GRANDVAL. — GRANDVILLE
GRANDVAL (Nicolas Ragot) dit Grandval père, né à Paris, en 1676, mort le 16 novembre 1753. Auteur dramatique, son répertoire serait peu recherché, s'il ne l'avait salé de gauloiseries assez vives.
— Agathe, ou la Chaste princesse, tragédie pour rire, en trois actes et un prologue en vers. Paris, 1756 (Bruxelles), in-18 papier vergé, 3 fr.
Réimpression de l'édit. de Paris.
GRANDVAL (François-Charles Ragot) dit Grandval fils, né à Paris, le 23 octobre 1710, mort à Montmartre le 23 septembre 1784. Acteur d'un grand talent, surtout dans les rôles comiques, il charmait ses loisirs par des vers, inspirés par une muse libre, pour ne pas dire, licencieuse... Ses crudités se rachètent par des plaisanteries piquantes, de l'esprit et beaucoup de gaîté.
— Deux (les) biscuits, ou Gaspariboul, tragédie en un acte. Astracan et Paris, 1752 (Bruxelles), in-18 pap. vergé, 3 fr.
Réimpression à petit nombre d'une pièce fort libre.
GRANDVELLE ou GRANVELLE (Antoine Perrenot de) cardinal et ministre de Charles-Quint et de Philippe II, né à Ornans, le 20 août 1517, mort à Madrid, le 2 septembre 1586. Cet homme d'état fut un des plus habiles politiques du xvie siècle, ses lettres et mémoires, recueillis par l'abbé Boisot, et dans le fonds de la bibliothèque de Besançon, forment 35 vol. in-folio. Dom Berthod en a donné une analyse en 2 vol. in-4. Les ouvrages suivants sont extraits de ces Mémoires qu'il appelait son Trésor de Grandvelle.
— Correspondance, 1565-1586, publiée par Edm. Poullet. Bruxelles, Muquarôt, 1877-85, 5 vol. in-4, portr. 50 fr. (Picard, 1883, les 3 premiers vol. br. 40 fr.)
— Papiers d'état d'après les manuscrits de la bibliothèque de Besançon publiés sous la direction de Ch. Weiss. Paris, imprimerie roy. 1840 et suiv. 10 vol. gr. in-4, 120 fr. (Bulletin du bibliophile, 1854, pap. vél. br. 250 fr. ; Picard, 1879, dem. rel. 40 fr.)
Cet ouvrage important fait partie de la Collection des documents sur l'histoire do France.
— Inventaire, etc. Voir à Gachard.
GRANDVILLE (Ignace-Isidore), pseudonyme de Jean-Ignace- Isidore Gérard, né à Nancy, le 3 septembre 1803, mort le 17 mars 1847, à Saint-Mandé, où il est enterré, près de sa femme et de ses trois enfants. Lui-même avait dessiné son tombeau et écrit son épitaphe : Ci-gît J. J. Grandville, il anima tout, et, après
Dieu, fit tout vivre, parler ou marcher; seul, il ne sut pas l'aire son chemin.
Crandvillc est le La Fontaine du crayon ; comme lui, il a fait parler les bêtes, en leur prêtant, dans des fantaisies spirituelles, caustiques et mordantes, nos ridicules, nos défauts et jusqu'à nos vices. Mais il y a cette différence que, dans La Fontaine, les bêtes, bonnes et honnêtes créatures, nous donnent un peu malicieusement mais sans méchanceté, de hautes leçons de morale, au lieu que dans Grandville, les animaux, singes trop naturalistes des hommes leur modèle, reproduisent avec une certaine amertume âpre et mordante, leurs travers, leurs prétentions, leurs modes. Dans le premier, la bête est une amie de l'homme, elle le conseille ; dans le second, c'est une ennemie, elle le mord. Au reste, tout est là, le fabuliste peignait, le dessinateur caricature.
