‹ Bibliographie contemporaine (volume 3)Chapitre 105 sur 135 · GUTTINGUER · texte numérisé non relu

GUTTINGUER

GUTTINGUER (Ulric), né à Rouen, en 1785, mort le 21 septembre 1866. Ce poète ne fut pas sans talent, ses poésies, faciles et élégantes, se font remarquer par une délicatesse de pensées et une certaine rêverie indolente qui expliquent ces vers d'Alf. de Musset, dans les Contes d'Espagne et d'Italie :

Ulric, nul œil des mers n'a mesuré l'abîme, Ni les hérons plongeurs, ni les vieux matelots. Le soleil vient briser ses rayons sur leur cime, Comme nn soldat vaincu brise ses javelots.

Ainsi nul oeil, Ulric, n'a pénétré les ondes

De tes douleurs sans borne, ange du ciel tombé,

Tu portes dans ta tète et dans ton cœur deux mondes,

Quand le soir près de moi tu viens triste et courbé.

Mais laisse-moi du moins regarder dans ton ame, Comme un enfant craintif se penche sur les eaux ; Toi, si plein, front pâli sous des baisers de femme, Moi, si jeune, enviant ta blessure et tes maux.

Victor Hugo lui a dédié une ode, et Sainte-Beuve, après avoir chanté à lui et pour lui, lui a consacré un article important, au sujet de son roman auto-biographique: Arthur; Asselineau, l'Homère en prose, de l'Iliade romantique, l'a dans un long article, considéré, comme le Moïse du romantisme, l'un des promoteurs de la poésie du xixe siècle à son éveil. C'est, dans cette poésie hésitante qui abandonne ses langes pour essayer ses premiers pas, qu'il admire le vrai Guttinger, l'Ulric héroïque, le précurseur, le pionnier.

— Amour et opinion, histoire contemporaine. Paris, Udron, 1827, 3 vol. in-12, 9 fr.

Edit. orig.

— 2e édit. Paris, 1828, 3 vol. in-12.

Elégie de fin d'empire, écrite par un ex-garde d'honneur, dit Sainte-Beuve, où les personnages sont de beaux colonels et des généraux de 29 ans, de jeunes et belles comtesses de 25 ; on la scène se | asse dans les châteaux et le long des parcs bordes d'arbres de Judée et de Sainte-Lucie. Peinture de la société sous l'empire, en un mol.

— Arthur, s. n. d'auteur. Paris, Eug. Renduel, 1837, in-8 (Asselineau, 1875, dem. m. 26 fr. ; Détaille, 1881, br. 8 fr.)

Ce roman, paru sans nom d'auteur, comme le précédent, est l'histoire de 1 âme d'un poète qui eu donnant ses impressions nous fait la peinture des sentiments et des mœurs de la restauration. Arthur, écrit Sainte-Beuve, est le seul et vrai roman d'Ulric Guttinger, et dispense de lire l'autre.

— Bal (le), poème moderne, suivi de poésies. Paris, Ladvocat, 1824, in-18. (Morgand, 1882, br. 20 fr.)

Petit drame dans le goût du Corsaire et de Child-IIarold.

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