‹ Bibliographie contemporaine (volume 2)Chapitre 11 sur 172 · DU CAMP · texte numérisé non relu

DU CAMP

DU CAMP (Maxime), académicien, né à Paris, le 8 février 1822. Poète peu connu, romancier oublié, historien contesté, il doit pourtant son titre de membre de l'Institut, à ces trois genres littéraires. D'autres de ses confrères, ont encore, dit-on, moins de mérite; c'est l'excuse de son élection, comme elle en vaut une autre, laissons-la passer avec la même indifférence. Le malin Monselet qui avait autant de droits, sinon plus, aux complaisances de TAcadémie, disait en tête de son exempl. des Chants modernes, en 1871 : « Lorsque M. Du Camp sera de l'Académie, moi seul me souviendrai de la verte préface des Chants modernes et de la volée qu'elle distribue aux immortels. 11 faut voir surtout comme P. Mérimée est drapé !... » Dans ses Souvenirs d'un vieux critique, de Pontmartin, p. 13, précise ainsi son jugement sur M. Du Camp : « Ce qui manque à ces Souvenirs^ c'est le charme, le don de grâce légère et naturelle, une fleur de gaieté, de fantaisie et de bonne humeur. On devine, en les lisant, un écrivain distingué, un peu prétentieux peut-être, un peu pincé qui, ayant passionnément aimé la littérature, lui demandant une forte dose de satisfaction et d'orgueil, aigri d'abord, ou du moins acidulé par l'insuccès de ses vers et de ses romans, amené à se rabattre sur des genres très sérieux, très estimables, mais d'une séduction moindre, a gardé de ces premiers mécomptes si brillamment réparés par le public d'élite et par l'Académie, une secrète amertume contre des célébrités plus éclatantes, et une tendance à se renfermer dans une petite Eglise littéraire et à y partager l'encens avec un groupe de fidèles et d'amis. Le retour perpétuel des noms de Louis de Cormenin, de Louis Bouilhet et surtout du sempiternel Flaubert, rappelle l'innocente manie de certains personnages de Walter Scott, lesquels, à propos de tout, trouvent moyen de ramener dans la conversation, l'idée, le mot ou le souvenir qu'ils affectionnent. Ecrirai-je à ce sujet le mot scie'^ Assurément non ! Dada tout au plus ; et ce Dada ne pouvait que m'être très agréable en me transportant au milieu de souvenirs dont la plupart sont aussi les miens, de personnages que j'ai connus et que je retrouve avec un plaisir mélancolique, alors même que je voudrais un peu moins d'admiration pour les uns, un peu plus de bienveillance pour les autres. » Un critique moins connu, le Dernier d'entre eux, signet-il modestement, a écrit, à propos des Mémoires d'un suicidé, dans les 365, 1858, p. 190 : « Il y a vraiment de belles pages dans ce livre désordonné, et qui donne la mesure de ce que pourra M. Du Camp, dès qu'il aura débarrassé son cerveau d'une foule d'idées mystico-philosophiques, qui fermentent en lui et empêchent le libre essor de sa raison. L'auteur doit être jeune.

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