Le Rivarol de 1842 dit de Grandville : « dessine en miniature des animaux dont la physionomie est si spirituelle qu'ils feraient rougir les plus grands hommes de ce livre. C'est qu'il a trouvé la plume de La Fontaine dont il a fait un crayon. »
J. J. Grandville, écrit J. Janin dans Critique, portraits et caractères contemporains, p. 236: « est un des plus aimables et un des plus ingénieux crayons qui aient été la grâce, la fête et l'esprit des chefs-d'œuvre d'autrefois, des belles œuvres de ce temps-ci.
« Son premier essai, publié sous le nom d'un certain Mancion, fut un jeu de cartes tout rempli de mille folies, qu'il appelait la sibylle des salons, et dont Paris raffola pendant huit jours ; cela amusa tout le monde et ne frappa personne. Il réussit si peu qu'il était décidé à retourner à Nancy et à ne plus faire, comme son père, que de la miniature, quand Duval Lecamus, un mauvais peintre, mais un homme d'esprit, lui conseilla de faire une charge, un tableau à rire, un sujet plaisant, une lithographie qui amuse... 11 écouta et goûta le conseil, et de là naquirent douze compositions très agréables, représentant les tribulations d'un bon bourgeois qui se repose. L'artiste cherchait sa voie, il brûlait, mais il ne la trouvait pas encore. Aussi a-t-il vécu longtemps, au jour le jour, de toutes sortes û.' amusements, de plaisirs, de jouissances, de passe-temps ; les Amusements de l'enfance, les Plaisirs de la jeunesse, les Jouissances de l'âge mûr, le Passetemps de la vieillesse.
Cette fois pourtant, les plus indifférents se mirent à étudier l'œuvre originale de Grandville ; on la regardait d'un œil attentif, et l'on comprenait confusément que, de cette tête féconde, quelque chose enfin allait sortir ; ce quelque chose était intitulé les Métamorphoses du jour ; et, cette fois, dans ces métamorphoses
imprévues, ce n'était plus la bête qui donnait des leçons à l'homme ; c'était l'homme, au contraire, qui donnait des leçons à la bête. Grandville a prouvé que, dans les circonstances les plus vulgaires de la vie, la vie et les passions de chaque jour, l'homme était tour à tour, un coq, un dindon, un sanglier, un âne bâté. Il avait fait du pavillon Marsan une espèce de ménagerie où les aigrettes, les colliers, les cordons, les manteaux, tout l'agencement d'une cour et d'une basse-cour, étaient devenus autant d'accessoires communs à l'homme et à l'animal. C'était si ressemblant, ce monde emplumé, ce monde armé de griffes, armé de becs, haut sur jambes, haut sur pattes, frôlant les plus riches tapis, comme s'il eût gratté les plus sales fumiers 1 C'était si joli à contempler, ces dames panthères, ces dames mésanges, ces dames jéannes !
Cette fois-ci, Grandville avait trouvé, sans le savoir, une nouvelle comédie, une source plaisante, une gaieté dont peu d'exemples avaient été donnés avant lui; et, de même que La Fontaine mettait la morale en action" sous le nom et sous le visage des hôtes des bois, Grandville, l'observateur et le ricaneur, immolait l'homme à la bête, et le faisait si ressemblant, même sous l'allégorie, que l'allégorie était irrésistible. Alors il devint un événement à son tour ; il prit la parole, et il se fit écouter dans l'opposition que chaque matinée apportait avec elle. Il riait de tous les puissants, il se moquait de tous les partis ; il profitait des libertés de 1830 pour frapper les malheureux qui résistaient à l'épi— gramme, à la satire, au discours politique, au journal en prose, au journal en vers. Dans cette mêlée ardente de tous les partis, Grandville avait son étendard ; il donnait son mot d'ordre ; il était lui-même... il joua à Paris le rôle d'Hogarth à Londres ; il se mêle à toutes les passions de la ville, il prend sa part de toutes les colères ; il est irritable, irrité, sans pitié parfois, mais jamais sans grâce et sans esprit. Et certes, quand le crayon joue un pareil rôle, quand il devient populaire à ce point que son rire devient le rire universel; quand soudain il peut prendre un homme, et, le dépouillant de ses ornements d'emprunt, le montrer aux passants dans toute sa laideur et dans toute sa nudité, le crayon devient une arme, une arme redoutable, et l'on ne sait plus où s'arrêtera ce combattant nouveau d'un nouveau genre dans la bataille des partis. Donc, on rencontrerait, en les cherchant bien, dans les œuvres du timide et inoffensif Grandville, de telles charges, que ces charges ressembleraient à un assassinat, si les esprits les plus austères ne faisaient pas la part des entraînements du crayon, plus difficile à retenir encore que la plume elle-même.
