‹ Bibliographie contemporaineChapitre 126 sur 143 · BOSSANGE. — BOSSUET · texte numérisé non relu

BOSSANGE. — BOSSUET

BOSSANGE (Hector) bibliographe et libraire, né à Paris en 1795, mort le 24 janvier 1862.

— Bibliothèque (ma) française. Paris, H. Bossange et fils, 1853, in- 12. (Fontaine, 1874, dem. mar. n. rog. 20 fr. ; Morgand et Fatout, 1876, br. 15 fr.)

Rare. Notice sur les auteurs cités et descriptions minutieuses des livres et des collections ; c'est une sorte de Manuel du libraire commissionnaire.

BOSSUET (Jacques Bénigne) évéque de Meaux, né à Dijon le 7 septembre 1627, mort à Paris le 12 avril 1704. Ce père de l'Eglise gallicane a donné à toutes ses œuvres une telle puissance géniale qu'on ne sait qu'admirer le plus, ou de la hauteur et de l'énergie çie sa pensée, ou de la simplicité concise et pittoresque de son style qui, toujours, s'adapte comme un \êtement fait sur mesure, à l'interprétation de la pensée, ou de l'étendue encyclopédique de ses connaissances variées. La calomnie a eu pourtant l'audace de bourdonner autour de ce génie et un prêtre le P. Lachaise acceptant, pour le plaisir de faire un jeu de mots, les aventures romanesques qu'on lui prêtait avec mademoiselle de Mauléon, n'a pas craint de commettre cette plaisanterie : « Bossuet n'est pas Moliniste, mais il est Mauléoniste. » Ce calembourg, R. P., ne vaudra jamais la moindre petite phrase du Discours sur l'histoire universelle ou de tout autre livre de l'immortel évêque.

— Discours prononcé à l'ouverture de l'Assemblée générale de Tours, Marne, 1862, in-4. (Georget-Joubert à Tours, 1873, br. 7 fr. ; pap. de

■holl. br. 20 fr.)

Tiré à 100 es- numér.

— Discours sur l'histoire universelle, précédé d'une notice littéraire par Tissot de l'Académie française. Paris, Curmer, s. d. 2 vol. gr. in-8, 2 frontisp. col. rehaussés or et argent par Chenavard, etc., 12 fig. sur acier par Tony Johannot, Meissonnier, etc. (Baillieu, 1869, br. 50.)

Les premiers tirages possèdent la vierge aui anges de Murillo et les derniers l'ont remplacée par la vierge de Steuben. Magnifique édition fort rare en premier tirage

non piqué.

— MÊME, avec une préface par Poujoulat. Tours, Mame, 1870, gr. in-8, eaux-fortes de Foulquier. (Georget-Joubert, 1873, un des 20 ex. sur chine, br. 200 fr. ; Bachelin-Deflorenne, 1876, peau de vélin, 700 fr. ;

.Labitte, 1880, pap. holl. br. 40 îv.)

Édition de luxe tirée à 10 ex. pap. chamois et à 20 pap. chine, quelques-uns sur hollande et le reste de l'cdit. pap. vélin fort.

296 BossY.

— Œuvres complètes... Versailles, J. Lebel, 181S-1819, 43 vol. in-8, port. ('Bachelin-Deflorenne, 1876, pap. vélin, br. 600 fr. ; Labitte, 1880, dem. rel. 300 fr.)

Edition la plus complète et la plus recherchée ; les exempl. gr. papier vélin sont peu communs. On ajoute ordinairement à l'édit. Histoire de Bossnet, par L.-Fr, de Bausset Versailles, Lebel 1814, 4 vol. in-S, 2 portr. et Histoire de France composée pour mon- Beigneur lo Dauphin, Lebel, 1821, 3 vol. in-8.

— Mêmes. Besançon, Chalandre, 1836, 12 vol. in-8, portr. (Sainte- Beuve, 1870, br. 50 fr.)

Edition compacte.

— Mêmes. Paris, Méquignon, 1845-46, 12 vol. gr. ia-8 à 2 colonnes, portr. (Labitte, 1880, br. 75 fr.;

Edition complète mais plutôt de travail que Je luxe.

— Oraisons (lesj funèbres. Paris, Didot l'aîné, 1802, in-12. (Fontaine, 1879, ex. unique peau de vélin, 350 fr.)

— Mêmes, suivies du Sermon pour la profession de madame de la Vallière ; avec notices par Poujoulat. Tours, Mame, 1869, gr. in-8, portr. et eaux-fortes de Foulquier. ("Georget-Joubert à Tours, 1873, un de? 13 ex. sur chine, br. 300 fr. ; Bacbelin-Deflorenue, 1876, même ex. 500 fr. ; Fontaine, un des 10 ex. chamois, 1879, br. 300 fr.)

Splendide édit, tirée à 13 ex. sur chine, 10 sur chamois et quelques-uns sur hollande.

— Saints ('les) Evangiles, traduction de Bossuet. Paris, Hachette, 1873, 2 vol. in-fol. 128 eaux-fortes de Bida et ornements de Rossigneux.

Edit. tirée à 150 ex. gr. pap. de hollande, épuis.

Nous fermerons cet article de Bossuet par l'appréciation d'un historien qui, rarement esprit indépendant en politique et en religion, prodigue l'éloge, H. Martin, histoire de France, tome XV, p. 86 : « Bossuet forme, à lui seul, un monde à part, dans le grand monde littéraire du xvu' siècle. Les autres sont les fils adoptifs de Rome et de la Grèce, lui a passé par Rome aussi, mais il vient de plus loin ; il transporte l'Orient en Occident par des alliances de mots d'une hardiesse et d'une nouveauté incroyables, par des figures gigantesques, que le goût européen ne lui eut pas suggérées, mais qu'il sait soumettre aux lois da la proportion, en portant la mesure dans l'immensité même. Tel est le fruit de son commerce continuel avec la Bible, seule nourriture assez forte pour son génie. Les autres théologiens étudiaient froidement l'écriture comme la matière de leur science : Bossuet y voit la science vivante, la parole toujours vibrante et enflammée ; il s'en pénètre et s'en revêt tout à la fois ; il fait siens, tout ensemble, l'esprit et la forme, autant que le permet la différence des temps et des langues. i>

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