, patiente, mais n’en pouvant plus, demande grâce au saint, et court confus et brülé, recevoir en enfer ses cent coups de bâton. « Ce qui lui apprit, dit le malin jésuite, à ne plus se frotter aux pères de notre Sainte Église. » Ce sont de vrais contes de elles femmes, burlesques et bouffons.
GAZET (F.-Nicolas), né à Arras, religieux de l’Observance de Saint-François et professeur de théologie.