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Au besoin, la plume explique, arrange, efface, adoucit du moins ; le crayon n'efface et n'adoucit rien ; il part comme un trait, et tout ce qu'il trouve dans sa route, il le frappe, il le brise. La caricature, publiée par Philippon, en 1830, offre presqu'à chaque numéro des charges sanglantes, cruelles et même séditieuses de Grandville. Ce crayon révolté, grâce à la direction d'une compagne intelligente et douce, que l'artiste avait choisie dans sa parenté, abandonna les fantaisies politiques et revint aux plaisanteries permises et aux ironies légitimes. Cette seconde phase de son talent artistique se signale par une suite de croquis charmants ; les cannes, les parapluies, les cols, les pipes, les chapeaux, les breuvages et enfin par Villustration des Chansons de Béranger. Ces images éphémères ne rendent ni l'esprit, ni le caractère, ni le vol, ni la liberté, ni le génie, en un mot, de ces chants éternels ; c'est une aile de papillon égarée sur l'aile puissante de l'aigle. Il se risqua à une autre illustration qu'il a mieux réussie ; les Fables de La Fontaine. Son crayon fin, léger et narquois sait donner aux personnages du fabuliste cette physionomie bonhomme et malicieuse dont l'immortel moraliste a fait des portraits inimitables, et pourtant, tout en admirant cette imagerie saisissante, on sent que la plume de l'écrivain écrase le crayon de l'artiste. C'est une œuvre ingénieuse, mais ce n'est pas une œuvre magistrale.
Il a également interprété Florian, mais en restant toujours audessous de la pensée de l'auteur. Il s'est aussi attaqué à Don Quichotte, à Robinson Crusoé, aux Caractères de La Bruyère, mais que pouvait cet esquisseur de silhouettes devant les grandes figures de La Bruyère, de Daniel de Foë, de Cervantes ? A peine s'il a pu en saisir quelques traits confus. Mais ce que son crayon impuissant n'a pu faire dans ces œuvres géniales, il l'a tout à fait réussi dans un livre de pure fantaisie ; les Scènes de la vie privée et publique des animaux. Cette critique vive et aimable des travers éternels de l'homme, écrite sur le vif par tout ce qu'il y a d'illustre dans la littérature, se prêta à toutes les finesses ironiques et spirituelles de son interprétation artistique ; c'est un livre unique, le plus personnel, si l'on peut s'exprimer ainsi du xixe siècle. Les Petites misères de la vie humaine lui fournirent une mine inépuisable de dessins, dignes des Métamorphoses du jour, son œuvre peut-être la plus originale. Il tenta de donner une âme à cette chose étrange et filandreuse qu'on nomme Jérôme Paturot, mais il ne parvint qu'à jeter quelques fleurs sur ce mort, dont on parle respectueusement, sans le connaître, par ouï-dire. Des morts cruelles et rapides firent le vide autour de lui, et surtout dans son cœur, il abandonna toute collaboration
et se jeta, dans cette fantaisie, l'Autre Monde, qui est une hallucination perpétuelle, un défi à l'impossible, un vagabondage immense, un vrai délire. Il était mort, son crayon seul protestait et obéissait aux rêveries douloureuses de son cerveau. Une dernière mort, celle d'un enfant aimé, fut la dernière étape de son intelligence ; la douleur fut la plus forte, il devint fou de douleur, fou furieux. On le transporta dans une maison de fous, où il eut le bonheur d'y mourir trois jours après. Il mourut, comme il avait vécu, pauvre.
On fit, après sa mort, une vente de dessins originaux qui produisit 12.000 fr., toute la fortune de sa seconde femme et de son quatrième enfant, encore au berceau. 11 a fait la fortune des autres, ce qui arrive presque toujours pour les auteurs et les artistes, et il n'a pu faire la sienne. Tant de travaux, cette dépense effroyable d'esprit et de talent, d'imagination et d'invention n'ont servi qu'à enrichir les éditeurs et les marchands. Un seul dessin aujourd'hui se vend presque le prix qu'ils se sont vendus tous. Nous connaissons un collectionneur, M. Pierre, qui en possède trente : seize absolument inédits et originaux et les autres offrant des variantes, des retouches les différenciant de ceux parus dans les livres. Le crayon de Grandville aura la durée du burin, il durera, bien qu'il ne soit que sur des feuilles légères de papier, autant que s'il était gravé sur le marbre ou le bronze.
— Album Béranger. Paris, Perrotin, 1836, gr. in-S, 84 fig. sur bois.
C'est le recueil de toutes les figures faites pour les chansons de Béranger, les épreuves, presque toutes du premier tirage, sont plus belles que celles tirées pour les volumes.
— Album de 120 sujets tirés des fables de La Fontaine. Paris, Garnier, s. d. gr. in-8, 120 fig. (Rouquette, 1881, br. 30 fr.)
Ces 120 fig. complètent les 120 de l'édition de 1838 et ne font pas double emploi.
— Aliîum des bètes à l'usage des gens d'esprit, texte d'Aurélien Scholl et de Cli. Joliet. Paris, bureaux du Nain jaune, 1864, gr. in-8 fig. de Grandville et de Kaulbach.
— Autre (un) monde, transformations, visions, incarnations, ascensions. Paris, Fournier, 1843, in-8, fig. 18 fr.
Publié en 36 livr. à 50 cent.
— Aventures de Robinson Crusoé par Daniel de Foi\ Paris, Fournier, 183(J, in-8, fig. de Grandville, 15 l'r. (Brasseur, 1887, dem. m. 05 fr.)
Publié en 60 livr. à 15 cent, voir à Foé.
— Béranger, voir à ce nom, Chansons, etc.
— Caricature, voir à ce nom.
— Cent proverbes. Paris, Fournier, 1845, gr. in-8, 50 11g. 15 tV. (Cape, 186S, br. 15 IV.)
Première édit. publiée en 50 livr. à 15 cent.
— Noov. édit. Paris, Garnier, s. d. in 8, lig. (Rouquette, 1878, dem. m. 25 l'r. ; Brasseur, 1888, cart. 25 fr.)
Edit. dont les épreuves sont fatiguées,
— Charivari (le), voir à ce titre.
— Diable (le) à Paris, voir à ce titre.
— Empire (1') des légumes, voir à ce titre.
— Etoiles (les), dernière féerie, texte par Méry, etc. Paris, de Gonet, 1849, gr. in-8, 15 fig. color. 15 fr. (Rouquette, 1878, dem. ch. 25 fr.)
Publié en 50 livr. à 30 cent., voir à Étoiles.
— Fables de Florian. Paris, Dubochet, 1842, gr. in-8, fig. de Grandville.
Première édit. peu commune.
— Xouv. édit. Paris, Garnier, 1858, gr. in-8, fig.
Voir à Florian.
— Fables de La Fontaine. Paris, Fournier, 1838, 2 vol. in-8, 240 fig. sur bois.
Première édit. publiée en 80 livr. à 25 cent.
— Noov. édit. Paris, Fournier, 1842, 2 vol. in-8, 240 fig. sur hois, 20 fr. (Pillet, 1876, dem. m. 36 fr.)
— Xouv. édit. Paris, Garnier, 1852, gr. in-8, fig. de Grandville.
— Fables de Lavalette, suivies de poésies diverses. Paris, Hetzel et Paulin, 1841, gr. in-8, 23 fig. de Grandville pour les fables et de Girard-Seguin pour les poésies diverses, 10 fr.
— Fleurs (les) animées, texte d'Alphonse Karr et de Taxile Delord. Paris, de Gonet, 1846-47. 2 vol. gr. in-8. fi?, col. 25 fr. (Laporte, 1873, dem. ch. 35 fr. ; Pillet, 1876, cart. 30 fr. ; Porquet, 1884, dem. m. 45 fr. ; Brasseur, 1888, br. 35 fr.)
Première édit. voir à Fleurs.
— Paris, de Gonet, s. d. 2 vol. gr. in-8, fig. (Laporte, 1S72, br. 18 fr.; Amand, 1870, dem. m. 40 fr. ; Bachelin-Deflorenne, 1874, dem. m.
— Bruxelles, 1851, 3 vol. in-12, fig. col. (Sapin, 188S, br. 5 fr.)
Contrefaçon d«s édit. françaises.
— Paris, Martinon, 1859, in-4, grav. sur acier par Geoffroy, 10 fr.
— Garnier, 1867, 2 vol. in-8, fig. col. 25 c. Edit. vendue par livr. ou en relûmes.
— Ingénieux (1') chevalier Don Quichotte de la Manche. Tours, Maine, 1848, 2 vol. in-8, fig. (Laporte, 1872, br. 15 fr.)
Voir à Cervantes.
— Métamorphoses (les) du jour. Paris, Aubert, 1836, in-4 oblong, 72 fig. noires ou color. (Gonquet, 1887, déni. rel. 35 fr. ; Sapin, 1888» cart. 20 Ir.)
Premier tirage fort rare, surtout avec épreuves coloriées.
— Métamorphoses (les) du jour, ou les Hommes à tête de bêtes, texte par Albéric Second, L. Lurine, Taxile Delord, Gh. Monselet, précédées d'une notice sur Grandville, par Gh. Blanc. Paris, Havard, 1854, gr. in-8, fig. color. 18 fr. (Rouquette, 1879, cart. 50 ir. ; Fontaine, 1872, dem. m. 35 fr.)
— Paris, Garnier, 1868, gr. in-8, 18 fr.
— Papillons (les), voir ce titre.
— Petites misères de la vie humaine par Old Nick et Grandville. Paris, Fournier, 1842, in-8, fig. dans le texte et hors texte, 15 fr. (Rouquette, 1878, dem. m. 45 fr.)
Première édit. publiée à 50 livr. à 15 cent.
— Paris, Fournier, 1846, in-8, fig. (Gapé, 1868, br. 17 fr.) Même édit. avec un nouveau titre.
— Paris, Garnier, 1S68, gr. in-8, fig. 18 fr.
— Scènes de la vie publique et privée des animaux. Paris, Hetzel et Paulin, 1842, 2 vol. gr. in-8, fig. de Grandville. (Laporte, 1872, dem. m. 40 fr. ; Fontaine, 1872, dem. m. 50 ir. ; Amand, 1870, dem. m. 41 fr. ; Bachelin-Deflorenne, 1874, dem. m. 45 fr. ; Rouquette, 1878, dem. en. 30 fr. ; Conquet, 1888, dem. m. 170 IV.)
Première édit. peu commune complète et en bon état.
— Triuulations. Paris, s. d. in-4 oblong, 12 lithog. color. de Langlumé. (Gonquet, 1888, br. 50 fr.)
Collection complète peu commune.
— Vie privée et publique des animaux. Paris, Hetzel, 1867, gr. in-8,
GRANOVILLE. — CRAMER. 143
ftg. de Grandville. (Fontaine, 1872, déni. ch. 12 fr. ; Bachehn-De-
florenne, 1874, dem. ch. 10 fr.)
Munie ouvrage que Scènes, etc., mais épreuves inférieures.
— Vovac.es de Gulliver, voir à Swift.
GRANDVILLE (Nicolas), cousin du précédent dit le titre du livre, mais plus probablement un nom supposé.
— Grandville dans les étoiles, la Balance ; To-hu-bo-hu. Paris, Dentu, 1862, in-8, 3 fr. 50.
Ouvrage vendu au rabais sur les quais, bien que l'auteur ait voulu donner une fantaisie littéraire, dans le goût de Micrornégas de Voltaire, assaisonnée de plaisanteries à la Rabelais. Malgré ses efforts à l'esprit, à la grosse gauloiserie, ce livre ennuie et fatigue.
GRANGE, pseudonyme de Pierre-Eugène Basté, vaudevilliste de talent, né à Paris en 1812. Ses pièces, écrites presque toutes en collaboration, sont trop nombreuses pour être citées. Au reste, elles ne soutiennent pas à la lecture le plaisir qu'elles donnent sur la scène. Ceci tient plus à la nature même du genre qu'au talent de l'auteur, on ne demande au vaudeville qu'un peu de gaieté, on n'est difficile ni sur la qualité, ni sur la quantité.
GRANIER de CASSAGNAC (Adolphe de), né à Avéron-Bergelle (Gers) et non à Gassagnac, comme l'avancent presque tous les biographes, le 12 août 1808, mort à son château de Couloumé (Gers), le 31 janvier 1880.
Ce polémiste à outrance, dont la plume batailleuse et exagérée n'a eu pour rivale que celle de son fils, plus acérée et plus provocante encore, a écrit quelques romans oubliés et plusieurs histoires peu lues à cause de leur partialité. Il ne manque ni de talent, ni d"érudition, ni de style, mais il a gâté tout cela, en le mettant au service d'une politique outrée. Serviteur absolu du pouvoir autoritaire, il a servi, avec le même zèle emporté et impondéré, Louis-Philippe et Napoléon III.
Avant de donner la liste assez nombreuse de ses œuvres, les amateurs nous sauront gré de reproduire une pièce de vers, imprimée dans le Recueil des jeux floraux, 1829, avec le titre : Epître à moi-même, signée B. Adolphe Granier du Gers, étudiant en droit :
Depuis, que pleins d'ivresse,
Mes chers parents m'offrirent au bon Dieu,
S'il m'en souvient, du bon patron du lieu,
Par vingt-deux fois j'ai vu chanter la messe,
Même un peu plus. Quand l'astre aux feux perçants,
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Du Ger lion franchissant la retraite,
Aura brûlé ses ongles impuissants,
Mon almanach placera sur ma tète
Cinq lustres pleins, moins un double printemps.
L'Académie des jeux floraux récompensa cette paraphrase prétentieuse et pâteuse, de ces vers célèbres de V. Hugo : Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte, par un souci réservé. C'était une récompense et pourtant cela ressemblait à une ironie.
— antiquités des patois, antériorité de la langue française sur le latin. Paris, Dentu, 1859, in-8, 1 fr.
— Danaé. Paris, Delloye, 1840, in-8, 7 fr. 50.
Romantique qui n'a qu'un intérêt de curiosité littéraire, le style du romancier est tellement différent de celui du publiciste que le nom seul de l'auteur leur sert de lien de parenté.
— Histoire de la chute du roi Louis-Philippe, de la République de 1848 et du rétablissement de l'Empire (1847-55). Paris, Pion, 1857, 2 vol. in-8, 12 fr. (Guizot, 1875, dem. v. 23 fr.)
— Histoire de l'église de la Madeleine. Paris, impr. Urtubie, 1838, in-12, 48 pp. 75 c.
— Histoire des causes de la Révolution française. Paris, Garnier, 1850, 4 vol. in-8, 20 fr.
— Histoire des classes nobles et des classes anoblies. Paris, Delloye, 1840, in-8, 7 fr. 50. (Dufossé, 1883, br. 10 fr. ; Picard, 1879, br. 10 fr.)